Le développement de la télémédecine et l’élargissement de l’accès aux soins, tels sont les objectifs de la conférence internationale sur la santé numérique «TeleHealth Connect Tunisia 2026» dont les travaux ont démarré ce mardi à Tunis.
Organisée sur trois jours, la conférence réunit des experts et des représentants d’une trentaine de pays, ainsi que des institutions internationales d’Afrique, du Moyen-Orient, d’Europe, d’Asie et des Etats-Unis.
Les participants discuteront du rôle de la digitalisation dans le rapprochement des services de santé des régions éloignées, ainsi que dans l’amélioration du diagnostic et du suivi médical.
Ils se pencheront également sur les défis liés à la protection des données personnelles, à la gouvernance de l’intelligence artificielle et à la cybersécurité, outre l’échange d’expériences et l’identification de projets de coopération régionale dans le domaine de la santé numérique.
A l’ouverture de la conférence, le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, a souligné que la digitalisation constitue un outil essentiel pour parvenir à l’équité en matière de santé et faciliter l’accès aux soins spécialisés.
Il a annoncé qu’à l’issue des travaux de la conférence, une déclaration de principes majeurs dans le domaine de la santé numérique devrait être adoptée, axée notamment sur l’équité d’accès aux services de santé, la protection des données personnelles et le renforcement de la cybersécurité.
Intitulée «Déclaration de Tunis pour une transformation numérique de la santé équitable, sûre et humaine», cette déclaration reposera, selon le ministre, sur plusieurs principes, dont la confiance entre le corps médical et le patient, l’équité d’accès aux services de santé dans les différentes régions, le respect et la protection des données personnelles, ainsi que la cybersécurité et la souveraineté sanitaire sur les données.
Elle prévoit également de renforcer l’autonomie de la Tunisie dans le domaine de l’intelligence artificielle et de favoriser son développement par des compétences tunisiennes associant ingénieurs et médecins.
Lors d’un point de presse tenu en marge de la rencontre, Mustapha Ferjani a présenté l’expérience de l’hôpital numérique tunisien. Il a indiqué que plus de 32 établissements hospitaliers avaient été équipés, au cours de l’année, de dispositifs d’imagerie médicale à distance fonctionnant tout au long de la semaine, permettant la réalisation de plus de 120 mille examens radiologiques depuis la mise en service de l’hôpital numérique.
Le ministre a également fait état du développement des consultations à distance ajoutant que la Tunisie échange son expertise avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et que plus de 3 mille patients ont déjà bénéficié de consultations médicales à distance.
«Sahetna», le dossier médical
De son côté, la spécialiste en radiologie au sein de l’équipe de l’hôpital numérique, Habiba Mizouni, a indiqué que l’organisation de cette rencontre internationale en Tunisie reflète les efforts déployés pour digitaliser le secteur de la santé et améliorer les prestations.
Elle a précisé que le service d’imagerie médicale répond aux besoins des régions en matière d’examens radiologiques et d’imagerie par résonance magnétique (IRM).
La Tunisie travaille également sur un projet de dépistage du cancer du sein à l’aide des nouvelles technologies, ainsi que sur le développement de la plateforme «Sahetna», qui permettra aux citoyens d’accéder à distance à leur dossier médical, à leurs rendez-vous et aux résultats de leurs analyses.
Sa mise en service interviendra après l’achèvement de la phase de test et la garantie de la protection des données personnelles, a-t-elle ajouté.
Pour sa part, le secrétaire général de l’Organisation arabe des technologies de l’information et de la communication (AICTO), Mohamed Ben Amor, a estimé que l’enjeu consiste à passer d’initiatives dispersées en matière de santé numérique à un système régional durable et évolutif.
Il a souligné que l’intelligence artificielle ouvre de nouvelles perspectives en matière de diagnostic précoce, d’aide à la décision médicale, d’analyse des données et de suivi des patients à distance.
Il a, toutefois, souligné la nécessité d’accompagner les avancées technologiques par des mesures de protection des données, le renforcement de la cybersécurité et une gouvernance appropriée de l’utilisation de l’intelligence artificielle.
Dans une allocution prononcée à distance à l’ouverture de la conférence, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a souligné que la transformation numérique du secteur de la santé nécessite des ressources, de la coopération et des investissements, ainsi que des cadres juridiques et réglementaires permettant de garantir que les innovations en matière de santé bénéficient à ceux qui en ont besoin.
Il a appelé à une coopération entre les gouvernements, les partenaires et les bailleurs de fonds, exhortant à orienter les investissements de manière stratégique et à garantir l’accès des populations les plus vulnérables aux innovations numériques susceptibles de sauver des vies.
