L’agence de notation Fitch Ratings vient de confirmer la note de défaut émetteur à long terme de la Tunisie à « B- » avec une perspective stable.
D’après un communiqué, publié mardi, par l’agence, « la notation « B- » de la Tunisie reflète un PIB par habitant et des indicateurs de développement humain supérieurs à ceux de ses pairs, une économie diversifiée dotée d’une main-d’œuvre qualifiée et une situation extérieure résiliente malgré les chocs externes ».
« Ces atouts sont contrebalancés par une dette publique et des déficits budgétaires élevés, une vulnérabilité budgétaire aux chocs externes due à d’importantes subventions et des besoins de financement considérables », a-t-elle encore noté.
Fitch Ratings, qui prévoit « une croissance du PIB réel de la Tunisie de 2% en moyenne sur la période 2026-2028 », a souligné que « le déficit du compte courant tunisien (DCC) atteindra 3,9% du PIB en 2026, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie, qui accentuera le déficit commercial, malgré des recettes d’exportation d’huile d’olive favorables (+44% en glissement annuel au premier semestre 2026) et de solides performances du compte des services ». Ceci, entrainera « une baisse des réserves en devises à 3,3 mois de paiements extérieurs courants (PEC) en 2026 ».
« Un resserrement du DCC sous la barre des 2,5%, est attendu, en 2027 et 2028 », a encore noté l’agence de notation, estimant que cela « permettra aux réserves internationales de remonter à 3,7 mois de PEC en 2028 ».
S’agissant du déficit budgétaire, elle a noté qu’il devrait atteindra 6,4% du PIB en 2026, en raison d’une hausse de 0,8 point de pourcentage du coût des subventions aux carburants, avant de diminuer progressivement jusqu’en 2028, à condition que le prix du pétrole baisse.
Pour ce qui est de la dette publique, elle augmenterait légèrement pour atteindre 85% du PIB en 2026 et resterait globalement stable jusqu’en 2028, bien au-dessus de la médiane de 55% prévue pour 2028.
Fitch Ratings s’attend, en outre, à « une baisse des besoins de financement budgétaire, hors refinancement de la dette à court terme, lesquels resteront néanmoins élevés, à 13,5% du PIB en 2028 ».
Rappelant que la Banque Centrale de Tunisie (BCT) avait octroyé des prêts à taux zéro d’un montant de 7 milliards de dinars en 2024 (4,4% du PIB) et 2025 (4,1% du PIB), et qu’un prêt de 11 milliards de dinars est prévu dans le projet de loi de finances 2026 (6,1% du PIB attendu). L’agence a estimé « que le financement de la BCT devrait prendre fin en 2027, compte tenu de l’absence d’importants remboursements de dettes externes ».
Sur un autre registre, elle a estimé que les pressions inflationnistes demeurent limitées, tablant sur une hausse modérée de l’inflation moyenne, qui atteindra 5,7% en 2026, avant de redescendre à 5% en 2028, un niveau nettement inférieur à la moyenne de 8,3% enregistrée entre 2022 et 2024.
Pour ce qui est du taux de change effectif réel de la Tunisie, elle a rappelé que le FMI a fait état de son appréciation de 24% entre 2019 et 2025, grâce à une stabilité générale du taux de change nominal par rapport aux principales devises et à un différentiel d’inflation positif important avec ses partenaires commerciaux.
