Dans le cadre du projet TEC-Eau, financé par la FAO et mis en œuvre en partenariat avec le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, une étude pilote a été lancée sur le lac collinaire de Kamech afin d’évaluer l’efficacité d’un film monomoléculaire sécurisé et conforme destiné à réduire les pertes d’eau par évaporation.
Première expérimentation de ce type conduite en conditions réelles en Tunisie, cette initiative s’inscrit dans une démarche scientifique rigoureuse visant à identifier des technologies innovantes capables d’améliorer durablement l’offre en eau dans un contexte marqué par les effets du changement climatique, la succession des sécheresses et une pression croissante sur les ressources hydriques, précise un communiqué de la FAO publié lundi.
L’étude, conduite avec l’appui scientifique du Centre de Recherches et des Technologies des Eaux (CERTE) et des institutions nationales partenaires, permettra d’évaluer les performances techniques, économiques et environnementales de cette technologie, tout en vérifiant son innocuité sur la qualité de l’eau, les écosystèmes aquatiques et la biodiversité.
« Il ne s’agit pas simplement d’introduire une nouvelle technologie, mais de l’évaluer de manière rigoureuse afin de déterminer sa pertinence et ses conditions d’application dans le contexte tunisien. Cette approche illustre l’engagement de la FAO à accompagner la Tunisie avec des solutions fondées sur la science, l’innovation et la coopération technique », a déclaré Nabil Assaf, Coordinateur de la FAO pour l’Afrique du Nord et Représentant en Tunisie.
Le lancement de cette étude réunit les principales institutions nationales concernées par la gestion de l’eau, la recherche scientifique, la santé, l’environnement et l’enseignement supérieur et la météo, illustrant une approche intégrée de la gouvernance des ressources hydriques.
Dans son allocution d’ouverture, le Ministre de l’Agriculture a rappelé que « chaque mètre cube d’eau économisé constitue une ressource supplémentaire pour notre agriculture, notre économie, notre environnement et les générations futures », soulignant que la réduction des pertes par évaporation constitue désormais une priorité nationale inscrite dans la stratégie tunisienne de l’eau.
Avec un taux de mobilisation des ressources hydriques dépassant 90 % et un réseau de 37 grands barrages, 234 barrages collinaires et 925 lacs collinaires, la Tunisie concentre désormais ses efforts sur l’amélioration de l’efficience de ces infrastructures.
Les pertes par évaporation représentent en effet un défi majeur dans les régions arides et semi-arides, où chaque volume d’eau préservé contribue directement à renforcer la résilience des territoires, la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique.
Selon la même source, les pertes journalières par évaporation sur les 37 barrages ont atteint le pic de 1.1 millions de mètre cube le 12 juillet. À travers le projet TEC-Eau, la FAO met à disposition son expertise pour identifier, adapter et valider des solutions innovantes répondant aux besoins spécifiques du pays.
Les résultats de cette expérimentation alimenteront les travaux du comité national sur la réduction de l’évaporation et contribueront à orienter les futures politiques publiques en matière de gestion intégrée des ressources en eau, au service d’une agriculture plus résiliente et d’un développement durable.
(D’après TAP)
