Le 8 avril est la Journée Nationale du Don du Sang en Tunisie. Le don du sang est un acte citoyen très important pour la santé publique. Cette journée est célébrée chaque année pour nous rappeler la dimension humanitaire du don du sang et la politique suivie par la Tunisie pour le développement qualitatif et quantitatif de la transfusion sanguine.
Cependant, le Centre National de Transfusion Sanguine (CNTS) ne semble pas avoir les quantités suffisantes pour satisfaire les besoins réels en matière de sang. Bien que le système ait pu collecter environ 250.000 unités en 2025, un déficit chronique persiste, avec un besoin urgent d'environ 40.000 dons supplémentaires annuellement. En Tunisie, les besoins en dons de sang sont estimés à 220 mille par an. 65% de ces dons sont effectués par les proches parents des personnes malades, 28% par des donneurs volontaires et seulement 7% par des donneurs réguliers. Selon ce constat, l’autosuffisance en produits sanguins à travers les dons volontaires et réguliers n’est pas encore satisfaite. Inutile de rappeler que le besoin en sang est naturel, vital et urgent. En effet, souvent aucun traitement ne peut remplacer le sang humain. Une baisse des stocks de sang pourrait conduire à des conséquences dramatiques pour les patients souffrant de maladies chroniques ou les victimes d’accidents de travail ou de circulation qui nécessitent également une transfusion sanguine immédiate. Le don de sang en Tunisie repose sur le volontariat et le bénévolat, mais fait face à un déficit chronique, avec environ 650 poches collectées par jour pour un besoin de 800 à 850. Bien que la collecte ait atteint aujourd’hui 250.000 unités, le système reste dépendant des dons familiaux face à une forte demande. Cela est peut-être dû au manque de campagnes de sensibilisation que les autorités avaient l’habitude de faire et qui ne sont plus réalisées régulièrement depuis des années. Il va sans dire que les besoins en sang et en produits sanguins sont en constante augmentation.
Renforcer les campagnes de sensibilisation
C’est pourquoi les établissements de transfusion sanguine chargés des collectes de sang doivent multiplier leurs actions afin de répondre aux demandes des établissements de soin, tant en quantité qu’en qualité. Il faut reconnaître que l’activité de don du sang a connu un grand essor entre 2000 et 2010 avec une augmentation du nombre total de dons collectés avec une amélioration du taux de donation et du taux de couverture des besoins qui sont passés de 13,1% à 18,1% et de 66% à 90%, respectivement entre 2000 et 2010. Ceci est certainement dû aux différentes campagnes de sensibilisation menées partout par le ministère de la Santé à cette époque. Depuis la Révolution de 2011, ces campagnes se font de plus en plus rares, malheureusement. Il y a bien longtemps que nous ne voyons plus ces ambulances installées à l’Avenue Habib Bourguiba à Tunis, ni celles qui se déplacent à travers les gouvernorats, visitant les entreprises, les administrations, les facultés et les lycées secondaires pour effectuer des transfusions sanguines auprès des citoyens. Nous ne voyons plus depuis longtemps ces spots publicitaires à la télévision qui incitent les gens à donner du sang. Il faut reconnaître que ces campagnes avaient fait leurs preuves, puisque bon nombre de citoyens se proposaient en volontaires pour donner de leur sang. Aujourd’hui, il n’y a rien de tout cela. Est-ce à dire que nous avons un surplus de poches de sang et que nous avons atteint l’autosuffisance en matière de sang ? Loin s’en faut ! Il est donc impératif pour l’actuel gouvernement et ceux qui suivront de revenir à l’organisation de ces campagnes de sensibilisation au don du sang, à travers tous les moyens audio-visuels et les réseaux sociaux en vue d’augmenter la participation des citoyens donneurs en les incitant à faire ce geste humanitaire. D’ailleurs, le Centre National de Transfusion Sanguine aura toujours besoin de dons régulièrement car les réserves sont toujours insuffisantes en cas d’urgence.
Hechmi KHALLADI
