Au cœur de la capitale tunisienne, une mobilisation populaire a exprimé son rejet de l’escalade militaire au Moyen-Orient et a appelé au respect du droit international.
Il est des moments où le fracas des bombes dépasse les frontières et réveille les consciences. Lorsque la guerre se substitue au droit, lorsque la loi du plus fort prétend remplacer celle des nations, c’est tout l’équilibre fragile du monde qui vacille.
Les frappes militaires menées contre l’Iran ont ravivé cette inquiétude planétaire et suscité de nombreux appels au respect du droit international et à l’arrêt de l’escalade, alors que plusieurs organisations et responsables internationaux dénoncent une violation des règles qui encadrent l’usage de la force entre États.
À Tunis, l’inquiétude s’est transformée en mobilisation
Une marche nationale populaire a parcouru les artères du centre-ville pour exprimer la solidarité d’une partie de la société tunisienne avec l’Iran et la Palestine. Le cortège s’est formé à la place du Passage avant de rejoindre le Théâtre municipal sur l’avenue Habib-Bourguiba, rassemblant des militants politiques, des représentants d’organisations nationales, ainsi que de nombreux citoyens.
Tout au long du parcours, les manifestants ont brandi des drapeaux et scandé des slogans de solidarité avec le peuple iranien et la cause palestinienne. Plusieurs slogans ont dénoncé ce que les participants ont qualifié d’agression américano-israélienne et affirmé leur soutien aux mouvements de résistance dans la région.
Les slogans ont également exprimé un refus catégorique de la normalisation avec Israël et une dénonciation de ce que les manifestants ont décrit comme une politique d’hégémonie militaire dans la région.
La mobilisation s’est tenue à l’appel de la Commission nationale de soutien à la résistance en Tunisie, une structure qui regroupe plusieurs partis politiques, organisations et réseaux militants engagés contre la normalisation avec Israël. Parmi les forces présentes figuraient notamment des composantes du mouvement nationaliste et de la gauche tunisienne, ainsi que des collectifs associatifs et des groupes de jeunes.
À travers cette marche, les organisateurs ont voulu adresser un message politique clair : refuser l’escalade militaire et rappeler, selon eux, que la sécurité et la stabilité de la région ne peuvent être construites par la guerre mais par le respect du droit international et des peuples.
Dans les rangs des manifestants, la solidarité avec la Palestine occupait également une place centrale. Plusieurs banderoles ont rappelé le lien que les participants établissent entre la situation régionale et la cause palestinienne, considérée comme l’un des principaux enjeux politiques du Moyen-Orient.
La mobilisation a également exprimé un soutien au Liban, récemment touché par des attaques dans le contexte de la confrontation régionale.
Au-delà des slogans et des drapeaux, la marche a surtout voulu affirmer une conviction largement partagée parmi les participants : face aux guerres qui redessinent les cartes du monde, les peuples doivent continuer à faire entendre leur voix — celle du refus de la violence, de la défense de la souveraineté et du droit des nations à décider librement de leur destin.
Mona BEN GAMRA
