En avril dernier, une mission de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) s’est rendue au Living Lab (laboratoire vivant) de Siliana, situé dans la délégation d’El Krib, pour évaluer la biodiversité des terres agricoles.
L’équipe méditerranéenne et le programme global de l’UICN ont appliqué sur le terrain le Land Health Monitoring Framework (LHMF), un cadre de suivi de la biodiversité fonctionnelle, pour identifier les indicateurs les plus adaptés aux exploitations céréalières et oléicoles dans notre Nord-Ouest.
Pendant cinq jours, à savoir du 5 au 9 avril, cinq parcelles ont été visitées par l’équipe qui a, également, eu des conversations avec ceux qui travaillent la terre au quotidien et ce, dans le gouvernorat de Siliana.
Cette mission, menée en collaboration avec les techniciens de l’Institut National des Grandes Cultures (INGC), s’est tenue dans le cadre du projet NATAE (North African Transition to Agroecology/Transition de l’Afrique du Nord vers l’agroécologie) et a été organisée en appui aux partenaires locaux pour répondre aux besoins du territoire identifiés dans le cadre du projet.
L’objectif a, donc, été d’observer de près le contexte agricole local et commencer à identifier les indicateurs de biodiversité fonctionnelle les plus pertinents pour évaluer la santé des terres dans cette zone céréalière et oléicole.
Selon l’UICN, son équipe a pu obtenir une vue d’ensemble des initiatives en cours aux niveaux régional et national en matière d’agriculture et d’agroécologie, et mieux comprendre le contexte institutionnel dans lequel ce Living Lab du projet NATAE évolue.
Des solutions concrètes face aux enjeux majeurs de développement.
Ce laboratoire vivant réunit agriculteurs, chercheurs et acteurs locaux pour cocréer des solutions adaptées aux défis du terrain : sols dégradés, sécheresse, érosion… Un travail collectif essentiel pour construire des systèmes agricoles plus résilients et durables. Les Living Labs, déployés dans plusieurs pays d’Afrique du Nord, jouent un rôle clé pour tester, adapter et diffuser des pratiques agroécologiques à grande échelle, au plus près des réalités locales.
Un autre Living Lab devait être mis en place, au mois de mars dernier, toujours à El Krib mais, cette fois, dans le cadre du projet européen «Trans-Sahara pour une agroforesterie durable en Afrique» et ce, afin que citoyens, entreprises, institutions et associations se rassemblent pour cocréer, expérimenter et mettre en œuvre des solutions concrètes face aux enjeux majeurs de développement.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme «Horizon Europe (2025-2027)» ayant pour objectif la promotion de l’innovation et de la recherche dans l’agriculture, en faveur de 21 pays dont le nôtre, et devrait contribuer à la croissance socio-économique et à la résilience climatique dans notre continent.
Le projet Trans-Sahara vise à renforcer la résilience des communautés rurales face au changement climatique en Afrique en s’appuyant sur des systèmes agroforestiers durables. Il utilise l’approche Water Energy Food Ecosystems (WEFE/Eau-Énergie-Alimentation-Écosystèmes), plaçant la sécurité de l’eau au centre de la conception, de l’installation et de la gestion des systèmes agroforestiers pour répondre à des défis : sécheresse, dégradation des terres, rareté de l’eau, etc.
Zouhour HARBAOUI
