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Accueil » Bus bondés, attente, longues distances : la rentrée à l’épreuve du transport 
transport
Transport mercredi, 30 septembre, 2026,09:156 Mins Read

Bus bondés, attente, longues distances : la rentrée à l’épreuve du transport 

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A peine quelques semaines après la rentrée scolaire et universitaire, la question du transport revient au premier plan. Chaque matin, des milliers d’élèves et d’étudiants dépendent des bus, métros, trains ou lignes régionales pour rejoindre leurs établissements. Cette année, les autorités ont annoncé un renforcement conséquent du parc, avec notamment l’arrivée attendue de 727 nouveaux bus d’ici la fin de l’année 2026.

Une annonce importante dans un secteur qui souffre depuis plusieurs années du vieillissement de ses équipements et d’une demande particulièrement forte aux heures de pointe. Mais au-delà des chiffres et des acquisitions annoncées, une question demeure : dans quelle mesure ces investissements peuvent-ils réellement changer le quotidien des élèves et des étudiants ?

Selon les données communiquées par le ministère du Transport à la veille de la rentrée, le nombre de lignes scolaires et universitaires doit passer de 2.134 durant l’année précédente à environ 2.179 pour l’année 2026-2027. Le nombre de bus consacrés à cette activité devrait, lui, progresser d’environ 13%. Le transport scolaire et universitaire représente désormais près de 52% de la flotte globale consacrée au transport de voyageurs. L’âge moyen des véhicules concernés doit également diminuer, passant de 14 ans à 12,5 ans.

 

Des investissements importants, mais des besoins considérables

Les 727 nouveaux bus annoncés constituent cependant un renforcement à venir et non une flotte déjà entièrement disponible depuis la rentrée. Leur réception est prévue d’ici la fin de l’année 2026 et leur répartition doit concerner les différentes régions du pays. Ils s’ajoutent à d’autres acquisitions réalisées en 2025 et 2026, notamment 315 bus achetés sur le marché local et 762 véhicules neufs acquis sur le marché international. L’effort est considérable. Mais il intervient après des années durant lesquelles le vieillissement du parc, les pannes, les difficultés de maintenance et l’augmentation des besoins ont fragilisé le transport collectif. L’enjeu n’est donc pas seulement d’acheter des véhicules. Il faut disposer d’un nombre suffisant de bus opérationnels, les répartir en fonction des besoins réels, assurer leur entretien et adapter les fréquences aux horaires scolaires et universitaires. Les besoins sont loin d’être identiques d’une région à une autre. Dans le Grand Tunis, la problématique est largement celle de la saturation aux heures de pointe. Dans certaines régions et zones rurales ou périphériques, la question peut être beaucoup plus fondamentale : existe-t-il une desserte suffisamment proche, fréquente et compatible avec les horaires des établissements ? Des initiatives régionales montrent justement l’ampleur de ces besoins. À Nabeul et à Zaghouan, 152 bus ont été affectés au transport scolaire et universitaire pour quelque 36.000 abonnés. A La Manouba, un dispositif reposant notamment sur 34 lignes spécifiques de transport scolaire et universitaire a été mis en place, parallèlement aux lignes régulières.

Derrière le nombre de bus, la question du temps perdu

Pour les familles, la qualité du transport ne se mesure pourtant pas au nombre de véhicules annoncés à l’échelle nationale. Elle se mesure d’abord au temps passé chaque matin à attendre un bus, à la possibilité d’arriver à l’heure en classe, au nombre de correspondances nécessaires et aux conditions dans lesquelles s’effectue le trajet. Un bus supplémentaire n’améliore véritablement le service que s’il circule au bon endroit et au bon moment. La question de la répartition des nouveaux véhicules sera donc déterminante. Le ministère du Transport a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’assurer un équilibre entre l’offre et la demande lors de l’affectation des nouveaux bus aux différentes régions. Car derrière les statistiques nationales existent des situations extrêmement différentes. Pour un étudiant vivant dans une grande agglomération, les difficultés peuvent prendre la forme de véhicules saturés et d’attentes prolongées. Pour un lycéen vivant dans une zone rurale, quelques kilomètres mal desservis peuvent transformer le trajet vers l’établissement en véritable parcours quotidien. Le transport devient alors une composante à part entière des conditions d’apprentissage. Un élève qui doit quitter son domicile très tôt, attendre longtemps ou multiplier les correspondances n’arrive pas en classe dans les mêmes conditions que celui dont le déplacement est rapide et prévisible. Les retards et l’incertitude du transport pèsent également sur l’organisation des familles, notamment lorsque les parents doivent trouver des solutions alternatives.

La rentrée, premier test grandeur nature

Les premières semaines de l’année scolaire constituent ainsi un véritable test pour le dispositif annoncé. Le retour simultané des élèves, des étudiants et des salariés augmente brutalement la pression sur les réseaux. Avant même la rentrée scolaire du 15 septembre, les opérateurs de transport étaient déjà confrontés à l’augmentation des flux provoquée par le retour à la double séance dans les administrations et la reprise progressive des activités universitaires. Des efforts ont également été réalisés pour faciliter l’accès aux abonnements. Dans le Grand Tunis, la Transtu a ouvert plusieurs points de vente et mobilisé plus de 140 bus pour le transport des élèves et des étudiants. La SNCFT a, de son côté, maintenu les tarifs des abonnements scolaires et universitaires de l’année précédente et introduit des possibilités de paiement échelonné afin d’alléger la charge pesant sur les familles. Ces mesures répondent à une partie du problème. Mais l’accessibilité financière ne suffit pas si le service proposé reste irrégulier ou insuffisant dans certaines zones. La véritable amélioration devra donc se mesurer sur le terrain : moins d’attente, davantage de régularité, des véhicules en meilleur état et surtout une desserte adaptée aux besoins réels.

L’arrivée progressive des 727 nouveaux bus peut constituer une étape importante dans cette direction. Mais elle ne saurait, à elle seule, régler toutes les difficultés accumulées. Moderniser le transport scolaire suppose aussi une meilleure organisation des lignes, une maintenance efficace du matériel, une adaptation régulière des horaires et une connaissance précise des zones où la demande est la plus forte. Pour les élèves et leurs familles, le véritable indicateur de réussite sera finalement beaucoup plus simple que les statistiques : pouvoir partir le matin en sachant qu’un moyen de transport fiable permettra d’arriver à l’heure à l’école, au lycée ou à l’université. C’est à cette réalité quotidienne que devront désormais être confrontées les annonces de renforcement du parc.

Leila SELMI

 

transport transport public

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