«Une nouvelle plateforme d’écoute à distance sera prochainement lancée dans le cadre du programme exécutif consacré à la lutte contre les phénomènes émergents et les comportements à risque», a annoncé le ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri.
Lors d’une visite de travail effectuée, samedi 26 septembre 2026, au gouvernorat de Mahdia, le ministre a indiqué, dans une déclaration à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), que la mise en place de cette plateforme se fera en coordination avec les ministères de l’Éducation, de la Santé et des Affaires sociales.
«La mise en œuvre du plan exécutif débutera au cours du mois d’octobre prochain», a-t-il précisé.
Dans ce même contexte, le ministre a souligné que ce programme est le fruit d’une réflexion commune et d’une collaboration impliquant près d’une dizaine de ministères, avec pour objectif d’apporter une réponse globale aux différents risques auxquels peuvent être exposés les enfants et les adolescents.
«Le plan prévoit également l’intervention de plusieurs acteurs au sein des établissements scolaires. Des animateurs des maisons de jeunes, ainsi que des cadres du ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées et des professionnels de santé, pourront ainsi assurer des séances éducatives et de sensibilisation auprès des élèves», a-t-il expliqué.
Par ailleurs, le ministre a indiqué que dix minutes seront consacrées, dans le cadre des cours d’éducation sociale, à la sensibilisation des élèves, notamment aux risques liés au numérique et à la cybersécurité, ainsi qu’aux moyens de prévention et de protection.
Heures creuses : les élèves interdits de quitter leur établissement
Au-delà des actions de sensibilisation, le dispositif prévoit également un renforcement des mesures d’encadrement et de surveillance au sein des établissements scolaires.
Parmi les principales mesures annoncées figure notamment l’interdiction pour les élèves de quitter leur établissement en dehors des horaires prévus dans leur emploi du temps.
À ce propos, Nadia Ayari, directrice générale de l’enseignement primaire au ministère de l’Éducation, a indiqué, dans une déclaration à une radio privée, que le ministre de l’Éducation avait adressé, la semaine dernière, une note aux directions régionales de l’Éducation ainsi qu’aux directeurs des établissements scolaires.
Cette note vise notamment à renforcer l’organisation et la sécurité au sein des établissements, à travers une meilleure réglementation des conditions d’ouverture et de fermeture des établissements, ainsi que le renforcement du contrôle des agents chargés de la surveillance.
Dans ce même contexte, la responsable a précisé que la note interdit aux élèves de quitter leur établissement en dehors des horaires prévus dans leur emploi du temps, quelle qu’en soit la raison. «Cette disposition concerne notamment les heures creuses, lorsqu’aucun cours n’est pas programmé, mais également les situations liées à l’absence d’un enseignant», a-t-elle souligné.
La directrice générale de l’enseignement primaire a, par ailleurs, précisé que cette mesure concerne tous les niveaux d’enseignement, de l’école primaire jusqu’aux autres cycles éducatifs.
Elle a ainsi expliqué que cette nouvelle stratégie repose sur une approche interministérielle. «Onze ministères sont associés à cette démarche, parmi lesquels le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, le ministère des Technologies de la Communication ainsi que le ministère de l’Environnement», a-t-elle affirmé.
«Pas de manque d’enseignants, mais une surcharge dans certains établissements»
Au-delà des mesures de prévention et du renforcement de l’encadrement des élèves, les conditions d’accueil et la répartition des effectifs dans les établissements scolaires constituent également un enjeu pour le ministère de l’Éducation.
À ce propos, le ministre de l’Éducation avait souligné que les préparatifs de la rentrée scolaire avaient été menés de manière anticipée, assurant que les établissements ne souffraient ni d’un manque d’enseignants ni d’un déficit en espaces scolaires.
Il a toutefois reconnu l’existence d’une surcharge dans certains établissements, principalement pour des raisons sociales et démographiques. «Certains établissements connaissent une forte concentration d’élèves, contrairement à d’autres qui enregistrent des effectifs moins importants», a-t-il expliqué.
Le ministre a ainsi assuré que cette situation fera l’objet d’un traitement spécifique au cours de la prochaine année scolaire, avec pour objectif de parvenir à une meilleure répartition des élèves et de réduire les disparités entre les établissements.
Nouha MAINSI
