«La capacité d’accueil des institutions de prise en charge des personnes âgées est actuellement estimée à 484 lits, répartis sur 10 centres spécialisés. À ce jour, ces établissements hébergent 360 résidents», a indiqué le ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âgées.
En réponse à une question écrite adressée par la députée Amal Meddeb, le ministère a précisé que ce chiffre demeure évolutif, dans la mesure où le nombre des résidents peut varier en fonction de plusieurs facteurs, notamment les nouvelles admissions, les départs ou encore les décès.
Par ailleurs, le ministère a révélé que, dans le cadre de la modernisation et du renforcement de la prise en charge institutionnelle des personnes âgées, plusieurs projets structurants sont programmés pour l’année 2026.
Ainsi, il est prévu d’achever les travaux d’aménagement de deux établissements, situés respectivement à Béja, pour un coût global avoisinant les 3 millions de dinars, et à la Manouba, avec une enveloppe estimée à 4 millions de dinars.
En outre, le ministère a également programmé la création d’un nouvel établissement dans le gouvernorat de Siliana. «Cette future structure disposera d’une capacité d’accueil de 96 personnes âgées. Une enveloppe de 5 millions de dinars a été allouée à sa réalisation, à laquelle s’ajoute un budget de 800 mille dinars destiné à son équipement», a précisé le ministère.
Accès aux institutions : 60 ans minimum et des critères bien définis
En ce qui concerne le cadre juridique régissant ces structures, le ministère rappelle qu’il repose sur un ensemble de textes législatifs et réglementaires. Il s’agit notamment de la loi n°94-114 du 31 octobre 1994, relative à la protection des personnes âgées, du décret n°96-1017 du 27 mai 1996 fixant les conditions d’hébergement dans les établissements de protection des personnes âgées, ainsi que de l’arrêté du ministre des Affaires sociales du 8 octobre 1997 fixant les modalités de prise en charge, par la personne âgée, des frais de séjour dans les établissements publics ou privés de protection bénéficiant de subventions de l’État.
Dans le détail, le ministère a indiqué que l’admission en institution est soumise à plusieurs conditions. La personne concernée doit être âgée d’au moins 60 ans et exprimer sa volonté d’intégrer l’établissement. Elle doit également être dépourvue de soutien familial et de logement stable, ou disposer de ressources financières insuffisantes. Par ailleurs, son état de santé est pris en considération, elle ne doit pas être atteinte d’une maladie contagieuse ou susceptible de représenter un risque pour les autres résidents.
S’agissant des procédures d’admission, celles-ci débutent par le dépôt d’une demande auprès des services centraux du ministère, de l’une de ses délégations régionales ou directement auprès de l’établissement concerné. Le dossier doit obligatoirement comporter une pièce justificative d’identité ainsi qu’un certificat médical attestant de l’absence de maladies transmissibles.
«Une enquête sociale est systématiquement menée afin d’évaluer la situation du demandeur. Celle-ci est réalisée par la délégation régionale compétente, en coordination avec les services locaux et régionaux des affaires sociales, garantissant ainsi une prise en charge adaptée aux besoins réels de la personne âgée», a affirmé le ministère.
Plus de 2 millions de personnes âgées, soit 16,9% de la population
Selon les résultats du recensement général de la population et de l’habitat de 2024, publiés par l’Institut national de la statistique (INS), la Tunisie compte, au 6 novembre 2024, 2 020 772 personnes âgées de 60 ans et plus. Cette tranche d’âge représente ainsi 16,9% de la population totale, dont 52,04% de femmes et 47,96% d’hommes, soit un rapport de masculinité de 92,16 hommes pour 100 femmes.
Par ailleurs, le taux de dépendance des personnes âgées s’établit à 28%, tandis que l’indice de vieillissement atteint 73,9%.
«Ce groupe de population, en constante progression, illustre les transformations liées au vieillissement démographique et soulève d’importants enjeux sociaux, économiques et sanitaires», a indiqué l’INS.
Vers une meilleure prise en charge : le ministère engage une réforme du cadre juridique
Conscient de ces enjeux et de l’accélération du vieillissement démographique, le ministère a présenté, lors des discussions du projet de loi de Finances 2026, une série de mesures visant à renforcer la prise en charge des personnes âgées et à adapter le cadre législatif aux mutations en cours.
Dans cette optique, il est prévu de développer le dispositif juridique et d’encourager l’investissement privé dans le secteur, notamment à travers l’élaboration d’un projet de loi relatif aux droits des personnes âgées. «Ce texte s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux de la Tunisie, en lien avec les conventions et instruments internationaux, ainsi que les Objectifs de développement durable (ODD). Il vise également à concrétiser les dispositions de la Constitution tunisienne, en particulier ses articles 51, 53 et 54», a souligné le ministère.
Parallèlement, une révision du cahier des charges régissant la création et la gestion des établissements de prise en charge est programmée. «L’objectif est d’améliorer la qualité des services, d’optimiser les conditions d’hébergement et de les adapter aux besoins spécifiques des personnes âgées, conformément aux standards internationaux», a expliqué le ministère.
Nouha MAINSI
