Prendre le métro léger à Tunis, en ces jours de canicule, est devenu un calvaire et même un vrai supplice pour ses voyageurs qui sont contraints del’utiliser, tout en étant encore et toujours harassés par ses retards successifs et devenus inévitables depuis près de deux années. Car il semble qu’il y ait un problème de manque de rames, étant donné que plusieurs d’entre elles ne fonctionnent plus et ont été mises au repos à cause de l’absence de pièces de rechange trop chères à importer. Donc, on continue de travailler avec les moyens du bord, en attendant des jours meilleurs et tout en omettant, peut-être, que le temps, si cher aux voyageurs, est perdu. Cela a provoqué un chambardement dans les plans de circulation de notre bon vieux métro qui arrivait toutes les six minutes, quand il avait commencé à fonctionner en 1984-85. Les voyageurs doivent doncattendre aujourd’hui au moins une demi-heure et même plus pour voir enfin le métro arriver à l’une ou l’autre de ses stations. Ce métro de la deuxième sérieest beau à voir, mais pas bon à prendre, malheureusement et tout en le disant amèrement. Il arrive souvent quasiment plein comme un œuf et suffocant, car la climatisation n’y fonctionne pas. Un os, et même plus. On le prend, tout de même, pas l’os, mais le métro, comme si on était devenu masochiste pour quelques minutes et parfois pour beaucoup plus de temps. Une mauvaise surprise inimaginable que chacun des voyageurs doit supporter avant d’arriver à sa station de descente. Et il n’y a pas que ce détail qui tracasse les malheureux usagers du métro qui, soit dit en passant, aurait dû être dénommé «Tramway» ou tout simplement «Tram», tout court, car il traverse une cité et n’est pas underground. Il aurait dû l’être comme dans les grandes capitales et autres villes européennes et du reste du monde et on aurait résolu, au moins, une grande part des problèmes de circulation au centre et dans la périphérie de Tunis. Et disons-le, franchement, le métro n’a pas du tout résolu les aléas, voire les multiples problèmes du transport en commun à Tunis.
Des désagréments à éviter
Et pour revenir à notre randonnée-voyage en métro,toutes les stations sont des espaces étrangement nus et inappropriés avec l’absence de toilettes, même dans les grandes stations. Un quai et quelques abris à banc à l’air libre, hiver comme été, accueillent les usagers du «lézard vert» rattrapé par un frangin moins vert que le premier après plus de vingt années d’existence. Le «nouveau» métro a, lui aussi, près de vingt années de circulation sous le ciel de Tunis. Les voyageurs doivent se prémunir contre un soleil tapant, en restant debout et rapprochés les uns contre les autres sous le toit de l’abri. Un spectacle désolantet humiliant. Faut-il réparer et peut-être reconstruire les stations ? L’espoir est-il permis ? Il est donc impératif et d’un autre côté, de réparer le système declimatisation du métro, du moins pour le plus récent, étant donné que la clim du premier était condamnée d’avance, car il faut absolument que les fenêtres soient toutes fermées pour que «ça marche» et fonctionne véritablement. Et on allait l’oublier. Les portes de notre vénérable métro vert et parfois mêmecelles du «nouveau» métro sont presque toutes ouvertes, ou presque toutes fermées ! Un record mondial que nous avons atteint et que personne ne pourra battre ailleurs, car on aura tout vu avec ce moyen de transport. Ce dernier fait descendre parfoisses voyageurs des dizaines de mètres du terminus, tout en leur annonçant à la dernière minute qu’il a changé de terminus ! En conclusion, et avec le métro, il faut penser avant d’agir. C’est-à-dire qu’en le prenant, on ne doit absolument pas être pressé. Il faudra penser qu’on ne sera pas surpris d’aucun retard, d’aucun contretemps et qu’on n’aura ainsi aucun désagrément.
Lotfi BEN KHELIFA
