Le sélectionneur national de football, Mouïne Chaâbani, a affirmé, mercredi, que les conditions physiques et la présence mentale sont les principaux critères sur lesquels le staff technique s’appuiera pour établir ses choix au cours de la prochaine période, notamment à l’occasion des qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations 2027, qui débuteront le mois prochain.
Mouïne Chaâbani s’exprimait lors d’une conférence de presse tenue mercredi dans un hôtel à Gammarth, à l’occasion de sa première rencontre avec les médias depuis sa prise de fonction. L’occasion pour lui de présenter les grandes lignes du programme de travail du staff technique pour la prochaine période.
Le technicien tunisien a reconnu que sa mission à la tête de la sélection nationale ne s’annonce pas facile, compte tenu de la situation actuelle du football tunisien. Il a néanmoins affiché ses ambitions, notamment celle de redorer le blason de la sélection nationale sur la scène africaine, tout en essayant de dépasser la vague de pessimisme apparue après la participation tunisienne à la Coupe du monde 2026.
Chaâbani a également précisé que, durant les quatre années de son contrat, la sélection nationale restera ouverte à tous les joueurs tunisiens susceptibles d’apporter un plus à l’équipe, qu’ils évoluent dans le championnat de la Ligue 1 ou à l’étranger. Il a précisé que les convocations seront avant tout dictées par la réalité du terrain. La condition physique, la régularité des performances et la stabilité du rendement seront ainsi privilégiées, sans considération particulière pour le nom ou l’âge du joueur, qu’il soit expérimenté ou un jeune en quête de reconnaissance.
Le sélectionneur national a, dans ce contexte, estimé que la relance de la sélection nécessite la mobilisation de toutes les parties concernées. Selon lui, chacun doit contribuer à redonner à l’équipe nationale son rayonnement.
Il a également insisté sur l’importance du volet psychologique, estimant que les résultats décevants enregistrés lors du Mondial et leurs conséquences sur les joueurs imposent d’accorder une attention particulière à leur état mental. Chaâbani estime toutefois que le groupe dont il dispose actuellement possède les qualités nécessaires pour permettre à la sélection de progresser.
Le coach national a souligné que « la première mission sera désormais de bien entamer les qualifications pour la CAN 2027 qui débuteront le 24 septembre face à la Guinée, et de mettre la sélection sur la voie de la qualification. Il faudra ensuite augmenter progressivement le niveau des exigences et de la concurrence ».
Il a précisé que le retour de la sélection tunisienne à son meilleur niveau sur le plan continental et l’amélioration de son classement mondial figurent parmi les principaux objectifs fixés par le staff technique. Il a rappelé, à cet égard, que la dernière participation de la Tunisie aux demi-finales de la CAN remonte à l’édition disputée en Egypte en 2019.
Le technicien a également insisté sur le caractère collectif de la responsabilité au sein de la sélection. Pour lui, les éventuels succès comme les échecs ne sauraient être imputés au seul sélectionneur.
Il a indiqué que la reprise du championnat national permettra notamment au staff technique de disposer d’une meilleure lecture du niveau des joueurs locaux. Elle permettra d’évaluer leur condition physique ainsi que leurs qualités techniques et tactiques avant le premier stage de préparation précédant les deux premières journées des qualifications pour la CAN 2027 (les 24 et 29 septembre).
Le sélectionneur a également appelé le public sportif tunisien à faire preuve de patience à l’égard du joueur tunisien, qu’il considère particulièrement performant sur le plan tactique à l’échelle africaine. Il a assuré que le travail du staff technique qui sera renforcé par trois nouveaux membres, parmi lesquels figurent Helmi Kchou et Anas Kazouz, reposera sur une méthode scientifique et une évaluation aussi objective que possible, loin des considérations émotionnelles et des pressions extérieures.
Il a reconnu que la mission à la tête d’une équipe nationale comporte des spécificités et des difficultés différentes de celles rencontrées dans un club. Il a néanmoins affirmé disposer d’idées et de convictions qu’il entend mettre en application afin de réussir son mandat.
L’objectif sera non seulement de redonner à la sélection tunisienne son prestige, mais également de la faire progresser et d’atteindre les objectifs fixés, notamment en contribuant au développement du joueur tunisien pour atteindre le haut niveau.
A ce propos, Mouïne Chaâbani a rappelé son expérience avec l’Espérance de Tunis, avec laquelle il avait remporté la Ligue des champions en 2018 et 2019. Il a également évoqué son passage à la RS Berkane, qu’il avait conduite à son premier titre de champion du Maroc, avant de contribuer à son sacre en Coupe de la Confédération africaine et à sa qualification pour la prochaine Coupe du monde des clubs.
Il a insisté sur la nécessité d’investir dans le sport, à travers notamment l’amélioration des infrastructures et des stades. Il a cité les exemples du Maroc, de la Libye et de l’Irak, estimant que le développement des infrastructures constitue une condition essentielle à la progression du football.
De son côté, Moez Mestiri, premier responsable de la sélection nationale seniors, a indiqué que le choix de la Fédération tunisienne de football (FTF) de confier les destinées du Onze national à Mouïne Chaâbani reposait principalement sur ses compétences techniques et sur les résultats obtenus au cours de ses expériences en Tunisie et au Maroc.
Il a assuré que la FTF et l’autorité de tutelle mettront à la disposition du sélectionneur tous les moyens logistiques nécessaires et lui garantiront les conditions propices à la réussite de sa mission. Il a également indiqué que Chaâbani disposera d’une large marge de manœuvre dans l’exercice de ses fonctions.
Mestiri a ensuite présenté, au nom du bureau fédéral, ses excuses au public tunisien après la prestation jugée décevante de la sélection nationale lors de la Coupe du monde.
Il est également revenu sur les circonstances de la décision de mettre fin aux fonctions de Sami Trabelsi, qui avait pourtant réussi à qualifier la Tunisie pour le Mondial 2026 sans encaisser le moindre but durant les éliminatoires africaines, et son remplacement par Sabri Lamouchi après l’élimination de la Tunisie en huitièmes de finale de la CAN Maroc-2025.
Mestiri a expliqué que la pression exercée par le public sportif et les médias avait notamment pesé dans la décision de se séparer de Trabelsi, malgré les chiffres et les résultats obtenus par ce dernier avec les Aigles de Carthage.
« Une erreur d’un joueur nous a coûté une élimination précoce de la Coupe d’Afrique. Nous reconnaissons également que le bureau fédéral a commis une erreur en participant à la Coupe arabe avec l’équipe première », a-t-il ajouté.
(D’après TAP)
