La proximité favorise l’intérêt et les possibilités d’initiatives concrètes. L’Association d’Education Relative à l’Environnement de Hammamet (AERE) est une association locale très active. Elle enchaîne depuis sa création en 2001 les projets de qualité.
A titre d’exemple, en l’espace de quelques mois, elle a conçu et réalisé une exposition virtuelle sur l’écosystème marin méditerranéen intitulée «Sauvons la Méditerranée», initié la création du réseau associatif local de Hammamet, pris une part active aux travaux de la Conférence des parties du projet RESMYLE, mobilisé des centaines de jeunes lors de la campagne «J’adopte un arbre», organisé un campus euro-méditerranéen pour la création d’un circuit de découverte du Centre culturel international de Hammamet et un autre pour l’élaboration d’un guide des bâtiments patrimoniaux de Hammamet, achevé la création d’une éco-école pilote, créé l’éco-incubateur «DEMARRI» pour accompagner les jeunes éco-entrepreneurs et édité de nombreux supports didactiques sur le patrimoine naturel et culturel de la ville de Hammamet. Le capital de sympathie dont elle jouit n’est aucunement le fruit du hasard. Et pour cause : ses actions, même les plus modestes d’entre elles, obéissent à une pédagogie de projet et visent à obtenir l’implication effective du citoyen, condition sine qua non de leur réussite. De plus, dans ses projets de proximité, l’AERE réserve toujours une place importante aux actions de terrain qui se soldent par une réalisation concrète de proximité au profit des bénéficiaires et qui ont un impact immédiat sur leur cadre de vie.
Investir dans la jeunesse et l’interculturel
«C’est la fièvre de la jeunesse qui maintient le monde à la température normale. Quand la jeunesse se refroidit, le reste du monde claque des dents», (G. Bernanos). Chantiers internationaux, campus euro-méditerranéens, manifestations de jeunesse…. sont autant d’évènements qui permettent aux jeunes de cultures différentes de se rencontrer, de partager idées et expériences et de participer à un projet de développement local», précise Dr Salem Sahli, président de l’AERE.
«Ces activités à l’adresse des jeunes, ajoute-t-il, favorisent l’exercice local de la citoyenneté et permettent aux jeunes volontaires débordant d’enthousiasme et d’énergie positive de s’impliquer davantage sur le terrain et d’apporter leur propre pierre à l’édifice que nous voulons tous construire : un monde plus juste, plus humain et plus agréable. L’éducation à la citoyenneté, à l’environnement, à la santé, l’éducation sportive, artistique, scientifique, éducation, religieuse… doivent se croiser, se conjuguer pour que les élèves d’aujourd’hui deviennent les éco-citoyens de demain. Lorsqu’on invitera le professeur d’histoire, d’arabe, de mathématiques, d’économie… à faire de l’éducation à l’environnement, alors là, on entrera vraiment dans la dimension environnementale globale. Les puristes disent systémique».
Quel est l’environnement envisagé ?
De l’école au quartier et du quartier à la ville, le but n’est pas de donner aux enfants et aux jeunes des connaissances théoriques, mais bien de les amener à appréhender autrement leur quartier et leur ville avec l’appui de ceux qui sont des repères dans la vie de quartier (écoles, associations, commerces, services municipaux…). N’est-ce pas là la meilleure façon de réveiller en eux une citoyenneté endormie et de mettre en place une gestion du cadre de vie plus performante ? Surtout ne pas oublier d’évaluer les activités entreprises. Selon Dr Salem Sahli, «trois questions méritent d’être posées à ce propos : quel est l’environnement envisagé ? Il faudrait avoir travaillé aussi bien dans l’environnement naturel que dans l’environnement anthropique. Quels sont les objectifs éducatifs ? Développer des connaissances, des savoir-faire, mais aussi des savoir-être, des compétences transversales (apprendre à apprendre) et des comportements environnementaux. Enfin, quelles sont les méthodes pédagogiques employées ? Au minima, a-t-on évité la simple «transmission de matières ». Et pour quels résultats ? Au minimum, susciter l’intérêt et accroître la sensibilisation (le Smic) ou mieux, changer le comportement. Mais quand les attitudes reposent sur des principes, des valeurs et des dimensions morales, alors nous pourrons dire que l’éducation à l’écocitoyenneté aura atteint son but ultime.
Kamel BOUAOUINA
