Par Kamel ZAIEM
Le souci de procurer un emploi à chaque citoyen a toujours accompagné les déclarations du chef de l’Etat qui ne cesse de déclarer que l’un des défis majeurs du gouvernement est l’ouverture de nouvelles perspectives au profit des sans-emploi, en particulier les jeunes. Pour l’année 2027, les premiers indices montrent qu’il y a un nombre plus ou moins satisfaisant d’opportunités d’emploi, surtout pour les hauts diplômés, ce qui ne manquera pas d’offrir à cette tranche de citoyens le droit de bénéficier d’un emploi qui leur procure dignité et stabilité.
Le chef de l’Etat a déclaré, il n’y a pas longtemps, lors d’une plénière extraordinaire devant les membres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et du Conseil national des régions et des districts (CNRD), que les sans-emploi ont été victimes de mauvais choix pendant une décennie entière, «ce qui exige, a-t-il dit, de rechercher de meilleures alternatives pour les travailleurs et la collectivité nationale».
«Les sociétés communautaires figurent parmi les solutions qui pourraient satisfaire les besoins de l’emploi, mais elles ne sont pas les seules», a-t-il affirmé, soulignant que la Tunisie s’est engagée dans une révolution législative à même de répondre aux aspirations en matière d’édification d’une économie nationale basée sur la création de richesse à travers des choix nationaux émanant de la volonté du peuple tunisien.
«L’Etat doit retrouver son rôle social tout comme le peuple tunisien a retrouvé sa souveraineté», a-t-il dit, notant que «les droits sociaux tels que l’enseignement public, le transport, la santé publique, le logement, le travail décent, les salaires équitables et la couverture sociale constituent des défis que l’Etat doit relever».
A titre de rappel, le président de la République s’est réuni, il y a trois semaines, avec la cheffe du gouvernement et le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle. La réunion a été consacrée au suivi des étapes franchies dans l’application de la loi n°18 de 2025 portant dispositions exceptionnelles pour le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée dans le secteur public et la fonction publique.
Cette loi, promulguée le 22 décembre 2025, prévoit un recrutement exceptionnel des diplômés concernés, sur la base de dossiers, à travers une plateforme numérique et selon plusieurs critères, dont l’âge, l’ancienneté du diplôme et la situation sociale. Les recrutements doivent être effectués par vagues sur une période ne dépassant pas trois ans, à compter de la promulgation de la loi.
Au cours de la réunion, le président Kaïs Saïed est revenu sur les causes ayant, selon lui, contribué à l’accumulation des situations de chômage au fil des décennies. Il a notamment évoqué des recrutements effectués sur la base de diplômes falsifiés ou sans que les personnes concernées disposent des diplômes requis pour participer aux opérations de recrutement. Il a également dénoncé des pratiques dans lesquelles l’appartenance à telle ou telle partie aurait, selon ses termes, constitué le seul «diplôme» permettant d’accéder à un emploi.
Le président Kaïs Saïed a, par ailleurs, affirmé que le chômeur d’aujourd’hui «n’était pas chômeur de son plein gré», mais qu’il avait été privé d’emploi en raison de pratiques et d’opérations qu’il a qualifiées de connues de tous ainsi que de privilèges ayant contribué, selon lui, au gaspillage des deniers publics. Il a estimé que ces pratiques avaient privé certaines personnes de leurs droits au profit d’autres qui n’y avaient pas droit.
Plus de 32 mille emplois pour 2027
Qu’en sera-t-il pour l’année 2027 avec un taux de chômage qui, malgré sa stabilité, avoisine les 15% (14,9% plus exactement) ?
Selon le député Ali Zaghdoud, membre de la commission des finances de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), le ministre de l’Économie et de la Planification a présenté une programmation de 32.557 plans de recrutement dans la fonction publique pour 2027. Ces chiffres ont été communiqués lors d’une audition conjointe des commissions des finances et du budget de l’ARP et du Conseil national des régions et des districts, consacrée au projet de budget économique pour l’année prochaine.
Au niveau des chiffres et de la répartition des plans, les intentions semblent bonnes et prometteuses pour atténuer l’ampleur de ce taux qui touche, surtout, les hauts diplômés. Toutefois, toujours d’après le même député, le ministre n’a pas apporté de réponse claire sur l’application de la loi n° 18 relative au recrutement des chômeurs de longue durée ni sur la mise en place de la plateforme prévue à cet effet. Le député ajoute que la loi a été publiée au Journal officiel, mais qu’elle n’a pas encore été appliquée, selon ses déclarations.
Une loi prometteuse mais pas encore pratique
Que dit la loi n° 2025-18 du 22 décembre 2025 (souvent appelée loi n° 18) ? C’est une loi tunisienne portant sur des dispositions exceptionnelles pour le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée dans le secteur public et la fonction publique.
Composée de 8 articles, elle prévoit un recrutement exceptionnel dans le secteur et la fonction publics pour les diplômés du supérieur confrontés à un chômage de longue durée. Le dossier est placé sous la tutelle du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle.
Elle prévoit, également, la création d’une plateforme dédiée où les candidats doivent s’inscrire et charger leurs données. Le classement s’effectue selon des critères différentiels, accordant notamment la priorité aux personnes âgées de plus de 40 ans et à l’ancienneté de l’obtention du diplôme.
Or, bien qu’ayant été publiée au Journal officiel de la République tunisienne (JORT n° 2025-153), la loi n’est pas encore appliquée de manière concrète sur le terrain.
C’est que, près de dix mois après sa promulgation, l’absence de publication des décrets d’application réglementaires et les questions liées à son financement continuent de susciter de vives contestations de la part des diplômés chômeurs ainsi que des débats au sein du Parlement. Fin octobre 2026, les autorités indiquent que les textes réglementaires et la mise en place de la plateforme font toujours l’objet de travaux de préparation. C’est dire que la mise en pratique ne va sûrement pas tarder car, qu’on le veuille ou pas, la volonté politique est plus que claire et évidente et elle finira par dépasser les obstacles et les problèmes actuels, ce qui laisse espérer que le taux de chômage, notamment chez les hauts diplômés, va sensiblement baisser au cours des prochains mois.
