Par Ahmed NEMLAGHI
Dans un contexte marqué par les attentes sociales croissantes, les difficultés économiques et les débats autour de l’avenir des réformes engagées par l’État, le Président de la République Kaïs Saïed a réaffirmé sa volonté de poursuivre la voie qu’il considère comme celle de la souveraineté nationale et de la fidélité à la volonté populaire.
Le Chef de l’État a insisté maintes fois sur le fait que les problèmes auxquels la Tunisie est confrontée ne peuvent être résolus, à travers des mesures ponctuelles ou des solutions individuelles destinées à certaines catégories particulières. Selon lui, les défis actuels nécessitent au contraire des «solutions nationales globales» capables de traiter les déséquilibres structurels affectant plusieurs secteurs de l’État et de la société. Cette approche s’inscrit dans la continuité du discours politique défendu par Kaïs Saïed depuis plusieurs années, fondé sur la nécessité de reconstruire les institutions, de lutter contre les réseaux de corruption et de renforcer le rôle social de l’État dans un souci de justice et d’équité entre les citoyens. Le travail se poursuit «jour et nuit» afin de répondre aux aspirations qu’il qualifie de légitimes pour les Tunisiens, notamment en matière d’emploi, de développement régional, de transport, de santé, d’infrastructures et de services publics. Au-delà des annonces et des orientations générales, ces déclarations traduisent également la volonté du pouvoir exécutif de présenter les réformes en cours comme un processus global de redressement national. Dans cette logique, les difficultés économiques, les lenteurs administratives ou les dysfonctionnements observés dans certains services publics sont perçus non comme des problèmes isolés, mais comme les conséquences accumulées de plusieurs décennies de mauvaise gouvernance, de corruption et d’affaiblissement des institutions.
Lutter contre le relâchement et la négligence administrative
Depuis son accession à la magistrature suprême, Kaïs Saïed n’a cessé d’insister sur la nécessité de «purifier» les institutions de l’État et de restaurer leur efficacité afin qu’elles retrouvent pleinement leur rôle au service du citoyen. Cette orientation s’est traduite par plusieurs réformes et par des appels répétés adressés aux responsables administratifs et politiques afin qu’ils assument pleinement leurs responsabilités. Dans ses dernières déclarations, le Chef de l’État a d’ailleurs adressé un message clair aux responsables publics, estimant que chaque responsable devait être à la hauteur de la mission qui lui est confiée. Il a rappelé que la confiance accordée par l’État implique des obligations de résultat, de sérieux et de proximité avec les préoccupations réelles des citoyens. Cette insistance sur la responsabilité des cadres et des responsables intervient dans un contexte où plusieurs secteurs publics font l’objet de critiques liées à des retards, des défaillances administratives ou un manque d’entretien des infrastructures publiques. Les récentes visites inopinées effectuées par le Chef de l’Etat dans plusieurs régions du pays ont d’ailleurs mis en lumière l’état de certains établissements publics, routes, équipements collectifs ou services administratifs. À plusieurs reprises, il a dénoncé ce qu’il considère comme une forme de relâchement ou de négligence administrative incompatible avec les attentes des Tunisiens. Pour lui, la reconstruction de l’État passe nécessairement par une administration plus efficace, plus rigoureuse et davantage tournée vers l’intérêt général.
Rôle des jeunes dans la reconstruction économique
Mais au-delà de la critique des dysfonctionnements, le Président de la République a également mis l’accent sur un autre élément central de son discours : la confiance accordée à la jeunesse tunisienne. Les jeunes disposent en effet, des compétences, des capacités intellectuelles et de l’énergie nécessaires pour participer pleinement à la gestion des affaires publiques et contribuer au renouveau des institutions. Dans cette perspective, toute personne qui ne serait pas à la hauteur de la confiance placée en elle pourrait être remplacée par de jeunes compétences capables d’assumer des responsabilités dans un avenir proche. Cette référence récurrente à la jeunesse occupe une place importante dans le discours présidentiel depuis plusieurs années. Elle repose sur l’idée que les nouvelles générations doivent jouer un rôle moteur dans la reconstruction économique, sociale et institutionnelle du pays. Dans un contexte marqué par le chômage des diplômés, les difficultés économiques et parfois le découragement d’une partie de la jeunesse, cette orientation vise également à redonner confiance aux jeunes Tunisiens et à leur rappeler qu’ils ont un rôle essentiel à jouer dans l’avenir du pays.
Gestion des affaires publiques et institutions de l’État
Le Chef de l’État a également tenu à répondre à ses détracteurs et aux critiques relayées sur les réseaux sociaux ou dans certains espaces médiatiques. Il a affirmé que «l’État ne se gère ni par les publications sur les réseaux sociaux, ni par les gesticulations, ni par les mensonges», rappelant que la gestion des affaires publiques repose avant tout sur les institutions de l’État et sur le respect des mécanismes institutionnels. Cette déclaration traduit une nouvelle fois la volonté de Kaïs Saïed de mettre en avant la centralité des institutions dans la conduite de l’action publique. Depuis plusieurs années, le Président Kaïs Saïed insiste régulièrement sur le fait que la stabilité de l’État tunisien dépend de la solidité de ses institutions et de leur capacité à fonctionner loin des pressions, des intérêts particuliers ou des campagnes de désinformation. Dans un environnement régional et international marqué par de nombreuses tensions, cette insistance sur les institutions vise également à rassurer sur la continuité de l’État et sur sa capacité à faire face aux tentatives de déstabilisation.
Lutter contre la corruption et renforcer les secteurs productifs
Le Président de la République a ainsi réaffirmé sa confiance dans le peuple tunisien et dans sa capacité à surmonter les difficultés actuelles. La Tunisierestera forte grâce à l’attachement de ses citoyens à leur patrie et à leur volonté de défendre la souveraineté nationale face aux différentes formes de pressions ou de manipulations. Cette notion de souveraineté occupe une place centrale dans la vision politique défendue par Kaïs Saïed. Elle ne se limite pas aux seules questions diplomatiques ou sécuritaires, mais englobe également la souveraineté économique, alimentaire, institutionnelle et sociale. Dans cette logique, les réformes engagées par l’État sont présentées comme des instruments destinés à permettre à la Tunisie de compter davantage sur ses propres moyens, ses ressources humaines et ses compétences nationales. Le discours présidentiel insiste ainsi régulièrement sur la nécessité de rompre avec certaines formes de dépendance économique, de lutter contre les monopoles, la spéculation et la corruption, mais aussi de renforcer les secteurs productifs stratégiques comme l’agriculture, les transports ou les services publics. Il est nécessaire de maintenir le cap politique qu’il a fixé depuis plusieurs années, malgré les critiques et les difficultés conjoncturelles. Il présente cette orientation comme une continuité historique visant à répondre aux aspirations populaires exprimées depuis plusieurs années en faveur de davantage de justice sociale, de dignité et de souveraineté nationale.
Transformer les ambitions politiques en réalisations concrètes
Reste que la réussite de cette démarche dépendra largement de la capacité des institutions à traduire ces orientations en résultats concrets dans la vie quotidienne des citoyens. Car au-delà des discours et des principes, les Tunisiens attendent surtout des améliorations tangibles en matière de pouvoir d’achat, d’emploi, de qualité des services publics et de développement régional. Le défi pour les autorités consiste désormais à transformer les ambitions politiques en réalisations concrètes capables de restaurer durablement la confiance entre l’État et les citoyens.
Dans cette perspective, l’Etat continue de miser sur la mobilisation des institutions, la responsabilisation des responsables publics et l’implication des jeunes générations pour construire ce qu’il présente comme une nouvelle étape de l’histoire de la Tunisie.
Une étape que le Chef de l’État souhaite placer sous le signe de la souveraineté, de la justice sociale et de la confiance dans les capacités du peuple tunisien à bâtir son avenir «de ses propres mains».
En définitive, à travers ces déclarations, Kaïs Saïed réaffirme une ligne politique fondée sur la souveraineté nationale, le rôle central des institutions et la recherche de solutions globales aux difficultés économiques et sociales que traverse le pays. Au-delà des débats et des divergences, le véritable enjeu demeure désormais celui de l’efficacité et de la concrétisation des réformes sur le terrain, afin de répondre aux attentes des citoyens en matière de dignité, d’emploi, de justice sociale et de qualité des services publics.
Confiance renouvelée entre l’État et les citoyens
Dans un contexte régional et international marqué par les incertitudes, les autorités tunisiennes cherchent ainsi à consolider un modèle reposant davantage sur les capacités nationales, la responsabilisation des responsables publics et l’implication des jeunes générations dans la conduite des affaires de l’État. Car pour le pouvoir en place, la stabilité du pays et la préservation de sa souveraineté passent avant tout par des institutions solides, une administration plus efficiente et une confiance renouvelée entre l’État et les citoyens. La réussite de cette orientation dépendra toutefois de la capacité à transformer les principes annoncés en résultats concrets perceptibles dans la vie quotidienne des Tunisiens. C’est à cette condition que les notions de justice sociale, de souveraineté et de volonté populaire pourront pleinement trouver leur traduction dans la réalité économique et sociale du pays.
