Le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, chargé des Eaux, Hamadi Habib, a souligné l’importance de renforcer les efforts de coordination et de préparation afin de garantir les meilleures conditions d’approvisionnement des citoyens en eau potable et en électricité durant l’été 2026, tout en assurant la continuité et la qualité des services essentiels.
S’exprimant lors d’une réunion consacrée à l’évaluation du niveau de préparation des différentes infrastructures et équipements hydrauliques et électriques, en présence des présidents-directeurs généraux de la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) et de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG), le secrétaire d’État a appelé à la mise en œuvre de plans préventifs visant à assurer la continuité des services vitaux, en particulier dans les régions soumises à une forte pression sur les ressources hydriques durant la saison estivale.
En outre et selon un communiqué publié par le ministère de l’Agriculture, le secrétaire d’État a souligné la nécessité d’assurer un suivi régulier de l’état des réseaux et des infrastructures, ainsi que de garantir une intervention rapide pour remédier à tout dysfonctionnement susceptible d’affecter la qualité des services ou la continuité de l’approvisionnement.
Abordant la question de l’impact des coupures d’électricité sur les systèmes de production, de transport et de distribution de l’eau, il a été rappelé que les stations de pompage, de traitement et de distribution dépendent étroitement de l’alimentation électrique. «Par conséquent, toute panne ou interruption de courant est susceptible d’entraîner des perturbations dans l’approvisionnement en eau potable ou une baisse de pression au niveau des réseaux», précise le communiqué.
Par ailleurs, la réunion a permis d’examiner les moyens d’accélérer la réalisation des projets hydrauliques en cours, ainsi que leur raccordement au réseau électrique dans les délais fixés. «L’objectif est d’assurer leur mise en exploitation dans les meilleures conditions et de renforcer les capacités d’approvisionnement en eau potable durant la période de pointe estivale», indique le communiqué.
Eau potable : 81 projets mobilisés
Les principaux axes évoqués lors de cette réunion s’inscrivent dans le prolongement des décisions arrêtées lors du Conseil ministériel restreint consacré à la sécurité hydrique, tenu le 10 juin 2026. À cette occasion, une série de mesures a été adoptée afin de renforcer l’approvisionnement en eau potable et d’améliorer la gestion des ressources en eau, notamment à l’approche de la saison estivale.
Dans ce cadre, le secrétaire d’État chargé de l’Eau, Hamadi Habib, a présenté un état des lieux des ressources hydriques du pays, du niveau de remplissage des barrages, ainsi que du plan de sécurisation de l’approvisionnement en eau potable pour l’été 2026.
«Le programme destiné à garantir l’approvisionnement en eau potable durant cette période repose sur 81 projets, dont 35 en cours de réalisation, pour un coût global de 58 millions de dinars. À cela s’ajoute l’accélération de la mise en œuvre de 187 systèmes d’alimentation en eau, au profit de près de 248.000 habitants, avec des investissements estimés à 147 millions de dinars», a-t-il révélé.
74.515 MDT prévus dans le cadre de la stratégie de l’eau à l’horizon 2050
Au-delà des mesures arrêtées pour sécuriser l’approvisionnement durant l’été 2026, le Conseil ministériel a également examiné les grandes orientations destinées à améliorer de manière structurelle et durable le secteur de l’eau potable et de l’irrigation. Dans cette perspective, les discussions ont porté sur les programmes issus de l’étude stratégique de l’eau à l’horizon 2050, ainsi que sur les projets envisagés pour la période 2026-2030.
Selon le communiqué publié par la présidence du gouvernement, cette stratégie nationale s’articule autour de quatre axes majeurs, regroupant 43 programmes et près de 1.200 mesures, pour un volume d’investissements estimé à 74.515 millions de dinars. Le communiqué précise que plus de la moitié de ces investissements, soit 53%, sera consacrée à la valorisation des ressources en eau non conventionnelles, ainsi qu’à la réalisation de projets prioritaires visant à mobiliser davantage de ressources hydriques, à améliorer la performance des réseaux d’eau potable et d’irrigation, à préserver les terres agricoles et à promouvoir la collecte des eaux de pluie.
Dans le même élan, la stratégie accorde une place centrale à la transition énergétique, considérée comme un levier essentiel pour maîtriser les coûts de production et de transport de l’eau potable. À cet égard, l’État prévoit la poursuite du programme de transition énergétique pour la période 2026-2035, à travers plusieurs actions structurantes, notamment la réalisation d’audits énergétiques, la modernisation des stations de pompage, le déploiement de réseaux intelligents et la mise en place de centrales photovoltaïques d’une capacité totale de 225 mégawatts.
Dans cette continuité, l’objectif affiché est de renforcer la gouvernance énergétique du secteur et de réduire progressivement le poids de l’énergie dans le coût de production et de distribution de l’eau. Le gouvernement ambitionne ainsi de ramener cette part à 17% d’ici à 2030, contre 27% en 2025.
Nouha MAINSI
