« Le Centre Alzheimer relevant du service de neurologie de l’hôpital universitaire Razi à la Manouba a obtenu, officiellement, l’accréditation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour devenir un centre régional collaborateur pour la région de la Méditerranée orientale, spécialisé dans la formation et la recherche sur les maladies neurocognitives, notamment la démence et la maladie d’Alzheimer », a affirmé, ce samedi, le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani.
Dans une déclaration aux médias en marge d’une visite effectuée au Centre Alzheimer, Ferjani a souligné que cette reconnaissance internationale est une fierté pour la Tunisie signalant que le centre contribuera, dans le cadre d’un programme conjoint avec l’OMS, au renforcement des capacités des institutions nationales et régionales et à l’amélioration des services de santé et de la prise en charge des patients.
« Cette accréditation est une reconnaissance des compétences tunisiennes dans différents domaines médicaux et de l’expertise développée par le centre, qui joue un rôle important face à l’augmentation du nombre de personnes âgées atteintes de la maladie », a-t-il ajouté.
A cette occasion, le ministre a réaffirmé l’engagement de son département à soutenir les patients, à développer la recherche, les traitements et les médicaments et à renforcer les dispositifs de prise en charge.
Il a également souligné que les personnes atteintes d’Alzheimer ont besoin, en plus des soins médicaux, d’un accompagnement familial et d’un soutien humain et solidaire.
De son côté, le chef de service de neurologie, Riadh Gouider, a indiqué que cette accréditation, qui coïncide avec la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer (21 septembre) intervient après plusieurs années de coopération avec l’OMS.
Celle-ci a notamment porté sur l’adaptation et l’utilisation d’outils numériques en Tunisie, la recherche scientifique, l’enseignement ainsi que la participation à l’élaboration de lignes directrices pour la prévention de la maladie.
Dans le cadre de son nouveau statut, le centre renforcera ses activités de recherche, notamment sur les caractéristiques génétiques de la maladie dans la région et sur les mécanismes permettant un dépistage précoce.
Il pourra également participer à des essais cliniques destinés à évaluer l’efficacité de nouveaux traitements et leur adéquation aux patients tunisiens.
Le programme prévoit aussi la constitution de bases de données régionales reliant les différents établissements de recherche, ainsi que la mise en place d’un environnement scientifique dédié à la formation des professionnels de santé et des chercheurs.
Ces efforts devraient contribuer à l’élaboration de stratégies sanitaires et de plans de prise en charge durables à l’échelle nationale et régionale.
Selon Riadh Gouider, cette reconnaissance permettra également au centre de disposer de moyens plus avancés pour mener une étude épidémiologique en Tunisie et déterminer avec davantage de précision le nombre de personnes atteintes.
Elle favorisera par ailleurs le développement du diagnostic précoce et la recherche de traitements innovants susceptibles de ralentir l’évolution de la maladie et d’améliorer la prise en charge, y compris sa couverture par la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM).
« En l’absence de statistiques nationales précises, les estimations font état de 50 mille à 70 mille personnes atteintes en Tunisie », a-t-il indiqué.
Riadh Gouider a relevé que le vieillissement de la population contribue à l’augmentation de la prévalence de la maladie, dont les répercussions sont à la fois psychologiques, sociales et économiques pour les patients et leurs familles. Les dépenses liées à l’accompagnement, aux équipements et aux soins peuvent ainsi représenter plusieurs fois le salaire minimum.
Ouvert en septembre 2010, le Centre Alzheimer assure des consultations, un accueil de jour, des activités de formation et de recherche scientifique. Il dispose également de cinq lits d’accueil quotidien. Près de 9 mille patients ont bénéficié de ses consultations depuis sa création, dont environ 800 ont eu recours à l’accueil de jour.
Le chef du service a toutefois souligné la nécessité de renforcer les ressources humaines afin d’élargir le rayonnement du centre en Tunisie et dans la région et, à terme, de favoriser la création de structures similaires dans les différentes régions du pays.
