C’est un phénomène qui revient actuellement et de plus belle dans les rues commerçantes de la capitale. La marchandise, censée être étalée à l’intérieur des échoppes comme de bien entendu, déborde souvent, non pas un peu, ou beaucoup, mais beaucoup trop pour gagner carrément le trottoir et l’occuper. Et plus encore et ce n’est pas fini, cela atteint parfois la chaussée, là où les piétons y circulent péniblement déjà, ne trouvant pas leur bon vieux trottoir aussi minuscule que large. Ils le partagent désormais avec les voitures et les deux roues. Un véritable et inimaginable tracas et un marché dans le marché. On s’y déplace à pas de tortue, tout en perdant un temps fou pour en finir avec ce piège et en acceptant l’inacceptable dans un véritable mauvais carnaval non annoncé. Un piéton-victime, qui a plutôt le sens de l’humour, pour soulager peut-être sa peine, s’adresse à l’un des revendeurs qui travaille au magasin, sur le trottoir et sur la chaussée pour lui demander si ce système «très original» permet au patron de gagner beaucoup plus d’argent en évitant au client d’entrer dans le magasin.
Vente à la criée
Car il ne reste aux articles mis en vente que d’aller frapper à la porte des clients ! Il n’y eut point de réponse, car l’apprenti-vendeur (de fortune ?) criait, par-dessus le marché, la valeur et le prix très bas et inimaginables des produits exposés. C’est la vente à la criée en «bonus» de celle supposée être à l’intérieur du commerce. On aura tout vu ! Et tant que les citoyens restent «en mode silencieux» face à ces scènes et ces actes effarants, en n’élevant pas la voix comme les revendeurs vantant leur marchandise parfois de pacotille, pour leur faire un rappel à l’ordre, ces pratiques ne cesseront jamais, car ceux qui les commettent font des fuites en avant en toute impunité. Mais dans ce genre de situation, les responsables étatiques et municipaux ne peuvent-ils pas agir contre ces dépassements qui se déroulent de jour en jour et presque dans l’indifférence générale ? Et pour l’anecdote, on se rappelle que les propriétaires des magasins du centre-ville de Tunis s’étaient plaints depuis quelques années auprès des autorités contre la présence des vendeurs ambulants devant leur magasin, ce qui menaçait de plus en plus leur existence. Mais voilà qu’ils font de même en gâchant la circulation piétonne sans aucun respect des citoyens.
Lotfi BEN KHELIFA
