Complètement estomaquant fut le succès du Club Africain aux dépens d’Al Ahly du Caire ! Ayant soufflé le chaud et le froid, les Tunisiens sont passés d’une victoire plus ou moins commode, à un revers comme s’ils s’étaient laissés prendre au rets et, de nouveau, à une victoire sidérante sur le fil du rasoir. Sacrés Clubistes qui signent un deuxième succès de rang qui leur ouvre béantes les portes de la qualification dans un fauteuil au Top 8 de Kigali.
En confiance après leur retentissant succès inaugural face aux Sénégalais de l’ASC Ville de Dakar, les Clubistes pétaient la grande forme. C’est ainsi qu’à (10-12), ils signèrent un net (7-0) pour mener (17-12) à 1’ de la fin du premier QT et ce, sous la férule d’un Abada impressionnant de maestria aussi bien dans la direction du jeu que dans la finition. Un malencontreux passage à vide permettra aux Cairotes de réaliser à leur tour un (6-0) qui leur permettra de mener à la 10’ d’une petite unité (17-18). Au deuxième QT, les Clubistes reprirent leur ascendant pour mener (26-22), avant d’essuyer un relatif retour en force des Egyptiens qui égalisent à (27-27). Marque à partir de laquelle les troufions de l’Espagnol Cainzos réussiront un ahurissant ras de marée, sous l’experte conduite du même Omar Abada dont les statistiques pour le compte des deux premiers QT étaient d’une renversante éloquence, soit 14 points dans son escarcelle, 3 sur 5 sur les tirs à 3 points et 5 assists. Ce qui se traduira par un parlant score partiel de (13-2) et partant (40-29), soit 11 points d’avance à la pause. Le chef d’orchestre tunisien sera talonné au tableau des pointeurs par Marnaoui (7 pts), le Nigérian Aminou Mohamed (6 pts), Jaouadi et Hagins (4 pts chacun), alors que chez les Pharaons, Iheb Amine Salah était le plus inspiré (12 pts). De retour des vestiaires, les Tunisiens ne lâchaient aucunement le morceau et Marnaoui de retrouver son punch habituel en signant coup sur coup deux paniers de la longue distance, outre un drive tout en fluidité de Abada, pour creuser un précieux hiatus de 16 points (50-34). Sur une deuxième balle, Hagins réussit un dunk rageur, portant l’écart à 17 points (54-37). Mais comme en basket, il y a des moments faibles auxquels il est difficile de se soustraire, les Rouge et Blanc ne parviendront pas à maintenir le cap à la fin du troisième QT, concédant un score partiel de (2-11) qui permettra aux riverains du Nil de revenir à (-8) et d’en être à (56-48) à la 30’.
Abada-Marnaoui, le tandem sauveur
Et même à (-4), soit (60-56) à l’entame d’un quatrième et dernier QT qui s’annonçait volcanique. Les choses commençaient à se compliquer quand les Pharaons prirent pour la première fois l’avantage (60-61), puis (60-63), une avance clubiste de 17 points qui a fondu en un tournemain comme neige. Sur lancers-francs, Marnaoui arrêtera un tant soit peu l’hémorragie en n’en transformant qu’un seul (61-63). Comme marqués mentalement, les Tunisiens accuseront le coup pour être menés (61-67) à 3’ de la fin, puis (61-68) à 1’30. Moment à partir duquel les Clubistes gratifieront tout un chacun d’un final ahurissant en signant un (8-0) de rêve. D’abord un tir à 3 points de Abada, puis 2 lancers-francs de Chennoufi suite à une providentielle faute technique, enfin sur la possession subséquente, Abada (meilleur réalisateur avec 25 points, outre 7 assists et 4 sur 7 sur tirs à 3 points), réalise un assit «pharaonique» à destination de Marnaoui qui plante un tir «assassin» qui scellera miraculeusement le sort du match en faveur des nôtres, laissant les Cairotes pantois et interdits de réaction malgré les 5’’ restantes. Ebouriffant !
Wahid SMAOUI
