Non, le plus vieux de nos derbys handballistiques n’a pas cessé d’exister. Et il existera, tant qu’il y aura âme qui vive sur cette planète terre. Orgueilleux, sûr de lui et de l’extraordinaire magnétisme qu’il sait exercer aussi bien sur la population que sur les médias, il conserve intact son côté tyrannique, à travers ce déchaînement de passions qui se propage comme un feu de forêt, plusieurs jours avant le match, avant d’exploser, jour J heure H. Il en est ainsi de la confrontation de cet après-midi qui a précédé d’acharnants combats de coqs sur Facebook et les réseaux sociaux entre les supporters des deux camps. La pression a été également, a-t-on constaté, insoutenable pour la fédération que pressaient les responsables et tifosis «sang et or» de désigner des arbitres étrangers pour le match. Exigence si têtue qu’elle fut suivie d’une menace de boycottage pure et simple ! Et à la fédération de prononcer enfin son «oui» ! Le contraire aurait provoqué une véritable onde de choc, voire un scandale qui saperait les bases de ce sport.
Chut, pas de pronostics
Volet technique, il faut rappeler que la longue et passionnante histoire de ce derby nous a appris que les pronostiqueurs ont toujours intérêt à se taire, à moins qu’ils aient l’ingéniosité, plus réaliste celle-là, de miser sur un 50-50. Car, quelle que soit la situation dans laquelle se trouvent les deux protagonistes, le vainqueur n’est jamais connu d’avance et, en Coupe de Tunisie, on peut même aller aux prolongations, voire au-delà, avec la série des jets de sept mètres pour trancher. Et comme de coutume, le facteur mental sera déterminant. Les deux entraîneurs, Bacem Sobki et Sobhi Saïed, auront sans doute longuement épilogué sur ce volet, persuadés qu’ils sont que si les nerfs de leurs poulains venaient à craquer, le rêve de la qualification serait brisé. Les consignes sont donc claires : pas de panique, pas question de contester les décisions des arbitres et gare à ceux qui rendent les armes en cours de route. Certes, le Club Africain pourra profiter de l’avantage de jouer dans une salle complètement acquise à sa cause, en raison du huit clos imposé à l’autre camp. Par contre, il sera, encore une fois, privé de ses deux atouts offensifs, à savoir les deux arrières titulaires Anes Ben Slimène (suspendu) et Aziz Aïdi (blessé). Oussama Remiki et les internationaux Ala Mustafa, Ghazi Ben Ghali et Mouhib Kallel sauront-ils faire oublier ces deux absences de marque ?
En face, l’Espérance Sportive de Tunis, où seul Tarek Jellouz (suspendu) manquera à l’appel, se présentera avec sa redoutable armada qui continue de faire mouche là où on la lance. Son objectif est plus blanc que blanc : accéder en finale pour aller chercher un… quatrième doublé consécutif. Décidément, plus gourmands que les «Sang et O», y a pas !
Mohsen ZRIBI
Programme
Salle multidisciplinaire de Radès (17h00)
CA-EST (arbitrage étranger)
