La médecine d’urgence, au-delà de son aspect médical, représente un réel indicateur d’accès aux soins et de performances du système de santé. Durant trois jours (16, 17 et 18 avril), le 25e congrès international de la Société tunisienne de médecine d’urgence propose à Hammamet des conférences et des ateliers sur des sujets intéressant le domaine des urgences, allant du préhospitalier aux urgences hospitalières. Ce congrès qui innove avec des compétitions stimulantes et des formations concrètes vise à favoriser et assurer une pleine participation des communautés médicales à l’action de soins de santé, améliorer la prise en charge des patients au niveau des structures d’urgence et promouvoir cette discipline, au vu de son rôle central dans la gestion des situations critiques ou l’organisation des filières de soins. Ce Congrès rassemble l’ensemble des acteurs de la médecine d’urgence, dont des médecins, des infirmiers, des ambulanciers, des kinésithérapeutes, des pompiers, des assistantes sociales et du personnel administratif. La participation massive d’experts et de spécialistes de renommée à ce conclave est une reconnaissance explicite du développement que la Tunisie a enregistré dans ce domaine, ainsi que des efforts que le ministère de la Santé ne cesse de déployer pour sa promotion. Cette rencontre se veut désormais un rendez-vous incontournable pour les urgentistes pour mettre à jour leurs connaissances en matière de prise en charge des urgences médico-chirurgicales et traumatologiques ainsi que dans le domaine de la gestion des situations d’exception.
Les urgences, la vitrine de l’hôpital
Les urgences restent donc la vitrine de l’hôpital, tout en étant contraintes de faire face à des enjeux de taille, notamment à l’impératif de satisfaire des demandes de plus en plus croissantes de soins urgents et en l’absence de moyens suffisants. Ce rendez-vous scientifique d’excellence se compose de cours supérieurs, d’Updates et de mises au point thérapeutiques et pratiques de la médecine d’urgence, allant du préhospitalier jusqu’aux urgences hospitalières. Ce congrès innove avec des compétitions stimulantes et des formations concrètes, de nombreux workshops adaptés aux besoins du terrain et des sessions de simulation dédiées aux médecins et aux paramédicaux. Les services d’urgence ont pour mission de prendre en charge 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, en priorité, les besoins de soins immédiats, susceptibles d’engager le pronostic vital et/ou fonctionnel, qui exigent, quels que soient l’endroit ou les circonstances, l’intervention d’un médecin spécialiste formé à la prise en charge des urgences ou ayant les compétences et les moyens d’intervenir. Cette spécialité repose sur une organisation intégrée mobilisant, au-delà des médecins, des cadres paramédicaux, des infirmiers, des techniciens, des médecins de première ligne, collaborant avec d’autres spécialités telles que la réanimation, l’anesthésie et la cardiologie. La Tunisie compte 155 médecins urgentistes accueillant quotidiennement entre 300 et 400 patients. Afin d’améliorer la prise en charge pré-hospitalière et l’adaptation de l’orientation des patients en inter-hospitalier, la mise en valeur de la régulation médicale et des services d’aide médicale urgente (SAMU) régionaux et la rationalisation des conduites pratiques concernant le transport sanitaire urgent par la limitation des intervenants et la redéfinition des rôles et limites de chacun d’eux, s’avèrent nécessaires. D’où l’importance d’un contrôle régulier des moyens humains et matériels mis en œuvre dans cette activité de soins.
La simulation, une technique pédagogique qui confronte les apprenants à des situations proches du réel, sera au programme de ce congrès. Elle consiste à reproduire artificiellement des situations de soins réalistes pour faciliter l’enseignement et la mémorisation des techniques diagnostiques et thérapeutiques. Désormais considérée comme une méthode pédagogique incontournable, cette formation s’adresse à tous les étudiants et professionnels intervenants dans le domaine de la santé, dans leurs différents champs d’interventions (ambulatoire, hôpital, médico-social), mais aussi aux usagers (acteurs de leur sécurité). Employée dans le domaine de la santé, elle favorise l’apprentissage du travail en équipe, essentiel au développement d’une culture de sécurité partagée par tous les professionnels. Le congrès mettra à la disposition des enseignants et des formateurs du matériel permettant d’exposer les étudiants à des situations cliniques habituelles ou critiques.
Une course contre la montre pour préserver des vies humaines
Au regard des problèmes de santé qui affectent des régions entières, les moyens de communication constituent un outil pour atteindre un état de bien-être physique, mental et social, a-t-on par ailleurs relevé. C’est dans ce sens que cette manifestation va privilégier le recours à des stratégies de communications interpersonnelles, organisationnelles et médiatiques visant à informer et à influencer positivement les décisions individuelles et collectives, propices à l’amélioration de la santé sans oublier le développement de plateaux techniques hyper spécialisés permettant une prise en charge rapide et maximaliste d’emblée des patients en situation critique (trauma-center, cath-Lab, stroke-unit, etc.). Ainsi, la pratique de la médecine d’urgence impose une «course contre la montre» ayant pour objectif final de préserver la vie, dont l’efficacité se mesure par «la mortalité évitable», qui constitue un indicateur de qualité de tout système de soins. De plus, l’innovation technologique, la sophistication des équipements, le développement de la robotique s’imposent aujourd’hui dans tous les secteurs professionnels, en particulier celui des soins, permettant l’amélioration de la rapidité et de la précision du diagnostic, la réduction des délais d’attente et l’allégement des charges de soins.
L’avènement de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine de la médecine d’urgence marque aussi une révolution majeure, propulsant les pratiques médicales vers de nouveaux horizons. À mesure que les avancées technologiques se multiplient, les systèmes basés sur l’IA peuvent se révéler être des outils précieux pour participer à l’optimisation de la prise en charge des patients en situation critique, que cela soit par l’aide à la prise de décision , le triage, l’optimisation des diagnostics ou l’amélioration du choix thérapeutique. Pourtant, si l’IA offre de nombreuses perspectives d’amélioration des organisations et des pratiques dans le domaine de l’urgence, divers défis doivent également être considérés, tels que l’acceptabilité, la fiabilité, l’éthique ou encore la formation.
Ainsi ce 25e Congrès aura pour objectif de favoriser et d’assurer une pleine participation de toutes les communautés médicales à l’action de soins de santé. C’est aussi l’occasion de partager l’immense richesse dans la variété des systèmes de gestion, des défis et des approches innovatrices dans cette discipline.
Kamel BOUAOUINA
