Par Slim BEN YOUSSEF
Cette guerre sans nom menée par l’entité sioniste et son suzerain étasunien contre l’Iran est un chef-d’œuvre d’hypocrisie balistique. Elle invoque la civilisation et répand les cendres. Elle brandit la « libération » et confisque la souveraineté. Devant leurs opinions publiques, ils osent dire que cette horreur — déjà lourde de cercueils, de ruines et d’impostures — viserait à « libérer » les Iraniens, à décréter leur bonheur futur. On bombarde un peuple au nom de son propre bien ; on détruit une nation au nom d’une « liberté » vassalisée, importée, administrée depuis l’extérieur. La liberté, ici, tombe du ciel avec ses éclats d’obus. On prétend affranchir un peuple en choisissant, à sa place, l’heure et la manière de son salut. En l’agenouillant. Messianisme mercantile : on théorise l’émancipation, on administre le deuil.
La menace nucléaire ? Invisible comme les preuves, muette comme la honte. Les missiles décollent chargés d’acier et de narratifs ; les bombardiers traversent un ciel saturé d’arguments creux. À force de traquer des armes imaginaires, on fabrique des ennemis bien réels. Une souveraineté blessée apprend vite à rendre les coups. La riposte iranienne le rappelle : on croyait affaiblir ; on ne fait que forger une détermination. L’histoire a la mémoire longue, et les empires l’amnésie courte.
Et puis il y a l’assassinat atroce de Khamenei. On dit « élimination ciblée » comme on parlerait d’une opération comptable. C’est un meurtre infâme. C’est une rupture du droit. Khamenei est, qu’on le veuille ou non, le chef d’État légal d’un pays membre de l’ONU. On négociait avec lui hier ; on l’abattrait comme un chef de cartel demain. Quand un État tue un chef d’État, il tue aussi la règle commune. La force nue enterre la parole ; l’arbitraire, la loi. Époque obscène : l’ère des prétextes hypocrites s’achève, entérinant le primat de la toute-puissance brute.
L’ultime argument des faibles ? La force. L’ultime refuge des colonialistes ? L’amnésie. Envahir au XXIᵉ siècle sous prétexte d’armes fantômes, après des siècles de traites, de pillages et de génocides masqués en « missions civilisatrices », c’est proposer une définition horrible de l’humanité.
Mais l’ivresse de la toute-puissance est un leurre. L’Occident croit offrir une leçon ; il donne un spectacle. Celui de sa faillite morale. L’Iran, lui, incarne la résilience des damnés de la terre : préparé, patient, prêt à rendre coup pour coup, mot pour mot.
Quant aux peuples du Sud ? Ils n’oublient pas. Ils comptent leurs morts, leurs cicatrices… et leurs options. C’est pour cela qu’ils se sentent solidaires de l’Iran.
