Les mois passent et alors qu’on est presque à la fin d’une saison et à l’orée d’une autre, le Club Sportif Sfaxien se voit toujours confronté à une crise financière aiguë (l’ensemble des dettes du club, révélées lors de l’AG évaluative tenue au mois de février dernier, ont été estimées à 7,6 millions de dinars). Parmi ces dettes figurent notamment les amendes qui ont fait l’objet d’un verdict définitif de la part de la FIFA. Ces amendes (plus les indemnités de retard) de l’ordre de 2,5 millions de dinars (4 dossiers) risqueraient, si elles n’étaient pas réglées dans les délais fixés, de priver le club actuellement interdit de recrutement de renforcer, comme prévu, ses rangs lors de la prochaine intersaison. Pis encore, un défaut de paiement pourrait même remettre en question sa participation à la prochaine Coupe de la Confédération. Pour le moment, les revenus chiches du club lui permettent à peine de faire face aux frais de sa gestion quotidienne, alors que d’ici à deux mois et demi environ, il devrait réunir pas moins de trois millions de dinars pour payer à la fois les amendes de la FIFA et lever ainsi la mesure d’interdiction et celles prononcées à son encontre par la commission fédérale des litiges au profit d’anciens joueurs du club.
Des revenus bien en deçà des besoins
Le CSS n’est plus, depuis des années, en mesure de mettre en circulation des billets d’accès au stade Mhiri dont la capacité d’accueil, fixée par les autorités à 9000 places environ avec la persistance de la fermeture au public des pelouses du virage sud, est réservée aux seuls abonnés du club. Cette limitation qui n’en finit pas représente un manque à gagner pour le club, se chiffrant à plusieurs centaines de milliers de dinars par saison.
De leur côté, les contributions des supporters se sont avérées insuffisantes, à l’image de la dernière campagne de collecte de fonds qui a été en deçà des attentes. Les contributions de la haute commission de soutien sont jugées insuffisantes, les hommes d’affaires de la région, ainsi que ceux qui sont installés dans la capitale devront faire preuve d’une plus grande sollicitude à l’égard du club pour qu’il puisse voir le bout du tunnel. Seuls les socios du club continuent de s’acquitter convenablement de leurs tâches avec des contributions respectables et régulières mais en nature et non pas en cash (plusieurs réalisations ayant porté sur le renforcement et l’amélioration de l’infrastructure sportive du club).
Le club «noir et blanc» a donc besoin de la communion de tous ses enfants afin de le dégager des sentiers battus où l’ont engagé, sans le vouloir bien sûr, d’anciens dirigeants par leurs choix erronés au niveau des recrutements des joueurs et des cadres techniques qui n’ont pas été d’une grande utilité au club. Ces derniers, en bon nombre, se sont plaints par la suite auprès des instances concernées de la FIFA, réclamant de forts dédommagements pour résiliation abusive de leurs contrats et ont fini par obtenir gain de cause, ce qui a contribué, pour une grande part, à l’endettement du club.
Hasamadou Ouédraogo veut rester
Dans une intervention sur le site du club, le milieu de terrain burkinabé, Hasamadou Ouédraogo, a exprimé son fervent souhait de poursuivre l’expérience sous la casaque sfaxienne, affirmant qu’il se sent bien au CSS. Rappelons que le passage de ce joueur au club phare du Sud s’est effectué lors de la précédente intersaison à titre de prêt d’une année avec option de rachat de son contrat pour le montant de 300 mille dinars à son club, le Réal du Faso. Le CSS est pour le rachat du contrat de Hasamadou mais encore faut-il qu’il parvienne à réunir le montant à payer pour le transfert définitif du joueur.
Ameur KERKENNI
