L’Organisation internationale du travail (OIT) a publié, sur son site, le 27 mai, un article intitulé «Tunisia advances women’s entrepreneurship through a decade of coordinated action» («La Tunisie promeut l’entrepreneuriat féminin grâce à une décennie d’action coordonnée»). Retour sur 10 ans d’activités.
Dans l’article de l’OIT consacré à l’entrepreneuriat féminin, l’on peut lire qu’au cours de la dernière décennie, notre pays a pris des mesures importantes pour renforcer le soutien aux femmes entrepreneures grâce à une action coordonnée impliquant les institutions gouvernementales, les partenaires sociaux, les acteurs financiers, les organismes de soutien aux entreprises et d’autres parties prenantes, avec le soutien de l’Organisation internationale du travail.
Il est ajouté que ce qui avait commencé comme une évaluation nationale des obstacles rencontrés par les femmes entrepreneures s’est transformé en actions concrètes menées aux niveaux national et local. Au fil du temps, ces actions ont permis de renforcer les institutions, d’améliorer l’accès au financement et aux services d’accompagnement des entreprises et de créer de nouvelles opportunités pour les entreprises détenues et dirigées par des femmes, notamment dans les secteurs émergents liés à l’économie verte et numérique.
L’article rappelle que les efforts déployés par notre pays pour renforcer le soutien aux femmes entrepreneures se sont appuyés sur une évaluation du développement de l’entrepreneuriat féminin menée entre 2014 et 2016. Ce processus a réuni le gouvernement, les organisations d’employeurs et de travailleurs, les associations de femmes entrepreneures et d’autres acteurs nationaux afin d’analyser conjointement les principaux obstacles rencontrés par les femmes entrepreneures et d’identifier les domaines d’action prioritaires.
Parmi ces obstacles, les femmes entrepreneures se heurtent à un accès limité à des services financiers et à des marchés adaptés à leurs besoins, ainsi qu’à une faible représentation dans les débats politiques. Les normes sociales ont également été identifiées comme un facteur dissuasif pour les femmes de créer ou de développer une entreprise.
Un soutien financier renforcé
Il est rappelé que, s’appuyant sur les conclusions d’une évaluation, notre pays a adopté son premier Plan d’action national pour le développement de l’entrepreneuriat féminin (2016-2020), un plan établissant un cadre d’action coordonnée entre les ministères, les institutions financières, les organismes de soutien aux entreprises et la société civile.
Il est indiqué que l’un des premiers résultats obtenus a été le lancement, en 2017, par notre pays, de sa première ligne de financement publique dédiée aux femmes entrepreneures. Les efforts se sont, également, étendus au-delà de la politique nationale pour soutenir les actions menées au niveau des gouvernorats.
Ainsi, dans des régions comme La Manouba, Sfax et Nabeul, l’OIT a appuyé les institutions locales dans la mise en œuvre de services adaptés aux besoins des femmes, notamment des formations à l’entrepreneuriat et un meilleur accès au financement. Ces interventions ont également contribué à renforcer les débouchés commerciaux pour les femmes entrepreneures dans des secteurs tels que l’agriculture et l’artisanat, grâce à la collaboration entre les acteurs locaux.
En 2021, d’autres programmes de prêts garantis par le gouvernement et destinés aux femmes entrepreneures ont été lancés en partenariat avec la Banque nationale agricole et la Banque de financement des petites et moyennes entreprises.
Il est rappelé que la phase suivante des efforts de notre pays s’est concrétisée par le Programme National pour l’Entrepreneuriat Féminin et l’Investissement Sensible au Genre (programme «Raidat»/2022-2026), axé sur l’élargissement du soutien et l’introduction de nouvelles priorités.
Le soutien financier aux femmes entrepreneures a été renforcé par l’intermédiaire de nouvelles banques nationales.
Parallèlement, de nouveaux domaines tels que l’entrepreneuriat numérique et vert, ainsi que l’économie sociale et solidaire (ESS), ont été intégrés aux efforts nationaux.
Il est indiqué que l’OIT a, également, soutenu l’intégration de l’autonomisation économique des femmes dans le programme d’ESS, notamment dans les régions où leur taux d’activité restait le plus faible. Ce soutien comprenait la création et le développement d’entreprises collectives au sein de l’économie sociale et solidaire, contribuant ainsi à créer des opportunités économiques pour les femmes.
Environ 6 mille entreprises générant 12 mille emplois
D’autre part, l’OIT a également renforcé sa collaboration avec la Chambre Nationale des Femmes Chefs d’Entreprises (CNFCE), dans des domaines comme la recherche, la formation et le plaidoyer politique, ainsi que l’élaboration d’outils, notamment un guide des pratiques commerciales écologiques à destination des femmes entrepreneures.
En parallèle, l’OIT a soutenu l’élaboration de notre Plan d’action national «Genre et Changement Climatique», adopté en 2022, qui promeut la participation des femmes aux opportunités économiques liées au climat.
Pour l’OIT, une décennie d’actions a porté ses fruits. L’accès au financement pour les femmes entrepreneures s’est amélioré, grâce à des produits et services financiers adaptés proposés par plusieurs banques nationales. Selon nos autorités, environ 6 mille entreprises détenues et dirigées par des femmes ont été créées dans le cadre du plan d’action actuel, générant près de 12 mille emplois.
Des efforts ont également été déployés pour renforcer les institutions. Plus de 500 prestataires de services de développement des entreprises ont été formés pour offrir un soutien adapté aux réalités des femmes, contribuant ainsi à améliorer la qualité des services destinés aux femmes entrepreneures.
Cependant, l’article précise que, malgré les progrès accomplis, des inégalités structurelles persistent. Le taux d’activité des femmes s’élève à environ 26,6%, contre 64,9% pour les hommes. Elles ne représentent, par ailleurs, qu’environ 19% des chefs d’entreprise formels et restent concentrées dans des secteurs à faible productivité tels que les services, l’agriculture et l’artisanat.
Il est mentionné que notre pays prépare la prochaine phase de son travail à travers une stratégie nationale de promotion de l’entrepreneuriat féminin à l’horizon 2035, s’appuyant sur les enseignements de la dernière décennie tout en cherchant à lever les obstacles persistants et à élargir les opportunités économiques pour les femmes.
Zouhour HARBAOUI
