Le clasico entre l’Espérance Sportive de Tunis et le Club Sportif Sfaxien n’aura finalement pas donné lieu à un vainqueur, ce qui n’arrange guère les affaires des deux protagonistes. Ainsi, en se contentant du nul, le CSS a perdu pratiquement toute chance de terminer à la deuxième place et de participer à la prochaine édition de la Ligue des Champions.
Pourtant, ce ne sont pas les occasions de but qui ont manqué lors de ce match, notamment du côté des Espérantistes, auteur de nombreux ratages devant la cage sfaxienne. Sans compter le penalty tiré sur la transversale par Mohamed Amine Tougaï.
Mohammed Kouki a opté pour des choix tactiques inappropriés en chambardant son arrière-garde et en optant pour le 3-5-2. La défense ainsi chambardée a flotté dangereusement face aux assauts récurrents de l’EST qui a établi une mainmise totale sur le milieu de terrain, aidée en cela par l’éloignement des lignes sfaxiennes. Bousculé comme jamais et avec une défense qui prenait eau de partout, le CSS doit s’estimer très heureux d’avoir rejoint les vestiaires, à la mi-temps, avec des filets inviolés.
Proche du hold-up
En seconde mi-temps, Mohamed Kouki a revu et corrigé ses choix tactiques. Il a, à cet effet, replacé Hamza Methlouthi sur le côté droit de l’axe de la défense et incorporé Hichem Baccar dans le côté opposé. En même temps, il a fait sortir Youssef Habchia qu’il a remplacé par Jamal Mutyaba dans l’intention de conférer à son milieu de terrain davantage de créativité. Mais empressons-nous de souligner que le joueur ougandais n’a pas donné le rendement escompté, tout comme Willy Onana qui a suppléé Ogbole.
Les rectificatifs apportés à l’équipe sfaxienne ont valu à cette dernière un meilleur équilibre, mais sans pour autant lui permettre de jouer d’égal à égal avec son adversaire.
Toujours est-il que l’Espérance aurait pu se faire piéger et perdre le match sur les deux ou trois seules occasions dignes de ce nom créées par le CSS sans le sauvetage de Amenallah Memmiche sur un tir à bout portant de Rayen Derbali sur un service judicieux de Ali Maâloul. Sans compter le but inscrit par Ogbole et refusé pour hors-jeu.
Fair-play
Mais, et au-delà de son verdict final, le choc EST-CSS a donné lieu à un grand vainqueur : l’esprit sportif qui l’a imprégné, de bout en bout. On ne mettra, en effet, jamais assez en exergue la correction exemplaire des deux équipes qui ont, malgré l’importance de l’enjeu du match, fait preuve d’une correction exemplaire sur l’aire du jeu. Il y avait sur le terrain comme une franche camaraderie entre les joueurs des deux camps qui ont négocié les débats sans tricherie, sans les moindres protestations, sans autres simulacres et recherche de la perte de temps, devenus, malheureusement, monnaie courante dans nos stades.
Ameur KERKENNI
