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Accueil » Journée internationale de la Kinésithérapie : une discipline paramédicale en pleine expansion, mais…
SANTE mardi, 8 septembre, 2026,20:015 Mins Read

Journée internationale de la Kinésithérapie : une discipline paramédicale en pleine expansion, mais…

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La Journée internationale de la Kinésithérapie ou de la Physiologie est célébrée chaque année le 8 septembre. Cette journée est dédiée à la sensibilisation du public sur le rôle crucial de la kinésithérapie dans la santé, notamment dans la prévention, le traitement et la rééducation des patients. Chaque année, un thème spécifique est choisi pour mettre en lumière un aspect particulier de la kinésithérapie. Par exemple, en 2026, le thème porte sur les maladies cardiovasculaires et les accidents vasculaires, soulignant l’importance de la kinésithérapie dans la prise en charge de ces pathologies.

La kinésithérapie est en pleine expansion en Tunisie, répondant à un besoin croissant de soins de réhabilitation et de gestion de la douleur chez différents patients. Cette discipline paramédicale est reconnue pour son efficacité dans le traitement d’une variété de troubles musculo-squelettiques, neurologiques et post-opératoires. Ces professionnels paramédicaux travaillent en étroite collaboration avec l’équipe médicale privée ou publique. Ils exercent aussi bien à l’hôpital qu’en clinique, à domicile ou en cabinet de ville, mais aussi à domicile et interviennent à tous les âges de la vie. Cependant, cette discipline paramédicale n’a pas pu encore se regrouper sous un ordre professionnel ou syndical à la manière de l’ordre des médecins ou des pharmaciens, comme si les kinésithérapeutes exerçaient indépendamment et hors du circuit médical en Tunisie.

Rôle important de la kinésithérapie dans la santé publique

Depuis des années, les cabinets privés de kiné pullulent dans le pays, notamment dans les grandes villes. Chaque année, des dizaines d’étudiants (hommes et femmes) sortent du supérieur munis de leur diplôme en physiothérapie. Une minorité d’entre eux sont recrutés dans le public (hôpitaux) ou dans le privé (cliniques), mais bon nombre ouvrent leur propre cabinet, moyennant des crédits octroyés par la Banque Tunisienne de Solidarité (BTS), pour exercer leur profession libérale.

En Tunisie, le rôle d’un kinésithérapeute est essentiel dans le domaine de la santé. Les kinésithérapeutes, également appelés physiothérapeutes, travaillent avec des patients ayant des troubles musculo-squelettiques, neurologiques, respiratoires, et d’autres conditions affectant la mobilité et la qualité de vie. Généralement, ils reçoivent des patients envoyés par d’autres médecins spécialistes qui leur recommandent le nombre de séances dont ils ont besoin. Avant d’entamer son travail, le (la) kiné réalise alors des évaluations pour déterminer les besoins et les capacités fonctionnelles des patients, si bien qu’il (elle) crée des programmes de réhabilitation personnalisés en fonction des diagnostics et des objectifs de chaque patient. Généralement, les cabinets de kiné sont bien équipés d’outils, d’instruments et d’appareils modernes et sophistiqués capables de soulager la douleur et aider à réhabiliter la mobilité et la force chez les patients. De même, le (la) kiné enseigne aux patients des exercices à effectuer à domicile et leur fournit des conseils.

Les défis de la profession

Mais les kinésithérapeutes rencontrent encore plusieurs défis en Tunisie. D’abord, il y a une augmentation du nombre de diplômés dans ce domaine, ce qui a conduit à une forte concurrence sur le marché de l’emploi, rendant difficile la recherche de postes stables. Ensuite, le manque de reconnaissance de la profession au sein du système de santé peut limiter les opportunités de carrière et de rémunération, ainsi que l’accès à certaines structures de soins. De plus, les kinésithérapeutes peuvent faire face à de lourdes charges de travail, de longues heures et à un manque de soutien administratif, ce qui peut affecter leur bien-être professionnel. Puis, l’accès à la formation continue et aux nouvelles techniques de rééducation peut être limité, ce qui rend difficile la mise à jour des compétences dans un domaine en constante évolution. En effet, rares sont les congrès ou les séminaires organisés spécialement à l’égard de ces professionnels. Le grand défi vécu par les kinésithérapeutes de libre pratique, c’est que la majorité de la population n’est pas suffisamment sensibilisée quant à l’importance de la kinésithérapie, ce qui peut influencer la demande de services. Ces défis peuvent varier en fonction des régions et des contextes spécifiques, car les cabinets de kiné installés au centre-ville sont plus fréquentés que ceux hors des agglomérations, mais ils représentent des enjeux importants pour la profession en Tunisie.

Pour un groupement professionnel officiel

Jusqu’à ce jour, malgré l’évolution de cette discipline paramédicale et son importance dans la contribution aux soins nécessaires des patients, les kinésithérapeutes en Tunisie ne disposent pas d’un groupement professionnel officiel qui les regroupe et les représente. Cela peut poser des défis en matière de réglementation et de défense des intérêts professionnels.

Certes, il y a eu plusieurs initiatives visant à créer un groupement professionnel pour les kinésithérapeutes en Tunisie. Ces initiatives visent à structurer la profession, défendre les droits des praticiens, améliorer les conditions de travail et promouvoir la formation continue.

Cependant, la mise en place effective d’un tel groupement peut rencontrer des obstacles, notamment le manque de consensus parmi les professionnels, des problèmes de financement ou encore des défis administratifs. Les discussions continuent au sein des promoteurs de la profession pour trouver des solutions viables.

Il est à rappeler, cependant, qu’une première assemblée générale de kinésithérapeutes tunisiens de libre pratique a eu lieu en 2018 à l’initiative de CONECT. Mais depuis, il n’y a pas eu de suivi. Cette assemblée avait pour but de «rallier un maximum de kinésithérapeutes de tout le territoire tunisien sous le même toit pour un seul et ultime objectif : la progression du métier.» On peut dire que cette Assemblée a pu atteindre son objectif, mais des rencontres de sensibilisation, des formations et des actions restent à faire pour mieux valoriser ce métier noble.

Hechmi KHALLADI

Kinésithérapie
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