Le chapelet de duels propres à la joute du sacre, nous y voilà enfin ! Et au regard de la belligérance qui a émaillé les récentes demi-finales, les deux antagonistes les plus méritants ont atteint le zénith de l’émulation, l’Union Sportive Monastirienne et la Jeunesse Sportive Kairouanaise. Alors, la famille étendue du basket national est-elle bien partie pour vivre une palpitante enfilade d’empoignades en guise de sportives algarades ? Tout, sans l’ombre d’un doute, le laisse à penser.
S’appuyant sur son meilleur classement à l’épilogue du Play-off, l’USM commencera par accueillir son rival dans sa fournaise du Mzali et ce, à deux reprises, avant que la JSK à son tour n’en fasse autant dans son chaudron du Miled. Cette enthousiasmante ordalie se jouera au meilleur des 5, le premier à butiner trois succès remportera la palme. La 10e pour les Usémistes ou la 4e pour la Chabiba ? Force est de reconnaître que l’USM est incontestablement l’équipe par excellence de cette dernière décennie. Il n’y a qu’à se référer à sa galerie de trophées pour constater que six des neuf sacres moissonnés ont été grappillés d’un seul trait entre 2019 et 2024. Certes, il faut avouer que le basket d’aujourd’hui n’est plus celui d’antan, du temps où les bastions de la balle orange dominaient la scène pour leurs vertus de clubs formateurs ayant tiré le nec plus ultra des enfants du cru. De nos jours, ce sont les clubs riches comme Crésus qui amoncèlent les titres à force de recrutements aux coûts déraisonnables. Tant mieux pour eux s’ils ont les moyens de se le permettre, mais le revers de la médaille s’assimile malencontreusement à une facture lourde à digérer, au regard de la déchéance à glacer le sang de l’écrasante majorité de nos clubs, incurablement laissés pour compte. Un état des lieux à disséquer dans un autre espace, étant pour l’heure à l’exorde d’un antagonisme aux effluves de fête.
La Chabiba, refera-t-elle le coup du Gorjani ?
Parmi les rarissimes clubs qui parviennent à flirter avec le pinacle de la hiérarchie malgré la modicité de leurs moyens et qui n’ont pas trop dévié de cette noble particularité de privilégier la formation et de pouvoir ainsi, dans la foulée, compter sur ses propres jeunes pousses, la JSK justement. Une Chabiba qui n’a pu glaner que trois titres de champion jusqu’ici, tous moissonnés lors de son étincelante mainmise sur le basket national, entre 2001 et 2003. Cela dit, et selon la formule du Super play-off préconisée, le club qui reçoit se met en quatre pour faire le plein dans ses murs et mettre totalement à profit l’avantage du parquet en cas de belle, alors que son rival n’a d’autre alternative qu’épingler au nez et à la barbe des maîtres de céans au moins un succès pour s’escrimer à parachever le travail intra-muros. Comme l’ont cristallisé, au stade des demi-finales, les Bleus au détriment de l’ESS et les Aghlabides face au CA au Gorjani lors de la journée inaugurale, la plus propice en fait pour profiter de l’effet-surprise. Il n’y a plus qu’à espérer que les joueurs et les dirigeants nous épargnent leurs pitoyables jérémiades, que les arbitres cessent leur permissivité envers les joueurs et que le public soit réellement fair-play et mature. Le décor est planté, lançons les festivités.
Super play-off (classement 3e/4e – game 1) : pour une place sur le podium
Prenant leur mal en patience subséquemment à leur élimination de la course au titre, le Club Africain et l’Etoile Sportive du Sahel se colletteront pour une place d’honneur qui permettra au vainqueur de terminer, faible réconfort, dans le trio de tête, au troisième rang. Et conformément aux dispositions codifiant ce Super play-off, c’est l’équipe qui se prévaut du meilleur classement à l’issue du play-off, le CA dans le présent cas de figure, qui offrira, en premier, l’hospitalité à son antagoniste deux fois de suite, avant que ce dernier, soit le club sahélien, n’en fasse de même sous son toit. La première qui engrange trois victoires décrochera le pompon et en cas de parité, deux manches partout, on remet le tout dans le cadre d’un match décisif, communément baptisé «belle», toujours chez l’équipe la mieux classée, au Gorjani en l’occurrence.
Piètre dédommagement
La réflexion vaut, en toute objectivité, particulièrement pour le club de Bab Jedid qui se réclame d’un effectif l’autorisant à moissonner tous les lauriers à l’échelle nationale ou, du moins, à y concourir jusqu’au poteau, jusqu’au dernier souffle comme le prouve son titre symbolique de champion du play-off, distinction qui lui permet de jouir de l’avantage du parquet, boni que les Rouge et Blanc ont lamentablement vendangé au stade des demi-finales. Une désillusion essuyée en fait face à une majestueuse Jeunesse Sportive Kairouanaise dont le mérite ne souffre aucun doute et qui, sur les quatre empoignades disputées, a exhibé au grand jour un Cinq tout aussi sémillant et dont la louable singularité est, outre le renfort de deux Américains à la stature imposante, notamment concernant ce diable de Jordan Jackson, de se targuer de compter quasi exclusivement sur des enfants du cru, formés au sein du club, ce qui tranche avec ces mercenaires de tous bords qui ne pensent, quoi qu’il en soit, qu’à faire leur pelote. Cela dit, et pour faire amende honorable, du moins vis-à-vis de son fidèle et inconditionnel public, le CA est tenu de rafler la mise finale, en commençant par l’emporter ce soir, pour le compte de ce game 1, et de se garder de commettre cette même bourde inaugurale face à la JSK et qui, en dernier ressort, lui a coûté la peau du dos. Cela dit, l’ESS ne se présentera pas pour autant dans la peau d’une hostie et dans ce genre de duels qui tiennent des matchs-couperet, les scénarios les plus loufoques peuvent survenir. Déplorablement éliminés de l’épreuve coupe à Hammam Sousse même contre un adversaire qui, en valeur pure, ne peut aucunement supporter la comparaison avec eux, les Etoilés risquent de se tourner les pouces aux aurores, autrement dit, cesser d’abattre de la besogne assez tôt en voyant leur saison s’écourter prématurément. Un état des lieux qui devrait s’apparenter au plus puissant des aiguillons pour des Sahéliens friands de faits d’armes. Et une place sur le podium redonnera du baume au cœur à la famille étoilée élargie pour voir le terrain déblayé dans l’optique du prochain exercice qu’elle devrait appréhender comme celui du décollage effectif et de la reconquête d’un lustre assez entaché jusqu’ici.
Wahid SMAOUI
Programme
Classement
Salle Gorjani
15h00 : CA-ESS
Finale
Salle Mohamed Mzali de Monastir
17h00 : USM-JSK
