Le secrétaire d’État chargé de la transition énergétique, Wael Chouchane, a affirmé que la maîtrise de l’énergie est devenue «une question de souveraineté nationale et de résilience économique» dans un contexte marqué par des crises mondiales qui ont mis en évidence le lien entre la sécurité des États et leur capacité à contrôler leur système énergétique.
Il a souligné que la transition énergétique ne se limite pas à la production d’électricité à partir de sources renouvelables, mais inclut également la maîtrise de la demande énergétique et l’amélioration de l’efficacité énergétique.
S’exprimant à l’ouverture du congrès national sur la transition énergétique, placé sous le thème «Transition énergétique juste, durable et innovante», organisé par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME) les 20 et 21 mai 2026 à la Cité de la Culture à Tunis, Wael Chouchane a indiqué que la Tunisie fait face actuellement à un déficit énergétique atteignant 65% des besoins nationaux en 2025, avec des pressions croissantes sur les finances publiques et la balance commerciale.
Il a appelé, à ce propos, à transformer la transition énergétique en un projet économique et industriel national créateur de richesses et d’emplois, et renforçant la valeur ajoutée locale. Il a, également, souligné l’importance des partenariats internationaux et des investissements, tout en préservant l’indépendance de la décision nationale et la souveraineté énergétique du pays.
La Tunisie vit aujourd’hui un moment charnière de son histoire énergétique, entre la simple gestion des crises et l’édification d’un nouveau modèle énergétique renforçant la souveraineté nationale et la compétitivité de l’économie, a encore estimé Chouchane.
Le directeur général de l’ANME, Nafaa Baccari, a affirmé pour sa part que la Tunisie a été, en 1985, le premier pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, ainsi que du continent africain à créer une agence spécialisée dans la maîtrise de l’énergie,
Il a rappelé que la Tunisie a progressé de 27 places dans l’indice de transition énergétique du Forum économique mondial au cours de l’année écoulée, et qu’elle occupe la deuxième place en Afrique et dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. L’Agence internationale de l’énergie a classé l’expérience tunisienne parmi les modèles les plus efficaces et les mieux organisés au niveau mondial, a-t-il encore dit.
Nafaa Baccari a souligné que la transition énergétique n’est plus une option technique ou sectorielle, mais qu’elle est devenue un projet de société face aux changements climatiques et aux fluctuations des marchés mondiaux. Il a, à ce propos, affirmé que l’Agence s’oriente aujourd’hui vers de nouveaux rôles incluant la décarbonation industrielle, la valorisation des déchets et le déploiement des technologies propres.
Les nouveaux projets récemment approuvés, notamment dans plusieurs régions telles que ElKhobna, El Ksar, Gafsa et Menzel Habib, contribueront à renforcer la position de la Tunisie dans le domaine de la transition énergétique et à augmenter la contribution des énergies renouvelables à la production d’électricité, a notamment ajouté Baccari.
Il a précisé que la part de l’électricité produite à partir des énergies renouvelables est passée de 6% à 9% en un an, avec une prévision d’atteindre environ 16% dans deux ans, grâce aux nouveaux projets liés à l’autoproduction d’électricité et aux autorisations.
Il a affirmé que la Tunisie vise à atteindre 35% de production d’électricité à partir des énergies renouvelables d’ici à 2030, ce taux devant atteindre 50% à l’horizon 2035.
