Deux matchs, deux défaites : un très mauvais bilan qui aurait pu passer inaperçu si son auteur ne s’appelait pas Club Sportif Féminin de Moknine. Celui-ci avait, souvenons-nous, dominé de la tête et des épaules la saison dernière matérialisée par un retentissant doublé dont personne ne pouvait contester le mérite. Même pas le seigneur Club Africain qui régnait, jusque-là, sans partage. Au milieu de l’extraordinaire euphorie qui a suivi cette double consécration dans une ville (Moknine) en fête, les dirigeants du club n’ont pas alors hésité à «jurer» que les ambitions sont devenues si grandes qu’il va falloir désormais conquérir l’Afrique. Une visée expansionniste tout à fait légitime, l’équipe ne manquant ni d’effectif de haut niveau, ni de puissance financière, ni encore de stabilité administrative.
Douloureux revers de la médaille
Et patatrac, le revers de la médaille que personne n’imaginait. Les premiers ennuis ont commencé avec la privation des joueuses de la prime du doublé qu’on leur a promise, et cela, expliquaient les responsables, «parce que la caisse affichait zéro millime, le déblocage des dernières tranches des subventions annuelles allouées par les autorités régionales et locales et les sponsors étant continuellement reporté aux calendes grecques». Plusieurs semaines après, et ne voyant plus rien venir, les héroïnes de ce doublé historique ont finalement perdu patience. Résultat : démission des internationales Sondes Hachana, Mariem Rezgui et Soumaya Belhadj. Aux dernières nouvelles, elles seraient imitées par d’autres de leurs copines, dont Selma Ben Hassine et Mariem Gmar. Ainsi vidée de ses principaux atouts, l’équipe ne vaut plus rien. La preuve : elle a subi, lors de ses deux premières sorties, deux défaites très lourdes qui frôlent l’humiliation.
Maintenant, il ne s’agit plus de savoir pourquoi on est subitement descendu si bas. Le mal étant fait, le plus important est de savoir comment sera la suite des évènements. Parviendra-t-on à redresser la barre en stoppant la traversée du désert ou serait-ce la fuite en avant ?
Mohsen ZRIBI
