«Les structures statistiques du ministère du Commerce ont estimé le coût de la rentrée scolaire pour une famille à revenu moyen ou modeste à 153 dinars pour un élève de première année de l’enseignement primaire, 229 dinars pour un élève de septième année et 276 dinars pour un élève de quatrième année secondaire», a indiqué Ramzi Trabelsi, directeur de l’Observatoire national de l’approvisionnement et des prix au ministère du Commerce.
Dans une interview accordée à la Radio nationale, il a précisé que ce coût couvre uniquement le cartable, la blouse et les fournitures de base, sans inclure les dépenses supplémentaires telles que la tenue de sport ou d’autres frais annexes. «Cette estimation peut augmenter de près de 30% si les parents se tournent vers des marques internationales», a-t-il ajouté.
En ce qui concerne les prix, il a indiqué que le tarif des cahiers subventionnés a été maintenu au même niveau que l’année dernière. Ainsi, le cahier de 12 pages est vendu à 230 millimes, celui de 24 pages à 430 millimes, le cahier de 48 pages à 950 millimes et celui de 72 pages à 1 400 millimes. «Le prix des cahiers subventionnés n’a pas été modifié depuis quatre ans», a-t-il précisé, ajoutant que la demande pour les fournitures scolaires reste encore timide.
Par ailleurs, Ramzi Trabelsi a mentionné que la préparation de la rentrée scolaire a débuté dès le début de l’été et que, à ce jour, toutes les fournitures nécessaires sont disponibles. «Concernant les cahiers scolaires, plus de 4 000 tonnes de papier ont été fournies par la Société Nationale de Cellulose et de Papier Alfa (SNCPA) pour leur impression, dont environ 2 000 tonnes ont déjà été distribuées aux usines», a-t-il souligné.
Un appel à l’harmonisation des listes de fournitures scolaires pour garantir l’égalité entre les élèves
S’agissant de la rentrée scolaire et des préparatifs, le président de l’Organisation tunisienne pour l’Information du Consommateur, Lotfi Riahi, a appelé le ministère de l’Éducation à harmoniser les listes de fournitures scolaires sur l’ensemble du territoire, afin de garantir l’égalité des chances entre tous les élèves et d’éviter toute forme de discrimination entre les établissements.
Évoquant l’année écoulée, dans une déclaration accordée à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), Riahi a rappelé les fortes disparités constatées dans les listes de fournitures, ainsi qu’une flambée inédite des prix, notamment pour les cahiers de luxe, les blouses et les cartables. À cela s’ajoute, selon lui, la politique du fait accompli imposée par certains commerçants qui en tirent des bénéfices excessifs, aggravant encore la pression financière sur les familles.
Dans la même perspective, Lotfi Riahi a souligné la nécessité de privilégier les produits tunisiens, estimant que cela permettrait à la fois de soutenir l’économie nationale et d’encourager les entreprises locales à renforcer leur compétitivité.
Parallèlement, il a dénoncé la prolifération des cours particuliers, devenus une charge supplémentaire insoutenable pour de nombreux foyers tunisiens. Face à cette situation, il a appelé à mettre en place des solutions concrètes, en appliquant strictement la loi et en proposant des séances de soutien dans les écoles publiques à des tarifs symboliques, afin de préserver le principe d’égalité dans l’accès à l’éducation.
S’agissant du coût de la rentrée scolaire, Lotfi Riahi a estimé que celui pour un élève du primaire s’élevait l’an dernier entre 600 et 700 dinars. Il a précisé que les prix des fournitures scolaires connaissent cette année une hausse supplémentaire de 10 à 12%. Il a également souligné, dans une interview accordée à une radio privée, la nécessité de tenir compte du pouvoir d’achat des familles lors de l’élaboration des listes de fournitures, afin d’alléger la charge financière qui pèse sur elles.
Contrôle des fournitures scolaires : plus de 120 équipes mobilisées
Dans le cadre des préparatifs de la rentrée scolaire 2025-2026, le ministère du Commerce a lancé le 2 septembre 2025 la campagne nationale conjointe de contrôle des fournitures. Cette initiative couvre l’ensemble des circuits de distribution et mobilise plus de 120 équipes mixtes, composées d’agents des ministères du Commerce et de la Santé, ainsi que du ministère de l’Intérieur et de la Douane.
Dans son communiqué, le ministère du Commerce a exprimé son engagement à développer un contrôle nouveau et qualitatif, en coordination avec les ministères de l’Intérieur, de l’Agriculture, de la Santé et la Douane, pour obtenir un impact concret sur le terrain et atteindre les objectifs fixés.
Ces objectifs incluent le renforcement du contrôle économique et sanitaire sur les marchés et points de vente, la saisie et le retrait de toutes les fournitures ne respectant pas les normes techniques et sanitaires, l’application de sanctions strictes pour toute infraction, la vérification de la transparence des transactions économiques et la lutte contre l’installation anarchique des commerçants.
Concernant les résultats de la campagne du 2 septembre, les équipes ont réalisé 1 456 visites sur l’ensemble des circuits de distribution en gros et au détail, avec la saisie de 9 016 unités de fournitures scolaires diverses (stylos à bille, colle scolaire, pâte à modeler, couleurs à l’eau, etc.) non conformes aux normes, et 13 526 cahiers subventionnés saisis pour dissimulation ou tentative de monopole.
Par ailleurs, 263 infractions ont été constatées, incluant le non-affichage des prix, l’absence de factures d’achat, le refus de vente, la dissimulation ou le monopole de marchandise, la vente conditionnelle, la non-déclaration d’activité commerciale et la commercialisation de produits non conformes.
Nouha MAINSI
