Après une légère accalmie qui s’est avérée, hélas, trompeuse, les arbitres montent, de nouveau, au créneau, en réendossant leur habit noir de la colère. Pour de bon, cette fois-ci, paraît-il. En effet, de la parole à l’acte, il n’y a qu’un pas qu’ils ont tôt fait de franchir, et cela en annonçant un préavis de grève, à travers une pétition qui a recueilli, jusqu’à présent, plus de 45 signatures parmi lesquelles figuraient celles des arbitres d’élite. Suffisant pour provoquer un séisme aussi bien au sein de la DNA (direction nationale de l’arbitrage) que dans les locaux de la fédération. Il est vrai que cette grève, si elle tenait la route, pourrait perturber gravement le déroulement, ce week-end, des championnats de l’Elite (Play-off et Play-out confondus) et de la Nationale A et B. Une perturbation qui risquerait même d’être fatale et lourde de conséquences, dans la mesure où forcément, il va falloir, à titre de remplacement, désigner de jeunes paires arbitrales qui ne sont pas, faut-il l’avouer sportivement et en toute logique, suffisamment aguerries pour diriger des rencontres d’une extrême importance, vu les enjeux du sacre, du maintien et de l’accession. Et l’on sait qu’en matière de sifflet, désigner des arbitres inexpérimentés pour des combats si féroces est tout simplement synonyme de cadeau empoisonné.
Les causes d’une rébellion
Dans leur préavis de grève, les signataires de la pétition invoquent les raisons suivantes : six mois d’arriérés impayés, problèmes persistants des critères de désignation, aggravation des menaces physiques envers les arbitres dans les salles de compétition et promesses non tenues d’augmenter les primes de sifflet, de kilométrage et de nourriture. Concernant ces promesses, il est bizarre (pour tout observateur) et révoltant (pour tout referee) de constater que ces primes n’ont pas évolué d’un iota depuis voilà douze ans, alors qu’un arbitre de handball du championnat Elite, condamné à sillonner fréquemment les quatre coins du pays, ne touche que… 90 dinars par match (contre 400 dinars pour un arbitre de football), sans compter l’énorme marge entre les deux sports, en matière de kilométrage (6 dinars contre 100 dinars) et de nourriture (10 dinars contre 50 dinars). Quelle misère !
Pendant ce temps, le patron de la DNA, Néjib Cherif, est en train d’user de diplomatie dans le but de faire revenir ses arbitres sur leur décision, tandis que la fédération, toujours en mal de liquidités, continue de multiplier les appels à la retenue, tout en promettant de satisfaire les revendications des contestataires, dans les jours à venir.
Mohsen ZRIBI
