L’été est déjà là et en pareille période, les parents pensent déjà à prévoir une bonne «Khleaâ» (villégiature) pour eux et leurs enfants pendant les deux mois de vacances scolaires pour quelques jours, une semaine, deux semaines ou un mois. L’occasion pour la famille de profiter des beaux jours d’été en bord de mer. Mais on peut toujours en rêver aujourd’hui les yeux fermés ou grands ouverts.
Car la vraie villégiature d’antan n’existe plus depuis des dizaines d’années. Elle est devenue impossible d’atteindre à cause des prix exorbitants des loyers affichés pour l’été par les propriétaires qui défient et ignorent la réalité sociale des Tunisiens moyens. Les familles, à ressources financières moyennes ou limitées, en subissent les conséquences. Ces prix surréalistes, qui s’élèvent parfois à plusieurs millions pour un seul mois de location, n’ont pas cessé d’augmenter, d’année en année. Résultats des courses, ici pour voir la mer et s’y baigner, les gens se contentent de gagner les plages les plus proches de leur lieu d’habitation pour nager et parfois rentrer au plus vite.
Cela se passe donc aux antipodes de l’ancienne et de la nouvelle situation générée par un vent de folie mercantiliste. Et si on a créé sous nos cieux des logements sociaux et d’autres formules pour les familles à revenus bas, on n’a pas songé au détail des vacances estivales (par exemple), moment idoine pour le repos, durant les congés payés pour repartir du bon pied. Les familles fuient étrangement et paradoxalement aujourd’hui et durant l’été les maisons, les appartements et les chambres d’hôtels pour passer, amèrement et malheureusement, de mauvaises vacances (qu’on se le dise) dans la canicule diurne et nocturne de la ville. Cela engendre chez eux une attitude de mécontentement et d’hypersensibilité à toute chose négative. Car dans la vie, on ne vit pas que pour le travail, la bouffe et le sommeil. Le repos, le farniente et les instants de joie de vivre, en dehors de la monotonie de la vie quotidienne, sont également nécessaires pour un développement sain de l’organisme.
Y a-t-il une solution envisageable ?
Nous ne savons pas trop pourquoi les prix des loyers affichés pour l’été ont atteint des degrés inimaginables, sachant que cela serait dû à l’augmentation de tout ce que consomme le citoyen tunisien au niveau des produits et des services. Si bien que le prix de location pour un mois d’une maisonnette correspondait à son prix de vente, quelques dizaines d’années auparavant. Tout a augmenté, certes, et augmente de jour en jour. Mais il est des détails que l’entendement ne peut admettre. Les prix de location en saison hivernale n’ont rien à voir avec ceux en saison estivale. Ils correspondent, en effet, à ceux du quart du prix affiché pour l’été. Et là, comme dirait l’autre : «Je vais me taire un peu». Le gain facile est là et c’est un commerce juteux que les propriétaires ne peuvent abandonner de si peu. Et il arrive que les lieux à louer restent fermés durant tout l’été, n’ayant pas bénéficié d’une baisse du prix initial. Serait-ce là un signe d’une certaine méchanceté et d’ignorance de la part des propriétaires ? On pourrait accepter toutes leurs «folies» si le citoyen avait tous les moyens financiers pour en bénéficier. Sans même songer audit prix. Mais dans la réalité, tout se passe autrement.
Lotfi BEN KHELIFA
