«Les équipes de la direction générale des forêts sont intervenues sur près de 1.000 incendies depuis le début de la saison estivale 2026, dont 90% ont touché des champs de céréales, des résidus de récolte et des herbes sèches», a annoncé le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.
Dans un communiqué publié à l’issue d’une séance de travail consacrée à l’évaluation des interventions menées sur le terrain pour lutter contre les incendies ayant affecté les cultures agricoles et les espaces forestiers durant l’été 2026, le ministère a également indiqué que les incendies ont détruit une superficie totale estimée à 12.100 hectares.
À cette occasion, le chef de cabinet du ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Haykel Hechlef, a indiqué que la protection du patrimoine forestier et des cultures agricoles constitue une priorité nationale. Il a souligné la nécessité de poursuivre une approche préventive fondée sur l’anticipation des risques, le renforcement de la coordination entre l’ensemble des intervenants, ainsi que le développement des systèmes de surveillance et d’alerte précoce.
Consolider le dispositif national de prévention et d’intervention
Dans le même esprit, il a appelé à intensifier les campagnes de sensibilisation au profit des agriculteurs et des usagers des espaces forestiers, afin de limiter les causes des incendies et de renforcer les réflexes de prévention.
Le responsable a également plaidé pour un renforcement des moyens humains et logistiques des différentes structures d’intervention. Il a, en outre, appelé à un recours accru aux technologies modernes pour la surveillance des incendies et l’évaluation des dégâts, dans le but d’améliorer l’efficacité des opérations et de préserver durablement le patrimoine forestier ainsi que la production agricole.
À l’issue de cette réunion, plusieurs recommandations ont été arrêtées en vue de consolider le dispositif national de prévention et d’intervention. Celles-ci portent notamment sur le renforcement de la préparation opérationnelle, la poursuite de l’évaluation des interventions sur le terrain et une meilleure coordination entre les différentes structures concernées. Selon le communiqué, ces recommandations visent à améliorer la protection des forêts et des exploitations agricoles, tout en consolidant une approche proactive dans la lutte contre les incendies de forêts et de cultures.
95% des feux liés à l’activité humaine
S’agissant des causes des incendies, le sous-directeur chargé de la protection des forêts, Laâroussi Rebï, a expliqué que les températures élevées ne constituent pas, à elles seules, un facteur déclencheur des feux, mais qu’elles représentent plutôt un élément aggravant favorisant leur propagation rapide, en raison de l’assèchement de la végétation et des conditions climatiques particulièrement difficiles.
Intervenant sur les ondes de la Radio nationale, il a précisé que l’origine des incendies est essentiellement liée aux activités humaines, qui représentent environ 95% des causes recensées. «Ces incendies sont dus, d’une part, à un manque de sensibilisation et de connaissance des risques et, d’autre part, à des comportements irresponsables pouvant être à l’origine du déclenchement des feux», a-t-il souligné.
La situation s’est aggravée avec la vague de chaleur
Par ailleurs, le responsable a indiqué que la direction générale des forêts a entamé, dès le mois de mai, la mise en œuvre du plan national de lutte contre les incendies, à travers le lancement de campagnes de sensibilisation et la réalisation d’opérations préventives. «Dans ce cadre, les interventions menées par les services régionaux entre mai et le 10 juillet ont été recensées, totalisant près de 900 interventions, principalement dans les zones de cultures céréalières», a-t-il précisé.
Toutefois, la situation s’est nettement aggravée avec l’arrivée de la vague de chaleur qui a frappé le pays entre le 10 et le 16 juillet. Selon Laâroussi Rebï, cette période a été marquée par une série d’incendies de grande ampleur ayant ravagé près de 12.000 hectares de superficies forestières en moins de 15 jours. Les gouvernorats du Kef, de Jendouba, Béja et Bizerte figurent parmi les régions les plus touchées.
«Durant cette même période, les équipes d’intervention ont enregistré près de 100 opérations, dont seulement 20 concernaient directement les espaces forestiers», a ajouté le responsable.
Nouha MAINSI
