Auteur d’un éminent sans faute avec deux fracassantes victoires dans son escarcelle, le Club Africain s’escrimera à moissonner un troisième succès de rang aux dépens du JCA Kings. Une entreprise paraissant parfaitement dans les cordes des Tunisiens, si l’on se réfère aux prestations des Ivoiriens pour le compte de cet exorde de BAL dans les confins de sa Conférence du Sahara.
Le scénario totalement fou qui a caractérisé la fin de match contre Al Ahly est encore dans toutes les bouches et on ne se blasera point de se le remettre en mémoire. Encore une fois : à 17’’ (exactement 16’9 centièmes) de la fin, les Egyptiens menaient de 7 points (61-68) et quand bien même on ne rappellerait jamais assez qu’en basket, les coups de théâtre les plus insoupçonnés demeurent plausibles, tant que le gong final n’a pas retenti, une telle avance à un laps de temps de la fin aussi court est très malaisément rattrapable. Mais ces sacrés gaillards de Clubistes l’ont fait : d’abord un tir à 3 points de Abada, puis consécutivement à une faute technique candidement commise par les Cairotes (l’impondérable qui fait bien les choses), 2 lancers-francs de Chennoufi transformés, enfin sur la possession résultante, un drive subtilement peaufiné ponctué par un ingénieux assist de Abada à destination de Marnaoui et boum badaboum, un tir au-delà des 6,75 mètres mis dans le mille, et le tableau d’afficher en deux temps trois mouvements (69-68), le tout en… 12’’ car il restait encore 5’’ que les Ahlaouis, complètement groggy, à fond dans le gaz, n’ont pu mettre à profit.
Outre ce déconcertant renversement de situation, ce qui fait le plus chaud au cœur, c’est que ce haut fait a été l’œuvre de trois joueurs tunisiens, du cru national au milieu de cette légion d’étrangers de haute volée, dans une joute aussi relevée et face à un adversaire éminemment exercé. Grâce à cette deuxième victoire, les Clubistes ont effectué une avancée majeure quant au premier objectif assigné, celui de faire partie du quatuor de tête dans l’optique de la qualification au Top 8, ils peuvent d’ores et déjà songer au second objectif, celui de moissonner à l’issue de cette «Conférence du Sahara» le meilleur classement possible, un précieux boni dans la délimitation du profil du premier antagoniste à affronter lors des playoffs de Kigali.
Gare aux coups de mou !
Cet état de grâce circonscrit aux ultimes secondes de ce match mémorable ne doit toutefois pas nous faire regarder le doigt quand on montre la lune. C’est qu’avant ce feu d’artifice final, le CA a connu un horrible passage à vide, un monstrueux temps faible, un contrariant coup de barre qui aurait pu lui être fatal, tellement il a duré.
En effet, avant l’embellie en question, les Clubistes n’ont marqué pour le compte de tout le quatrième QT, hormis les 12’’ d’anthologie (de la 17’ à la 5’) avant la clochette finale, que 5 piteux points, encaissant un faramineux passif de… 24 points (de +17 à -7) en référence aux scores partiels de (54-37) avant la fin du troisième QT et (61-68) à 17’’ de la fin du match. S’il est vrai qu’un, voire plus, temps faible est tout à fait courant en basket, en pâtir aussi «lourdement» est inadmissible à pareil niveau. Gageons que le duo Cainzos-Curado au gouvernail technique, et surtout les joueurs sur le parquet retiendront la leçon et trouveront la panacée salvatrice.
Cela dit, les Clubistes devraient avoir tout à l’heure les coudées franches pour faire leur affaire aux Ivoiriens du JCA Kings, si l’on s’en remet aux deux sorties des Ivoiriens soldées par deux défaites, d’abord une vraie bastonnade essuyée face aux Marocains du FUS de Rabat (55-85), puis un revers refilé par les Nigérians de Maktown Flyers (68-76). Des résultats à prendre avec des pincettes en fait, attendu qu’on ne doit jurer de rien en sport. A bon entendeur, peu de mots…
Wahid SMAOUI
