Le mûrier blanc est le plus répandu au Cap Bon. C’est un type d’arbre originaire de certaines régions de Chine et d’Inde. L’arbre est remarquable pour ses longues feuilles, ses fleurs sans pétales et ses petites baies, dont la couleur varie du blanc au rose ou au violet foncé. Aujourd’hui, le mûrier blanc est cultivé dans le monde entier, et ses feuilles sont couramment utilisées pour nourrir les vers à soie et d’autres animaux d’élevage. Le fruit a également une saveur douce et légèrement acidulée et est souvent utilisé pour faire du jus, du thé, de la confiture ou des collations.
Les feuilles, l’écorce, la racine et le fruit du mûrier blanc sont également utilisés dans la médecine traditionnelle et ont récemment été étudiés pour leurs propriétés potentielles de promotion de la santé. C’est un fruit bien mûr que tout le monde attend avec impatience en cette période de l’année. Vous l’avez deviné, c’est la mûre. Sauf qu’il faudrait se questionner sur les conditions de sa cueillette, son transport et son stockage. Tout le monde le sait, c’est un fruit qui se cueille et se consomme immédiatement. Autrefois, on déposait délicatement chaque mûre cueillie directement de l’arbre dans des «Kartallahs», petits paniers oblongues en osier, qu’on tapissait de feuilles de mûriers et qu’on recouvrait également de feuilles une fois remplis … Cette cueillette était consommée le jour même.
Cet arbre pousse un peu partout. Il n’est pas rare d’y voir perchés les enfants qui se gavent de ses fruits. Certains commerçants en font leur petite source d’argent de poche. Les premières mûres arrivent ainsi dans les étals avec une nette avance. Mais à un prix exorbitant. Un kilogramme de mûres coûte entre 4 et 5 dinars, la variété et la couleur importent peu. La saison des mûres s’étend de mai à juin. Au Cap Bon, le mûrier est cultivé dans plusieurs endroits. Il suffit de sillonner les vergers, les haies, les jardins et les campagnes de Nabeul, Beni Khiar, Dar Chaâbane, Hammamet, Belli, Turki et Mhedhba pour voir ces arbres robustes pleins de fruits.
Hausse vertigineuse des prix
Les premières cueillettes sont toujours meilleures que les tardives, car il y a davantage de pectine dans le fruit. Les amateurs de mûres ne dévoilent jamais leur jardin secret où ils font des razzias. Cela demandait beaucoup de temps pour remplir un seau. Il n’y a qu’à se baisser pour les ramasser ! «Les ronces sont bien longues, et il y a donc forcément plus de mûres. Il y a beaucoup d’endroits qui n’ont pas été débroussaillés, où on a laissé faire la nature», remarque Salah, en observateur éclairé de la nature. Tout était réuni pour que cela donne une bonne saison des mûres». «Lorsqu’on en cueille, il est facile de distinguer les fruits arrivés à maturation, car ils se détachent facilement», nous explique Néjib, un jeune fellah de Beni Khiar.
Les mûres connaissent une hausse vertigineuse de leurs prix, suscitant l’inquiétude parmi les consommateurs. Alors qu’elles étaient traditionnellement vendues à un prix abordable de deux dinars le kilogramme, leur coût dépasse désormais les 5 dinars. Les prix qui semblent exagérés ne sont en réalité que la conséquence de la faiblesse de l’offre par rapport à la demande. Mais ce fruit est toujours prisé par les Tunisiens car il est riche en fibres, en vitamines C et en minéraux. Pour faire le plein d’énergie, rien de mieux qu’une dose de mûres. Ce fruit contient de la vitamine C, de la vitamine K, du manganèse, des antioxydants et du cuivre. Tous ces nutriments contribuent au maintien d’une bonne santé cardiaque, des dents, des os, du sang, du système immunitaire et des capacités cognitives. Actuellement, la tisane de feuilles du mûrier blanc connaît un franc succès pour ses vertus thérapeutiques jugées inégalables depuis des lustres en Chine et au Japon. Elle serait, affirme-t-on, amincissante et miraculeuse pour diminuer l’hypertension artérielle, le taux de sucre dans le sang et le taux de cholestérol. Certains commerçants en herbe en font leur petite source d’argent de poche. Mais elle reste très éphémère, puisque le fruit, une fois cueilli, ne se conserve pas plus d’un jour.
Kamel BOUAOUINA
