Le bac a débuté hier dans 5.988 centres d’examen et se poursuivra jusqu’au 10 juin. Une mobilisation massive, une surveillance renforcée et des mesures strictes contre la fraude encadrent cette échéance décisive pour l’avenir de 162.435 candidats dont 83% sont inscrits dans les établissements publics, 12% dans les établissements privés, tandis que 5% se présentent en candidats libres. Le ministère de l’Éducation a mis en place plusieurs mesures exceptionnelles au profit de certains candidats de la session principale du baccalauréat 2026.
Ainsi, 132 candidats ont bénéficié de sujets imprimés en caractères agrandis, 54 candidats ont reçu leurs épreuves en braille et 1.127 candidats ont disposé d’un tiers de temps supplémentaire pour chaque épreuve. Par ailleurs, 30 candidats ont passé les épreuves du baccalauréat dans des établissements pénitentiaires, tandis que trois enfants atteints de xeroderma pigmentosum («enfants de la lune») ont participé également à cette session.
Dès l’aube, les abords des centres d’examen ont été envahis par des candidats venus de toutes les filières, tous souhaitant décrocher leur sésame pour l’enseignement supérieur. Toutes les dispositions ont été prises pour garantir l’intégrité et l’égalité des chances entre les candidats. Le coup d’envoi a été donné avec l’épreuve de philosophie. Nous avons rencontré plusieurs candidats à la sortie du lycée pour recueillir leur ressenti encore à chaud. Comme chaque année, l’épreuve de philosophie ouvre le bal. Pas de panique non plus à la découverte des sujets. La majorité des candidats semblait plutôt détendue. Le marathon a débuté. Pour les littéraires, l’examen de philo comporte trois sujets au choix. Le premier sujet est intitulé «Il peut être important pour soi de prouver son existence aux autres, mais ce qui importe davantage, c’est d’établir une existence partagée». Le deuxième propose comme problématique : «Est-il impossible que le travail soit à la fois efficace et équitable ?». Le troisième sujet est un texte portant sur le concept du bien d’après un texte de Spinoza, un philosophe néerlandais célèbrepour son œuvre majeure, «L’Éthique», où il développe une vision rationaliste et panthéiste de Dieu et de la Nature et considère, en outre, qu’il n’y a pas de bien ni de mal. La philosophie de Spinoza repose sur le respect des lois de la nature, et donc sur le déterminisme. C’est un projet libérateur fondé sur l’apprentissage et la réflexion. A la sortie des classes, les avis des candidats étaient partagés. Samia,candidate en lettres, estime que les sujets sont abordables : «J’ai choisi le sujet relatif au travail.C’est un thème classique et facile qui a déjà été traité au cours de l’année». Samir a bien négocié le deuxième sujet sur l’existence. «Abordable», dit-il.«L’étude de texte de Spinoza est bien posée mais exige beaucoup d’efforts et d’attention», nous dit Héla qui était accompagnée par son père qui nous a affirmé que «sa présence aux côtés de sa fille est primordiale. Elle est fragile et j’essaie à chaque fois de lui rehausser le moral».
Confiants et enfin soulagés !
Les candidats issus des filières sciences, maths, techniques et économie-gestion, approchés hier aux différents centres d’examen, se disaient rassurés, jugeant l’épreuve de philosophie «abordable». Des groupes se formaient à l’extérieur des centres au fur et à mesure que les lycéens sortaient des salles d’examen. Le brouillon à la main, ils discutaient sur les sujets posés. Confiants et soulagés, ils donnaient l’impression d’être satisfaits aussi bien des sujets proposés que des conditions de déroulement de l’examen. La philosophie, épreuve très appréhendée, était facile et à la portée de tous. La première partie est composée de trois exercices. Le premier : «Est-ce le corps qui est le fondement de l’existence ?». Lesecond : «Renoncer à sa liberté, est-ce renoncer à sa citoyenneté». Le troisième est un texte intitulé «La magie de la réalité» de Richard Dawkins qui nous éclaire sur les grands mystères qui préoccupent l’humanité depuis ses origines. Il rappelle les explications parfois poétiques, souvent fantaisistes, que nos ancêtres avaient trouvées pour résoudre ces énigmes et dévoile dans un langage simple, à la portée de tous, les réponses rationnelles d’aujourd’hui. La deuxième partie est composée de deux sujets. Le premier : «Les limites du bonheur sont-elles confinées aux limites de la raison ?» Le second : «La mondialisation favorise-t-elle le dialogue des cultures ?» Les avis sont partagés. Lessujets proposés ont été finalement très abordables dans cette matière redoutée par les scientifiques. Sami, l’air soulagé, a estime que «le sujet de philosophie était facile et (qu’il) renvoyait au programme des cours dispensés durant l’année scolaire». Adnène, candidat au bac économie souligne que l’épreuve de philo est bien posée mais exige beaucoup d’efforts et d’attention. Un professeur de philo était sur les lieux à la sortie des candidats et nous confirmait que les sujets proposés étaient à la portée de tous. Sauf que certains candidats se laissent influencer par les pronostics qu’ils se transmettent via le portable à la veille de l’examen et qui se révèlent faux le jour de l’examen. «Un bon élève, a-t-il ajouté, ne doit jamais se fier à ces pronostics, il est censé assimiler tout le programme pour éviter les mauvaises surprises». Ali avait parié sur quelques sujets auxquels il a consacré beaucoup de temps et d’énergie au détriment d’autres. «Ce sont des thèmes inattendus qui ont été retenus, j’ai fait de mon mieux en espérant pouvoir décrocher au moins un dix», relate le jeune candidat. Après une pause de deux heures, les candidats ont passé la troisième langue étrangère (matière facultative). Les littéraires ontpassé également l’épreuve de mathématiques ou de sciences naturelles, alors que ceux de la filière Sportont été testés en informatique ou en histoire et géographie.
Kamel BOUAOUINA
