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Accueil » Autoroutes : un choix stratégique au service de la mobilité et de l’équité territoriale
NATION dimanche, 16 août, 2026,08:299 Mins Read

Autoroutes : un choix stratégique au service de la mobilité et de l’équité territoriale

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Par Ahmed NEMLAGHI

La décision prise par le Conseil ministériel restreint réuni mercredi dernier à La Kasbah, de reconduire Tunisie Autoroutes comme concessionnaire des autoroutes A1, entre Hammam-Lif et M’saken, et A2, entre Tunis et Jelma, dépasse largement le cadre d’une simple décision administrative relative à l’exploitation d’infrastructures routières. Elle s’inscrit dans une réflexion plus large sur la manière dont l’État entend gérer ses infrastructures stratégiques, garantir la continuité du service public et accompagner le développement économique et social des différentes régions du pays. À travers cette décision, le gouvernement entend assurer la pérennité de l’exploitation du réseau autoroutier tout en maintenant la maîtrise de l’État sur une infrastructure essentielle à la mobilité des citoyens, au transport des marchandises et au développement des échanges entre les régions.

Cette orientation rejoint les préoccupations régulièrement exprimées par le président de la République, Kaïs Saïed, concernant la nécessité d’accélérer la réalisation des projets d’infrastructure et de faire en sorte que les investissements publics se traduisent par des améliorations concrètes dans la vie quotidienne des Tunisiens.
Le réseau autoroutier tunisien constitue aujourd’hui l’un des principaux instruments d’intégration territoriale. Les 743 kilomètres actuellement en exploitation permettent de relier les principaux pôles économiques du pays et facilitent la circulation des personnes et des marchandises. Parmi ces infrastructures, 567 kilomètres sont exploités sous péage. Cette réalité montre l’importance économique du réseau autoroutier, mais également les responsabilités qui accompagnent son exploitation. Une autoroute n’est pas simplement une succession de kilomètres de chaussée. Elle représente un investissement public considérable, mobilisant des ressources financières importantes et nécessitant une maintenance permanente, des équipements spécialisés, une surveillance continue et des interventions rapides en cas d’incident. La qualité de son exploitation a donc des conséquences directes sur la sécurité des usagers et sur l’activité économique. Le choix de maintenir Tunisie Autoroutes dans son rôle de concessionnaire s’explique notamment par l’expérience acquise par cette société et par les moyens techniques dont elle dispose. Mais cette reconduction implique également une exigence : une amélioration constante de la qualité du service rendu aux usagers.

L’A1 : assurer la continuité du service
Le premier volet de la décision gouvernementale concerne l’autoroute A1, reliant Hammam-Lif à M’saken. Le contrat de concession actuel arrivant à échéance à la fin de l’année 2028, le gouvernement a décidé de préparer la conclusion d’un nouveau contrat avec Tunisie Autoroutes. Cette anticipation permet d’éviter toute rupture dans l’exploitation du réseau. Elle traduit également la volonté de donner aux responsables suffisamment de visibilité pour préparer les investissements nécessaires à la maintenance et à la modernisation des infrastructures. L’enjeu est d’autant plus important que l’A1 constitue l’un des axes routiers les plus fréquentés du pays. Elle relie le Grand Tunis au Sahel et dessert plusieurs zones économiques majeures. Son fonctionnement régulier conditionne donc une partie importante des déplacements quotidiens et des échanges commerciaux.
Le dossier de l’A2 revêt une dimension encore plus importante. Longue de 186 kilomètres, l’autoroute Tunis-Jelma représente un investissement de près de 1,7 milliard de dinars. Réalisée en huit tronçons, elle constitue la plus longue autoroute construite en une seule phase en Tunisie. Mais au-delà de ses caractéristiques techniques, l’A2 possède une dimension profondément territoriale. Elle doit contribuer à rapprocher les régions du centre et de l’intérieur des grands pôles économiques du pays. Pendant des décennies, les disparités entre les régions côtières et celles de l’intérieur ont constitué l’un des problèmes majeurs du développement tunisien. L’insuffisance des infrastructures constitue l’un des facteurs qui expliquent ces déséquilibres. En améliorant les connexions routières, l’autoroute Tunis-Jelma peut contribuer à réduire cette fracture territoriale. Elle peut faciliter les déplacements des citoyens, accélérer le transport des marchandises, améliorer l’accès aux marchés et renforcer l’attractivité des régions concernées pour les investisseurs.
La construction de l’A2 s’inscrit donc dans une logique qui dépasse la seule question des transports.
Elle participe à une politique d’équité territoriale. Un citoyen vivant dans une région de l’intérieur doit pouvoir bénéficier d’une infrastructure moderne lui permettant de rejoindre rapidement les grands centres urbains. Une entreprise implantée dans une région éloignée doit pouvoir accéder aux marchés nationaux dans des conditions comparables à celles de ses concurrents installés sur le littoral. De ce point de vue, l’autoroute devient un instrument de justice économique.
C’est précisément cette dimension qui donne à la politique d’infrastructure une place importante dans la vision de l’État social défendue par Kaïs Saïed. L’équité ne consiste pas uniquement à distribuer des aides sociales. Elle consiste également à créer les conditions matérielles permettant aux régions et à leurs populations de participer pleinement au développement national.

Accélérer les travaux pour respecter les délais
La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a insisté sur l’urgence d’accélérer les travaux de l’autoroute Tunis-Jelma. Elle a demandé aux entreprises chargées de l’exécution de mobiliser tous les moyens nécessaires afin d’éviter les retards et de respecter les délais contractuels. Cette exigence est essentielle. Les retards dans les grands projets publics ont un coût économique et social. Ils peuvent entraîner une augmentation des dépenses, retarder les bénéfices attendus de l’infrastructure et nourrir le sentiment de frustration des populations concernées. Lorsqu’un projet est annoncé depuis plusieurs années, les citoyens finissent naturellement par attendre des résultats concrets. L’accélération des travaux constitue donc une exigence de bonne gouvernance. Elle suppose un suivi permanent des chantiers, une coordination efficace entre les différents intervenants et une capacité à résoudre rapidement les obstacles administratifs, techniques ou fonciers.
Le choix de reconduire Tunisie Autoroutes repose également sur une considération stratégique : préserver le contrôle de l’État sur une infrastructure essentielle. Le gouvernement estime que le statut historique de concessionnaire de la société, son expérience et ses capacités techniques permettent d’assurer la continuité du service. Cette décision n’exclut toutefois pas la nécessité d’un contrôle rigoureux de l’État. La concession ne signifie pas un abandon de la responsabilité publique. Au contraire, lorsque l’État confie l’exploitation d’une infrastructure à un concessionnaire, il doit renforcer les mécanismes de contrôle, fixer des obligations précises et veiller au respect des engagements contractuels. La qualité du service, la sécurité des usagers, l’entretien des équipements et la transparence financière doivent constituer des éléments essentiels de la relation entre l’État et le concessionnaire.
L’exploitation de l’A2 sous péage soulève également une question importante : celle de l’équilibre entre rendement économique et intérêt social. Une infrastructure autoroutière représente un investissement considérable qu’il faut entretenir et amortir. Le péage constitue à ce titre un mécanisme de financement et de participation des usagers. Mais il ne doit pas devenir un obstacle à l’objectif d’intégration territoriale. Le défi consiste donc à trouver un équilibre entre la nécessité de garantir la viabilité financière de l’infrastructure et celle de maintenir des conditions d’utilisation compatibles avec les capacités des citoyens et des entreprises. C’est précisément cette articulation entre rendement économique et rendement social que la Cheffe du gouvernement a mise en avant.

Une modernisation technologique importante
L’autoroute Tunis-Jelma présente également un intérêt particulier sur le plan technologique.
Le projet recourt, pour la première fois en Tunisie à cette échelle, à des technologies modernes concernant la structure de la chaussée, les ponts et différents ouvrages d’art. Cette modernisation doit permettre d’améliorer la durabilité des infrastructures et leur résistance aux contraintes auxquelles elles seront soumises. Elle constitue également une occasion pour la Tunisie de développer son expertise nationale dans le domaine des grands travaux. La réussite du projet ne se mesurera donc pas uniquement à la longueur de l’autoroute construite. Elle devra également être évaluée à travers la qualité des ouvrages, leur durabilité et leur capacité à répondre aux besoins futurs.
Derrière les considérations techniques et financières se trouve finalement une préoccupation essentielle : faciliter la vie des citoyens. Une infrastructure routière performante réduit les temps de déplacement, améliore la sécurité, facilite l’accès aux services et rapproche les territoires.
Pour les travailleurs, les étudiants, les familles ou les transporteurs, chaque kilomètre d’autoroute supplémentaire peut représenter un gain de temps et une amélioration des conditions de déplacement. C’est cette dimension concrète qui donne tout son sens à l’investissement public. La politique d’infrastructure doit donc être évaluée non seulement à partir des montants investis, mais surtout à partir des bénéfices qu’elle procure à la population.
La décision concernant les autoroutes s’inscrit finalement dans une exigence plus large, celle de l’État qui doit aller au bout des projets qu’il engage. Cette logique rejoint les orientations régulièrement mises en avant par le président de la République lors de ses visites dans les différentes régions du pays.
Qu’il s’agisse de l’eau, des routes, de la santé, de l’environnement ou du développement économique, la même question revient : comment transformer les décisions publiques en réalisations effectivement perceptibles par les citoyens ? L’État peut annoncer des projets et mobiliser des financements. Mais leur véritable valeur apparaît lorsqu’ils sont achevés et qu’ils commencent à produire leurs effets. L’autoroute Tunis-Jelma constitue à cet égard un test important.

Une vision qui dépasse le simple réseau routier
Le choix de reconduire Tunisie Autoroutes ne doit donc pas être analysé isolément. Il s’inscrit dans une vision plus large de l’aménagement du territoire et du développement national.
La Tunisie a besoin d’un réseau de transport moderne permettant de mieux connecter ses différentes régions et de favoriser une circulation plus fluide des personnes, des marchandises et des investissements. Dans cette perspective, les infrastructures deviennent un instrument de réduction des disparités. Elles permettent de rapprocher les régions de l’intérieur des centres économiques et d’offrir aux populations de nouvelles possibilités. La politique d’infrastructure rejoint ainsi directement la politique sociale.
La décision du gouvernement marque donc une étape dans la gestion du réseau autoroutier tunisien, mais elle ouvre surtout une nouvelle phase de responsabilité. Il faudra désormais veiller à la conclusion des nouveaux contrats, au respect des engagements du concessionnaire, à l’accélération des travaux de l’A2 et à la qualité du service offert aux usagers. L’objectif final doit rester clair : faire de l’infrastructure un outil au service du citoyen et du développement.
En définitive, l’autoroute Tunis-Jelma ne doit pas être considérée comme une simple route reliant deux points sur une carte. Elle doit être pensée comme un trait d’union entre les régions, entre les populations et entre les différentes composantes de l’économie nationale. En accélérant sa réalisation et en assurant une exploitation efficace et maîtrisée, l’État ne fait pas seulement œuvre d’aménagement, il contribue à réduire les distances, à rapprocher les territoires et à renforcer l’équité sociale. C’est dans cette capacité à transformer les grands investissements publics en progrès quotidiens pour les citoyens que pourra se mesurer concrètement l’effort engagé sous l’impulsion du président Kaïs Saïed pour construire un développement plus équilibré et plus solidaire.

conseil ministériel

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