C’était avec beaucoup de chaleur et de gaité que l’artiste-peintre Jamel Arrès m’a a accueilli à la Galerie Yahia (Palmarium) où se tient sa 2è Exposition personnelle. La rencontre avec le créateur a été passionnante, m’offrant l’occasion de découvrir son univers coloré et de comprendre les histoires derrière chaque toile exposée. Nous avons discuté de ses débuts, de son parcours artistique, de sa passion pour l’art et notamment des techniques, des matériaux et de la matière utilisée dans l’exécution de ses œuvres.
Sur son parcours artistique, l’artiste nous confia : « Ma première rencontre avec le dessin remonte aux années d’enfance, à l’école, puis, les voyages que j’ai effectués pendant ma jeunesse dans différents pays européens m’ont permis d’acquérir une bonne connaissance de l’art et des courants artistiques, à travers mes nombreuses visites des musées et des galeries. Mes lectures sur l’art m’ont aussi été d’un grand apport surtout dans l’exploration des grands artistes et des maitres de l’art à travers le monde. Cependant, j’ai toujours eu une prédilection pour l’impressionnisme et une inclination pour les artistes impressionnistes, qu’ils soient tunisiens ou étrangers. » En effet, notre artiste s’est bien et longuement formé avant de se lancer dans les expositions individuelles et collectives, faisant preuve d’un grand talent et d’une fine sensibilité.
Cette exposition personnelle, intitulée « Danse des couleurs », présente une collection de 31 œuvres d’art aux dimensions variées, ayant pour thèmes essentiels la nature et le patrimoine, abordés avec expressivité, esthétisme et dextérité, témoignant d’une grande passion pour l’art et d’un amour profond pour la toile et les couleurs qui l’habitaient depuis sa prime enfance.
L’itinéraire d’une passion pour la couleur
Dès le premier regard jeté sur l’ensemble des œuvres, on découvre que toutes les peintures sont réalisées à l’huile et au couteau à palette, cette technique très peu commune chez nos artistes-peintres, ce qui caractérise l’originalité de la création de Jamel Arrès. D’ailleurs, il nous déclara qu’il ne pouvait pas travailler sans le couteau à palette. En effet, cette technique permet à notre artiste d’appliquer la peinture en épaisses couches texturées, créant de petits reliefs et des aplats dynamiques. C’est un outil idéal pour sculpter la matière, mélanger les couleurs directement sur la toile, et obtenir des contrastes vifs souvent impossibles au pinceau, nous expliqua-t-il.
En effet, en contemplant de près les tableaux de Jamel, nous constatons des empâtements, des amas colorés ou des motifs structurés où s’accumulent des mouvements de balayage grâce au couteau, ce qui permet d’apporter de la spontanéité, des jeux de lumière et des contrastes chromatiques variés.
Les titres attribués aux différentes toiles évoquent l’amour de la nature et un grand intérêt pour le patrimoine tunisien. La nature morte, appelée par l’artiste « Nature vivante », présentant des vases et des bouquets de fleurs, ont l’apparence séduisante comme s’ils existaient réellement. Plusieurs toiles célèbrent le paysage où les éléments sont d’une beauté saisissante, tels que « Tout est beau », « Danses printanières », « Eclats sur l’eau », « Jardin d’Adam et Eve », « Jardin de Van Gogh », « Jardin de Matisse », « Mon coin préféré ». Quant au patrimoine, la Médina, les souks et les marabouts font l’objet de toiles merveilleuses, comme « Bab El Khadra Jadis », « Place Sidi Mehrez », « Bou Saïd », « Kharja Sidi Mehrez ». Les travaux de Jamel inspirent la joie, le bonheur et l’espoir.
Bref, Jamel Arrès est en train de s’imposer dans la sphère picturale tunisienne grâce à la singularité de ses créations, à son regard sensible au monde et surtout à son engagement infaillible pour l’art. Il s’affirme de plus en plus auprès du public qui retrouve en lui à la fois authenticité et contemporanéité dans ces travaux artistiques.
Hechmi KHALLADI








