Six nouveaux suspects, des artisans bijoutiers exerçant au marché de l’or de Sfax, ont été placés en garde à vue dans le cadre d’une enquête sur un réseau criminel soupçonné de blanchiment d’argent, de fraude fiscale et de trafic d’or d’origine inconnue, a annoncé jeudi la Direction générale de la sûreté nationale.
Les investigations ont révélé que le réseau aurait blanchi près de deux tonnes d’or destiné à la fonte au cours des six dernières années, tandis que les opérations menées par les enquêteurs ont permis l’interpellation de 13 personnes et la saisie de plus de 70 kg d’or, de 4,5 kg d’argent, de 120.000 dinars et de neuf voitures de luxe.
Selon un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale, les six nouveaux suspects ont été placés en garde à vue par la sous-direction des enquêtes économiques et financières, relevant de la direction de la police judiciaire d’El Gorjani, à Tunis.
Ils sont, notamment, soupçonnés d’avoir constitué une bande organisée en vue de blanchir des fonds provenant de la fraude fiscale, en exploitant les spécificités de leur activité professionnelle, et d’avoir commis des actes de falsification, détenu et utilisé des documents falsifiés et enfreint la réglementation en vigueur.
Ils auraient, également, porté préjudice à l’administration en acceptant des commissions financières en contrepartie de la cession de leurs quotas d’or, qui leur avaient été attribués par la Banque centrale de Tunisie, au profit d’autres personnes impliquées dans l’affaire.
L’enquête a permis, grâce à un travail de renseignement opérationnel et à une surveillance intensive sur le terrain des circuits de commercialisation de l’or destiné à la fonte, de mettre au jour les activités de ce réseau criminel, précise la même source.
Ce réseau est composé de commerçants et de propriétaires d’usines opérant dans le secteur de la bijouterie, qui auraient eu recours à des pratiques contraires à la législation régissant cette activité.
Dans une déclaration accordée, mardi, à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), une source sécuritaire a indiqué que les membres du réseau avaient créé des sociétés-écrans et des entreprises fictives, tout en utilisant les registres d’approvisionnement et d’achat de plusieurs artisans bijoutiers pour échapper à l’impôt. Ces procédés leur auraient également permis de blanchir de l’or destiné à la fonte, dont l’origine était inconnue, avant de l’introduire dans les circuits commerciaux légaux.
Les premières investigations ont établi que le réseau aurait blanchi près de deux tonnes d’or au cours des six dernières années, avant d’investir les revenus générés dans des projets, des investissements immobiliers et l’acquisition de biens de luxe, a ajouté la même source.
Les opérations de terrain ont, par ailleurs, conduit au placement en garde à vue de 13 personnes au total, soupçonnées notamment d’association de malfaiteurs en vue de porter atteinte aux biens, de falsification de documents et de blanchiment d’argent commis de manière habituelle par un réseau, en exploitant les spécificités des fonctions exercées ainsi que des activités professionnelles et sociales.
