Le consommateur lambda continue depuis quelques années déjà à contempler nos fruits de saison, savamment exposés chez les multiples revendeurs, sans pour autant pouvoir en acheter. Car leurs prix restent exorbitants depuis leur arrivée sur les étalages, jusqu’à leur départ. Ces prix changent pourtant à valeur de quelques centaines de milliers en moins ou en plus.
Ce qui n’est pas de nature à arranger les choses. Une scène et une situation lamentables nées d’une incompatibilité entre le faible pouvoir d’achat du simple consommateur et les prix fous affichés. Le fait est là, car un bon nombre de «ménages» ne peuvent plus «prendre» de ces très chers fruits devenus, désormais, un produit de luxe, qui pourrait devenir un cadeau d’anniversaire. Pour plaisanter et extrapoler un peu. La solution pour le consommateur serait de faire une sorte de résistance en achetant des fruits, malgré tout ! En toute petite quantité pour ne pas rester sans dessert. Ainsi, et devant la situation difficile qui règne sur le marché des opérations de vente et d’achat, il se contentera un jour de 250 grammes de raisin, un autre jour de deux pommes, et ainsi de suite, pour prendre le surlendemain deux poires et les jours d’après une pastèque moyenne qu’il partagera sur trois jours. Il en sera de même pour un melon. La solution du boycott de tous ces doux fruits en est une autre. Mais, à quoi bon ? Car, ne vaudrait-il pas chercher la bonne solution pour ne rien perdre, au bout du compte. Pour un citoyen d’un certain âge, il en a vu des vertes et des pas mûres, dans la mesure où il mangeait les fruits à satiété pour «trois fois rien». Aujourd’hui, il en déguste, en attendant que la situation s’arrange, afin qu’elle puisse contenter et les producteurs et les consommateurs.
Figues de barbarie à prix trop piquants
On allait oublier les figues de barbarie qui étaient considérées, il y a des dizaines d’années, comme étant le fruit du citoyen à faible revenu. Mais leur prix est devenu inabordable, pour ne pas dire inimaginable depuis plusieurs années. Tout d’abord, elles n’arrivent plus à la fin de l’été, mais en son beau milieu et à prix fort, soit, à titre d’exemple, à deux dinars les quatre pièces. Deux semaines après, elles deviennent à 1 dinar ou à 1 dinar 500 millimes pour des pièces pas grandes du tout. On en profite pour en consommer un peu ou même beaucoup, parfois. Mais on sera surpris, quelques jours après, de l’augmentation du prix de ces fruits, devenus plus grands et revendus à quatre et même à six et à huit dinars ! Là où l’on ne peut plus en consommer, même une seule pièce. A la fin de l’été, et au moment où la consommation des figues de barbarie est normalement propice, on se retrouve dans une situation paradoxale où l’on va dire adieu à ces fruits insolites, et qui sont pourtant en abondance. Elles piquent trop, faut-il le rappeler.
Lotfi BEN KHELIFA
