La vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), recommandée pour les jeunes de 11 à 14 ans, permet de prévenir jusqu’à 90% des infections, responsables de lésions précancéreuses et de certains cancers. Près de 80% de la population contracte ce virus au cours de sa vie, souvent sans symptômes apparents. Cependant, dans environ 10% des cas, l’infection persiste et peut entraîner des cancers du col de l’utérus, de l’anus, de la bouche et du pharynx. La vaccination est le moyen le plus efficace de se protéger contre les infections à HPV. Elle est recommandée pour les adolescents, filles et garçons, âgés de 13 à 14 ans. Dans le cadre de sa compétence en matière d’éducation à la santé dans les lycées et établissements d’enseignement agricole, le Rotary Club Nabeul Néapolis a déployé plusieurs actions en faveur de la prévention et de l’éducation à la santé des jeunes, avec un accent fort cette fois-ci sur la prévention des infections à papillomavirus humains (HPV). Ainsi, dans le cadre de la Prévention HPV, les rotariens sont allés à la rencontre des lycéens de l’Idéale de Nabeul.
Mohamed Ghalleb, gynécologue et rotarien, a souligné que cette journée a pour objectif de former les élèves sur les papillomavirus humains (HPV) : qu’est-ce que c’est, comment ils se transmettent, quels risques ils peuvent représenter, leur expliquer l’importance de la vaccination contre les HPV, qui est un moyen très efficace de prévention contre certains cancers liés à ces virus. Plusieurs cancers chaque année sont attribuables aux HPV, notamment des cancers du col de l’utérus, de l’anus, et de certains cancers ORL. Le vaccin permet de prévenir jusqu’à 90% des infections HPV à l’origine de cancers. La présence de gynécologues, oncologues, pédiatres, radiologues,de par leur expertise, a permis d’offrir aux jeunes des informations fiables.
Karim Trabelsi, directeur du lycée l’Idéale de Nabeul, a précisé que dans le cadre de notre projet autour de la sensibilisation aux virus HPVs, les élèves ont vécu des séances d’échange autour de ce virus et de son impact sur la prévention, des moments d’apprentissage essentiels, basés sur le dialogue, les questions et la prise de conscience, afin de mieux comprendre l’importance de la vaccination et de la protection. Une initiative éducative qui a éclairé les esprits des élèves et surtout, aidé à briser les tabous et combattre les idées erronées avec au programme, des ateliers interactifs animés par des professionnels de santé. Les élèves ont pu participer à des ateliers de sensibilisation à l’importance de la vaccination.
Un message simple mais essentiel : parler du HPV, partout, à tous
Chaque année, les Papillomavirus humains (HPV) sont responsables de plusieurs cancers, touchant aussi bien les femmes que les hommes. Pourtant, des moyens de prévention très efficaces existent : le dépistage et la vaccination. Dans cet épisode, nous partons à la rencontre des jeunes lycéens pour comprendre ce qu’ils savent, ou ignorent, du papillomavirus humain.Nous recueillons des réactions spontanées et une bonne information sur un virus très répandu et aux conséquences parfois graves. Pour aller plus loin, nous avons assisté à des séances de sensibilisation sur le HPV, où de jeunes lycéens sur scène nous éclairent sur le HPV : ses modes de transmission, ses manifestations et les risques qu’il représente pour la santé, notamment chez les jeunes. Créativité, énergie, aisance sur scène et maîtrise du français et de l’anglais… un vrai message porté par les jeunes pour les jeunes. Une immersion au cœur d’un sujet encore trop peu abordé, qui rappelle l’importance d’une information claire, accessible et fiable, dans le cadre des actions menées par le Rotary Club de Nabeulpour la santé des adolescents et des jeunes. A travers des podcasts médicaux, des pièces théâtrales et des débats, le public, composé de jeunes lycéens, de parents et d’enseignants, décrypte ce qu’est réellement le HPV, comment fonctionne le vaccin, comment repérer les signes avant-coureurs de la maladie, comment se fait le dépistage. Par le biais d’un récit sensible, humain, vivant et accessible, le spectacle présenté par Yassine, Lydia, Safa, Janette, Zied aborde la maladie, le regard des autres et l’importance de l’information et de la prévention. Sarra Zgoli, lycéenne, estime que l’élargissement de la vaccination anti-HPV permettrait de freiner la transmission au sein de la population générale et ainsi, de mieux nous protéger. «Le théâtre est un outil puissant pour questionner, sensibiliser et mobiliser autour des grands enjeux de santé publique. C’est pourquoi nous avons monté une pièce théâtrale pleine d’humour pour sensibiliser et protéger les jeunes. Notre création permettra au public de s’identifier, de s’interroger et de passer à l’action», dit-elle. Son amie, Jihène Tlili, partage aussi cette manière de sensibiliser les jeunes : «Cette pièce de théâtre est bien plus qu’un simple divertissement, elle vise à informer sans moraliser. Il s’agit de faire passer un message de prévention salutaire en abordant avec humour des sujets liés au HPV qui sont encore tabous». Une démarchequi contribue à faire avancer les mentalités sur le rapport des jeunes à la santé, brise le tabou autour de la maladie et se met en scène pour alerter sur le danger des papillomavirus. Un acte militant pour la santé des jeunes. Plusieurs professionnels de santé se sont associés à cette campagne en répondant aux questions des jeunes lycéens relatives au dépistage, à la transmission, aux symptômes, aux traitements par le biais d’un récit sensible, humain, vivant et accessible. Le spectacle aborde la maladie, le regard des autres et l’importance de l’information et de la prévention. Ainsi, la création d’outils pédagogiques innovants et ludiques, en collaboration avec les lycéens et pouvant s’inscrire dans un projet d’éducation à la santé au sein du milieu scolaire, pourrait améliorer leur intérêt pour la vaccination contre les HPV. «Il n’est jamais trop tard pour se faire vacciner. Les professionnels de santé, médecins, pharmaciens, infirmiers, ont un rôle majeur à jouer… Ils sont les piliers de l’information et de la sensibilisation. Sans oublier les enseignants.Leur soutien est précieux pour accompagner la campagne de vaccination. Vaccination et prévention sont les deux piliers pour se protéger», assure Dr Riadh Daghfous, Directeur général du Centre ChalbiBelkahiaNational de Pharmacovigilance.
Il est incontestable que les campagnes de vaccination ont démontré leur efficacité : en Australie, le nombre de femmes entre 18 et 24 ans infectées par le HPV a diminué de 77% depuis l’introduction de la vaccination scolaire en 2007, tandis que les anomalies cervicales précancéreuses ont diminué de 34%. Grâce à son adhésion au programme de vaccination HPV et au dépistage, le Danemark est en mesure d’atteindre, concernant la maladie, un taux de récurrence inférieur à 4 sur 100.000. Le pays du Nord devrait avoir éradiqué le cancer du col de l’utérus d’ici à 2040. Comme le confirme Wissem Ben Abdallah, la directrice et la modératrice de cette journée : «Eduquer à la santé, c’est notre mission. L’objectif de notre établissement est d’améliorer les connaissances et attitudes de nos jeunes lycéens vis-à-vis de la vaccination HPV, de les sensibiliser à l’importance de cette vaccination et de les encourager à la recommander à leur entourage».
Pour sauver des vies, il vaut mieux parler du HPV, partout, à tous et sans détour. «Changer le regard, casser les idées reçues, créer du lien entre les acteurs de santé, les enseignants, les associations et le grand public… Voilà l’ambition de notre mouvement rotarien qui milite avec les enseignants pour un avenir sans cancers dus au HPV.Il est impératif de mettre la prévention en priorité en faisant vacciner nos enfants contre le HPV. Ce geste collectif est une façon pour nous, les parents, de protéger nos enfants», précise DrSlah Tabib, radiologue et président du Rotary Club de Nabeul-Néapolis.
Kamel BOUAOUINA
