Par Mondher AFI
Lors d’une réunion du Conseil ministériel restreint, tenue le 17 mars 2026 au palais du gouvernement à la Kasbah, la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a dirigé un examen détaillé et exhaustif du plan de restructuration de la Société des Ciments de Bizerte (SCB). Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’une stratégie nationale cohérente visant à consolider les entreprises publiques en tant que piliers essentiels de la souveraineté et du développement économique.
Le Président Kaïs Saïed a toujours insisté sur la nécessité de préserver les institutions publiques, de les moderniser et de les protéger contre toute forme de privatisation ou de spéculation, en leur assurant une gouvernance efficace et transparente.
La SCB, fondée en 1950 et entrée en production en 1953, représente l’un des symboles majeurs de l’industrialisation tunisienne d’après-indépendance. Son rôle dépasse le cadre strictement économique : elle est un vecteur de développement social et territorial, employant des milliers de personnes et contribuant à l’approvisionnement en matériaux de construction essentiels pour l’ensemble du pays. La réunion ministérielle a permis d’analyser en profondeur la situation financière et organisationnelle de la SCB, tout en évaluant les perspectives d’investissement et les mesures structurelles nécessaires pour garantir sa viabilité à long terme, conformément aux orientations présidentielles.
Selon le Président Kaïs Saïed, les entreprises et institutions publiques ne sauraient être considérées comme de simples acteurs économiques soumis aux fluctuations du marché. Elles constituent, à l’inverse, des instruments stratégiques de souveraineté nationale, des vecteurs essentiels de cohésion sociale et des piliers incontournables de la résilience économique et institutionnelle de l’État. Cette perspective s’inscrit dans une vision profondément holistique, qui articule l’économie, la politique et le social, en considérant les institutions publiques comme des médiateurs entre les besoins collectifs et la capacité de l’État à organiser et réguler les ressources nationales.
Dans cette optique, les entreprises publiques ne sont pas seulement des entités productives, mais également des espaces de régulation sociale et de construction identitaire. Elles incarnent la capacité de l’État à maintenir un tissu industriel robuste, capable de répondre aux exigences du marché interne tout en assurant une présence compétitive sur les marchés internationaux. Elles constituent également un levier de protection des emplois et de stabilisation du capital humain, permettant de prévenir les fractures sociales et économiques qui résultent de l’inégalité d’accès aux opportunités et des déséquilibres territoriaux.
Le Président Saïed a souligné à plusieurs reprises que la privatisation massive et la gestion déficiente historique de certaines entreprises publiques avaient eu des effets délétères profonds sur l’économie nationale. Ces pratiques ont non seulement fragilisé la souveraineté économique du pays, mais elles ont aussi réduit l’autonomie stratégique de l’État dans des secteurs critiques, affaibli la sécurité sociale et créé des tensions structurelles susceptibles de déstabiliser les collectivités locales et les dynamiques territoriales. L’analyse sociologique de ces phénomènes montre que la défaillance des institutions publiques est directement corrélée avec la perte de confiance des citoyens envers l’État et avec une fragilisation du lien social, illustrant combien la dimension économique et la dimension sociopolitique sont indissociablement liées.
L’importance stratégique des entreprises publiques dans la vision de Kaïs Saïed
Dans ce contexte, la Société des Ciments de Bizerte, aux côtés d’autres entreprises emblématiques telles que la Société Tunisienne de l’Acier (le Fer et l’Acier), apparaît comme un levier stratégique fondamental pour inverser cette tendance. La vision présidentielle repose sur l’idée que la restructuration et la modernisation de ces institutions doivent s’inscrire dans une logique intégrale : préserver leur fonction sociale et économique, renforcer leur capacité productive et restaurer leur rôle historique en tant que garantes du développement national. Cette approche ne se limite pas à des considérations financières, mais englobe des dimensions managériales, humaines, territoriales et institutionnelles, garantissant que ces entités contribuent pleinement à la stabilité économique et sociale du pays.
Kaïs Saïed insiste sur le fait que l’État doit jouer un rôle central et régulateur, non pas pour contrôler de manière autoritaire, mais pour fournir un cadre stratégique, normatif et opérationnel qui permette aux entreprises publiques de fonctionner avec autonomie et efficacité. Cela implique un renforcement de la gouvernance interne, la mise en place de mécanismes robustes de contrôle et de reddition de comptes, ainsi qu’une lutte systématique contre la corruption et les pratiques déviantes qui ont affaibli ces institutions par le passé. En parallèle, le développement des capacités internes, que ce soit à travers la formation des cadres, la modernisation des processus décisionnels et l’innovation organisationnelle, constitue une condition sine qua non pour assurer la durabilité et la résilience des entreprises publiques.
Sur le plan sociologique et économique, la perspective de Kaïs Saïed repose sur une conception intégrée du rôle de l’État dans l’économie. Les entreprises publiques, en tant qu’institutions de souveraineté, ne sont pas uniquement des moteurs de production, elles sont également des agents de redistribution, de protection sociale et d’équité territoriale. Leur modernisation permet de créer un équilibre entre efficacité économique et responsabilité sociale, entre compétitivité nationale et justice sociale et entre innovation industrielle et cohésion nationale. Ainsi, le projet présidentiel ne se limite pas à réhabiliter des entreprises individuelles, il vise à restaurer le contrat social implicite entre l’État et les citoyens, en consolidant la confiance dans les institutions publiques et en démontrant que l’économie peut être un vecteur de stabilité, de développement et de souveraineté durable.
En résumé, la vision de Kaïs Saïed considère que la restructuration des entreprises publiques ne constitue pas seulement une opération technique ou financière, mais une démarche stratégique, profondément enracinée dans une réflexion sur le rôle de l’État, la cohésion sociale et la souveraineté nationale. Elle articule les dimensions économiques, institutionnelles et sociologiques de manière cohérente, en plaçant la SCB et d’autres entreprises publiques emblématiques au cœur d’une stratégie de redressement national, visant à produire de la valeur économique, renforcer l’emploi, protéger le capital humain et assurer l’autonomie stratégique du pays. Cette approche se distingue par sa profondeur analytique, sa logique intégrative et sa visée de transformation durable, en phase avec les principes de justice sociale, de souveraineté nationale et de développement économique équitable.
La Société des Ciments de Bizerte : enjeux et potentiel
La SCB représente un actif stratégique majeur pour l’économie tunisienne. Avec une capacité de production de plusieurs millions de tonnes de ciment et un effectif dépassant les 4000 emplois directs, elle joue un rôle clé dans le secteur de la construction et de l’infrastructure. Son site industriel dispose d’un port commercial privé, stratégiquement situé sur la Méditerranée, ainsi que d’une infrastructure logistique moderne qui permet de réduire les coûts de transport et de renforcer l’efficacité opérationnelle.
La réunion ministérielle a permis de rappeler que malgré les difficultés financières et organisationnelles rencontrées ces dernières années, la SCB conserve des atouts considérables, notamment : la réputation de sa marque, ses ressources logistiques, sa proximité avec les marchés et la qualité de ses infrastructures. Le programme de restructuration proposé vise à réactiver la production, moderniser les équipements, améliorer la gestion des ressources et renforcer la compétitivité de l’entreprise sur le marché national et international. Cette démarche reflète pleinement la vision de Kaïs Saïed, pour qui les entreprises publiques doivent être réhabilitées, sécurisées et capables de contribuer activement à l’économie nationale.
Le plan de restructuration de la SCB se déploie en trois phases : la première consiste à relancer la production du clinker, réduire le recours aux services externes et maîtriser les coûts. La seconde phase prévoit l’augmentation de la capacité de production grâce à la modernisation des équipements et à l’amélioration des processus industriels. La troisième phase vise à optimiser l’efficacité énergétique, protéger l’environnement et développer un système d’information intégré pour un suivi précis de la performance et une meilleure prise de décision. Chaque étape est conçue pour garantir la durabilité et la compétitivité de l’entreprise, tout en respectant les normes environnementales et sociales.
Gouvernance et réformes structurelles
La vision du Président Kaïs Saïed attribue aux entreprises publiques un rôle stratégique dépassant largement leur fonction économique traditionnelle. Elles constituent des instruments de souveraineté nationale et des vecteurs de cohésion sociale, capables de protéger l’emploi, de sécuriser les secteurs industriels clés et d’assurer la continuité du développement économique. Lors de la réunion du Conseil ministériel restreint du 17 mars 2026, il a été souligné que la réforme structurelle et la gouvernance renforcée de la Société de Ciments de Bizerte représentent un levier essentiel pour restaurer la compétitivité et l’efficacité de l’État face aux défis économiques contemporains.
Cette approche inclut le renforcement des conseils d’administration, la clarification de la séparation entre la direction générale et la présidence, ainsi que la mise en place de commissions spécialisées pour le contrôle interne, la gestion des risques et l’audit. L’objectif est de garantir une gestion transparente et responsable, capable de concilier performance financière, durabilité sociale et conformité aux standards internationaux. La réforme des ressources humaines complète cette démarche, en mettant à jour le statut des employés, en régulant les recrutements externes et en développant les compétences des cadres et administrateurs. Ces mesures visent à créer un environnement managérial robuste, capable de piloter la SCB et d’autres entreprises publiques avec compétence, intégrité et vision stratégique à long terme.
Perspectives économiques et impact national
La restructuration de la SCB ne se limite pas à une simple survie de l’entreprise, elle s’inscrit dans une perspective stratégique de redressement du secteur industriel tunisien. Le programme prévoit la relance de la production, la diversification des produits, le développement du port commercial et l’ouverture vers de nouveaux marchés internationaux. Ces initiatives visent à renforcer la compétitivité nationale, à protéger la monnaie locale, à créer des emplois durables et à consolider le tissu industriel tunisien.
Cette vision traduit la conviction du Président Kaïs Saïed selon laquelle le développement économique et la souveraineté nationale sont indissociables de la force des institutions publiques. Une entreprise publique modernisée, bien gouvernée et stratégiquement investie devient un instrument de stabilité, de croissance et de résilience pour l’ensemble du pays. La SCB constitue ainsi un modèle pour d’autres entreprises publiques, comme la Société Tunisienne de l’Acier, démontrant que la modernisation et l’investissement ciblé permettent non seulement de renforcer l’économie, mais aussi de consolider le rôle social et stratégique de l’État. À travers ces mesures, la Tunisie affirme sa volonté de construire un secteur industriel souverain, durable et compétitif, en accord avec les orientations présidentielles de développement inclusif et de protection des intérêts nationaux.
