Après le «Guide technique des bonnes pratiques en élevage camelin biologique», la FAO vient de publier, toujours dans le cadre du projet «Biorest», le «Guide technique des bonnes pratiques en apiculture biologique», se voulant accompagner les apiculteurs biologiques dans la maîtrise de cette pratique.
Le «Guide technique des bonnes pratiques en apiculture biologique», publié par la FAO dans le cadre du projet «Biorest», se veut fournir des connaissances théoriques, des outils pratiques et des repères réglementaires, pour permettre aux apiculteurs biologiques d’appliquer des méthodes assurant les intérêts des colonies d’abeilles et des écosystèmes pour la production des miels et des produits de la ruche (cire, pollen, pain d’abeille, gelée royale, et propolis) «d’une pureté et d’une typicité remarquables».
Pour le document, en adoptant ces bonnes pratiques, l’engagement dans ce mode de production dépasse largement le monde des ruchers ; l’apiculteur devient un acteur direct de la sauvegarde des abeilles et contribue activement à la régénération de la biodiversité locale, à la pollinisation des cultures et des fleurs sauvages et à la construction d’une filière apicole résiliente et vertueuse.
En effet, l’apiculture biologique vise à respecter les rythmes naturels des abeilles, préserver l’environnement et produire des produits apicoles de haute qualité, favorise la biodiversité, l’écologie et une économie durable. Elle contribue, également, à la sauvegarde des abeilles face au déclin des pollinisateurs et implique un engagement éthique et une maîtrise technique pour une production respectueuse des abeilles et de l’environnement.
Il est indiqué, dans le guide, que malgré son potentiel de conversion vers des pratiques durables, l’apiculture biologique, chez nous, rencontre des obstacles majeurs qui freinent son essor, comme le manque de compétences techniques et d’accompagnement professionnel, la production et la valorisation limitées des produits de la ruche, une organisation sectorielle fragmentée ou, encore, des menaces environnementales croissantes (pesticides, changement climatique, maladies comme la varroase, provoquée par le varroa parasite menaçant la viabilité des ruchers biologiques).
D’autre part, il existe des difficultés d’accès aux intrants biologiques, notamment la cire certifiée et il a été constaté une régression du nombre d’apiculteurs certifiés biologiques.
La satisfaction, c’est «Apis»
Selon le guide, il y a quatre principaux modes d’apiculture : conventionnel, écologique, biodynamique et biologique certifié.
La première est axée sur la productivité maximale, avec traitements chimiques, transhumance, ruches standardisées.
La seconde privilégie le respect du rythme naturel, avec utilisation limitée de traitements chimiques, et favorise la santé des abeilles.
L’apiculture biodynamique (la biodynamie étant une méthode d’agriculture biologique holistique) utilise, donc, des traitements biodynamiques, avec respect des cycles cosmiques et des matériaux naturels.
Quant à l’apiculture biologique certifiée, elle est une pratique réglementée, avec zone de butinage sans pesticides, matériaux naturels, contrôle annuel par un organisme agréé. Les avantages de celle-ci est, donc, la préservation du bien-être des abeilles, un environnement sain, des produits de haute qualité, une valorisation commerciale, une reconnaissance du savoir-faire et un engagement éthique.
Dans le guide, il est conseillé d’opter pour l’abeille Apis mellifera intermissa, supportant le climat méditerranéen, possédant des sous-espèces locales, une propolisation développée, une vision fine et un comportement moyennement agressif, tout en privilégiant les colonies d’origine biologique.
Le document propose des recommandations pour réussir en apiculture biologique comme une gestion respectueuse, une formation continue, une adaptation aux principes biologiques et à une démarche cohérente axée sur la prévention et le bien-être des abeilles ou, encore, le choix d’emplacements non contaminés et de matériaux naturels.
Zouhour HARBAOUI
