Principal cimetière de la ville de Tunis, situé à l’entrée sud de la capitale, le cimetière du Djellazétouffe sous le poids croissant de ses morts entassés par deux à trois dans un même tombeau, présumé individuel. Car, promiscuité oblige, on n’y reçoit plus un seul mort «étranger» qui n’ait pas de membres de sa famille inhumés dans ce cimetière afin qu’il puisse y reposer en leur compagnie. Une solution qui n’en est pas une. Pourquoi ? Parce que ce problème du Djellaz est similaire à celui d’autres cimetières, comme celui de Sidi Yahia et que sait-on encore…
Et la seule raison qui ait provoqué cet étrange problème est le non-aménagement de nouveaux cimetières qui soient accessibles et accueillants après le rasement,quelques années après l’indépendance, de plusieurs petits cimetières qui existaient dans la ville de Tunis, comme ceux d’«Essaroulet», «El Fedden», «Sidi Ahmed Sakka» sur le boulevard du 9 avril 1938 et «Ezzaghrat», à Bab El Khadhra. Certes, le nombre d’habitants n’était pas aussi important par rapport àcelui d’aujourd’hui, mais les cimetières, où les tombes étaient bien disposées, étaient aérés. Ce genre de détails ne semblent pas avoir d’importance aussi bien chez les responsables municipaux que chez les citoyens. Ils semblent considérer les cimetières comme des lieux qui peuvent être abandonnés à leur sort, étant donné que la vie n’y existe pas ! Et dire que sous d’autres cieux où la population est sept fois plus grande par rapport à celle de la Tunisie, il est agréable d’aller au cimetière ! Car il s’agit d’un grand jardin public extrêmement aménagé avec des pavillons et des allées numérotés.
Absentes de sécurité
Et pour en revenir au cimetière du Djellaz, tant pis si le citoyen lambda se «tue» pour y rendre visite à ses morts, sous un soleil tapant, étant donné que le spectacle offert est déjà macabre. Ce citoyen essayera de se faufiler au milieu des tombes, là où personne ne peut plus passer car tout est couvert de buissons, de plantes sauvages nées in situ. Il trébuche. Il risque de tomber par terre, tout en s’accrochant à une tombe. Comme quoi, la mort peut, parfois, soutenir la vie ! D’un autre côté, le cimetière du Djellaz s’est pourtant agrandi depuis une dizaine d’années par l’exploitation de nouveaux terrains qui ont été vite envahis par la suite par les milliers de victimes de la Covid–19. Et là aussi, c’est le flou total, car les responsables sur place ne peuvent donner aucune indication exacte, par manque d’organisation, sur le lieu où est enterré un parent pourtant parti depuis cinq années. Et on allait oublier. Les visites ne sont garanties que les jours de fête, comme les «Jemâat El Aïd Esseghir et El Aïd Kébir» et le jour de l’«Achoura». Car, on risque d’être attaqué par des énergumènes et de se faire braqué. Un vrai calvaire et un véritable supplice qui ont amené beaucoup de gens à éviter d’aller au cimetière. En témoigne le cas des membres d’une famille qui avaient rejoint leur voiture au plus vite fuyant un groupe de «voyous»qui allait les attaquer au Djellaz. La sécurité des citoyens devrait y être de rigueur.
Lotfi BEN KHELIFA
