Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoud, et le ministre libyen du Travail et de la Réhabilisation, Ali Al Abid Al Rida, ont signé ce mercredi à Tunis un mémorandum d’entente dans les domaines de la formation professionnelle, de l’emploi et de la mobilité de la main-d’œuvre entre la Tunisie et la Libye, dans le but de renforcer la coopération bilatérale et développer des mécanismes permettant de répondre aux besoins du marché du travail dans les deux pays.
Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle a précisé, dans une déclaration à la presse à cette occasion, que cet accord touche différents éléments du système de formation professionnelle et d’emploi en Tunisie, puisqu’il couvre la formation professionnelle initiale et continue, l’entrepreneuriat, l’emploi, la formation des formateurs, l’ingénierie de la formation et l’ingénierie pédagogique, estimant que cela ouvrira de nouvelles perspectives pour les compétences tunisiennes et la main-d’œuvre dans ses différentes spécialités.
Chaoud a indiqué que l’une des principales particularités de cet accord réside dans sa volonté de supprimer les obstacles bureaucratiques en établissant une interconnexion électronique entre les deux pays dans le domaine de l’emploi et de la formation professionnelle, ce qui permettra d’accélérer la réponse aux besoins des institutions économiques en Libye, précisant que la partie libyenne se chargera de déterminer ses besoins en main-d’œuvre tandis que la Tunisie mettra à disposition une base de données de demandeurs d’emploi afin que la sélection et le recrutement puissent se faire directement sans visa de travail.
Il a également souligné que l’accord garantit les droits des travailleurs et la couverture sociale, qu’il s’étend sur cinq ans renouvelables automatiquement , ce qui confère une plus grande flexibilité au processus et permet de répondre à l’évolution des besoins du marché, selon ses déclarations.
Il a ajouté que la Tunisie dispose d’un système de formation professionnelle avancé qui lui permet d’apporter son expertise en Libye, tant au niveau des programmes de formation qu’au niveau de la satisfaction des besoins des institutions économiques.
Le ministre a indiqué que l’accord prévoit la création d’un comité technique mixte composé de cinq représentants de chaque partie et chargé d’élaborer des programmes opérationnels annuels et d’en assurer le suivi lors de réunions périodiques, au moins deux fois par an, avec une évaluation régulière des progrès accomplis et la résolution de tout manquement.
L’accord prévoit également l’organisation régulière de journées tuniso-libyennes pour le recrutement de la main-d’œuvre, afin de renforcer les opportunités d’emploi et la communication directe entre les entreprises et les demandeurs d’emploi, a précisé le ministre.
De son côté, le ministre libyen du Travail et de la réhabilitation a souligné que l’accord met l’accent sur l’échange d’expériences et l’organisation de la mobilité de la main-d’œuvre entre les deux pays sans entraves, grâce à la connexion électronique et à l’accès aux bases de données relatives à la main-d’œuvre qualifiée et aux besoins du marché du travail.
Il a précisé que l’accord permet de tirer parti de l’expertise tunisienne en matière de formation professionnelle et de faire appel à des formateurs et à des programmes de formation dans divers domaines, notamment l’entrepreneuriat, tout en garantissant les droits des travailleurs des deux parties, notamment en ce qui concerne les accidents du travail et les risques professionnels.
Il a souligné que cet accord constitue un cadre juridique pour la mise en œuvre de programmes communs entre les deux pays dans le domaine de l’emploi et de la formation professionnelle, rappelant que plusieurs secteurs en Libye dépendent de la main-d’œuvre tunisienne, tout en veillant à vérifier le professionnalisme et les qualifications des compétences recrutées.
Il a également indiqué que cet accord facilite la circulation de la main-d’œuvre tunisienne vers la Libye sans visa de travail, grâce à la densité des liaisons aériennes entre les deux pays, avec environ 23 vols quotidiens, ce qui facilite les déplacements, notamment via les aéroports de Tunis-Carthage et de Sfax, a-t-il précisé.
En ce qui concerne les transferts financiers, le ministre libyen a fait état d’un accord avec la Banque centrale libyenne visant à faciliter les transferts de fonds de la main-d’œuvre tunisienne vers la Tunisie par les voies officielles.
(D’après TAP)
