La Tunisie affronte les Pays-Bas ce soir à l’Arrowhead Stadium de Kansas City pour la troisième et dernière journée du Groupe F de la Coupe du Monde 2026. Les Aigles de Carthage arrivent déjà éliminés, sans le moindre point, après des défaites (5-1) face à la Suède et (4-0) contre le Japon, neuf buts encaissés et seulement un inscrit en deux matchs. Les Pays-Bas, leaders du groupe avec quatre points, n’ont besoin que d’un nul pour valider leur qualification.
Ce duel oppose une équipe au bord du gouffre, en quête d’un dernier sursaut d’orgueil, à une Oranje ambitieuse qui vise la tête du groupe pour aborder la phase à élimination directe dans les meilleures conditions.
La campagne de la Tunisie dans cette Coupe du Monde tranche avec sa qualification africaine, au cours de laquelle les Aigles de Carthage avaient écrit l’histoire en devenant la première sélection à atteindre un Mondial sans encaisser un seul but, neuf victoires, un nul, vingt-deux buts marqués en dix matchs d’éliminatoires africaines. La réalité du tournoi a été tout autre.
Cinq buts encaissés face à la Suède dès l’entrée en lice ont provoqué le limogeage du sélectionneur Sabri Lamouchi avant même le deuxième match. Son successeur, Hervé Renard, n’a pu enrayer la chute : quatre buts supplémentaires ont été concédés contre le Japon. Lors de cette deuxième rencontre, la Tunisie n’a enregistré aucune frappe cadrée en quatre-vingt-dix minutes, générant un xG de 0,05 — le plus faible relevé pour une sélection dans cette édition du tournoi.
L’unique but tunisien dans la compétition a été signé par le défenseur central Omar Rekik, de la tête, face à la Suède. Si le groupe réunit des joueurs évoluant dans les ligues européennes, Elyès Skhiri (Eintracht Frankfurt), Hannibal Mejbri (Burnley) ou Ismaël Gharbi (Augsburg), aucun d’eux n’évolue dans un club ayant participé à la Ligue des champions cette saison, ce qui illustre l’écart de niveau compétitif avec les Pays-Bas.
Les Néerlandais affichent un profil inverse : sept buts inscrits en deux matchs, répartis entre quatre buteurs différents (Brobbey, Gakpo, Summerville et Van Dijk). Ronald Koeman avait commencé par un nul (2-2) décevant face au Japon, son équipe a mené deux fois (Van Dijk à la 50e, Summerville à la 64e) avant d’être rejointe à deux reprises, dont un but de Kamada à la 89e. La réaction ne s’est pas fait attendre : (5-1) face à la Suède lors de la deuxième journée, avec Brobbey s’offrant un doublé en dix-sept minutes et Gakpo doublant également la mise en début de deuxième période.
Aperçu tactique
La Tunisie, qui a concédé six cartons jaunes face au Japon, risque de souffrir pour contenir la mobilité néerlandaise sans s’exposer à de nouvelles sanctions disciplinaires. Renard devrait reconduire un 3-4-2-1 compact, articulé autour d’une défense à trois composée de Talbi, Rekik et Bronn, avec l’objectif d’absorber la pression offensive adverse. Si des opportunités se présentent, elles passeront par les décrochages de Hannibal Mejbri entre les lignes et les accélérations d’Abdi et Valery sur les côtés. Face au Japon, la Tunisie n’avait toutefois affiché que 36% de possession et seulement deux tirs en quatre-vingt-dix minutes, preuve de ses limites lorsque l’adversaire impose le rythme.
Les Pays-Bas évoluent en 4-3-3 capable de se transformer en 3-4-3 lorsque Dumfries se projette haut sur le côté droit et que Van de Ven resserre dans l’axe. Gravenberch et Reijnders alternent dans la conduite des transitions offensives, tandis que Frenkie de Jong assure le rôle de sentinelle et de premier relanceur. Face à la Suède, les Oranje se sont montrés particulièrement efficaces grâce aux centres en retrait venus des ailes : les deux passes décisives de Cody Gakpo pour Brian Brobbey provenaient de ballons rasants servis alternativement depuis les deux côtés.
Face à une Tunisie déjà éliminée et contrainte de se découvrir pour sauver l’honneur, les Pays-Bas devraient bénéficier de nombreux espaces en contre-attaque. La supériorité technique et athlétique des Néerlandais dans chaque secteur du jeu laisse entrevoir une rencontre largement à leur avantage, avec une victoire confortable comme scénario le plus probable.
Tunisie et Pays-Bas ne se sont affrontés qu’à trois reprises dans leur histoire, tous en matchs amicaux, et ce duel à Kansas City constituera leur toute première rencontre officielle. Les Pays-Bas n’ont jamais perdu face à la Tunisie : une victoire (4-0) en avril 1978 à Tunis, puis deux nuls (2-2) en janvier 1994 et (1-1) en février 2009, les deux à Tunis également. Le délai de dix-sept ans écoulé depuis le dernier face-à-face rend ce bilan historique peu pertinent comme indicateur pour cette rencontre, aucun joueur des effectifs actuels n’ayant participé à ces confrontations.
On prend les mêmes ?
Hervé Renard ne déplore aucune absence pour suspension, aucun Tunisien n’ayant cumulé deux cartons jaunes lors des deux premières journées. Le principal défi du sélectionneur français est de restaurer le moral d’un groupe qui a encaissé neuf buts en cent quatre-vingts minutes. Dans les buts, Mouhib Chamekh, titulaire en début de tournoi, a laissé sa place à Aymen Dahmen face au Japon ; le gardien de 24 ans pourrait s’installer dans le onze de départ. Le capitaine Elyès Skhiri, milieu défensif de l’Eintracht Frankfurt, fort de 85 sélections, reste la référence du milieu aux côtés de Rani Khedira (Union Berlin).
Côté Pays-Bas, Koeman pourrait opérer quelques rotations en vue des huitièmes de finale, notamment sur les flancs : Crysencio Summerville, buteur dans les deux matchs (titulaire contre le Japon, entrant contre la Suède), est en concurrence avec Donyell Malen et Noa Lang pour une place dans le onze.
La colonne vertébrale de l’équipe devrait cependant rester inchangée : Verbruggen dans les buts, Van Dijk en défense centrale, de Jong et Reijnders au milieu, et Gakpo sur le flanc gauche. L’absence de Xavi Simons, écarté dès avril pour rupture du ligament croisé, reste le principal manque dans ce groupe.
Composition probable de la Tunisie (3-4-2-1) : Mouhib Chamakh, Montassar Talbi, Omar Rekik, Dylan Bronn, Ali Abdi, Elyes Skhiri, Rani Khedira, Yan Valery, Elias Saâd, Hannibal Mejbri, Firas Chaouat
Entraîneur : Hervé Renard.
Composition probable des Pays-Bas (4-3-3) : Bart Verbruggen, Denzel Dumfries, Jan Paul van Hecke, Virgil van Dijk, Micky van de Ven, Frenkie de Jong, Tijjani Reijnders, Ryan Gravenberch, Donyell Malen, Memphis Depay, Cody Gakpo.
Entraîneur : Ronald Koeman
