En marge d’un sommet réunissant une cinquantaine de ministres africains à Séoul, le ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, a plaidé pour un nouveau modèle de partenariat entre la Corée et l’Afrique, fondé sur l’industrialisation et le transfert technologique.
La Tunisie entend saisir le réalignement en cours des chaînes d’approvisionnement mondiales pour se positionner comme un tremplin stratégique en direction de l’Afrique, de l’Europe et du Moyen-Orient. C’est le message qu’a délivré le chef de la diplomatie tunisienne dans un entretien accordé à l’agence sud-coréenne Yonhap en marge de la réunion ministérielle Corée-Afrique, ouverte ce lundi à Séoul.
“La diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales n’est plus une option mais un impératif économique et sécuritaire », a-t-il déclaré.
Dans un contexte de tensions croissantes autour du détroit d’Ormuz et de redéploiement du trafic maritime mondial via le cap de Bonne-Espérance, redonnant aux ports africains un rôle central, Nafti a présenté la Tunisie comme un point d’ancrage naturel pour les entreprises coréennes en quête de relocalisation ou de diversification. Il a mis en avant la maturité industrielle du pays, ses infrastructures en développement et son capital humain qualifié.
« Au carrefour de l’Afrique, de l’Europe et du monde arabe, la Tunisie offre à la Corée du Sud une rampe de lancement », a-t-il souligné.
Par-delà la promotion de la Tunisie, le ministre a porté un message plus large à l’adresse de Séoul : l’Afrique attend désormais des partenariats industriels substantiels, qui reposent sur la construction d’usines de traitement, le développement logistique et les coentreprises manufacturières, et non plus une relation fondée sur l’extraction de ressources ou l’aide au développement traditionnelle.
« Le modèle de développement sud-coréen est inspirant pour le continent africain. Certaines de ses leçons méritent d’être transposées dans le cadre d’une coopération Sud-Sud renouvelée », a-t-il estimé.
La réunion de Séoul rassemble une cinquantaine de ministres africains des Affaires étrangères autour de l’agenda Corée-Afrique pour examiner les moyens de renforcer cette coopération, dans un contexte international marqué par la recomposition des alliances commerciales et la montée des tensions géopolitiques.
(D’après TAP)
