Par Mondher AFI
Le mercredi 25 février 2026, une audition organisée par la commission parlementaire chargée de l’éducation et de la formation professionnelle a permis de dresser un panorama complet des défis auxquels le système éducatif tunisien est confronté. Cette rencontre, qui a rassemblé des membres de la commission ainsi que des responsables du ministère de l’Éducation, a mis en évidence des problèmes persistants et structurels : insuffisance des ressources humaines, vétusté et dégradation des infrastructures scolaires, déficit en équipements pédagogiques et technologiques, congestion des classes, difficultés de transport scolaire et émergence de phénomènes d’insécurité et de violence dans l’espace éducatif.
Ces constats, loin de représenter uniquement des problèmes opérationnels ou administratifs, reflètent une crise profonde de la fonction sociale et symbolique de l’école. Dans cette perspective, l’éducation ne peut être considérée simplement comme un service public à gérer, mais comme un espace de production sociale, de consolidation des identités et de transmission des valeurs collectives, au cœur de la souveraineté nationale.
Le diagnostic détaillé présenté lors de la séance du 25 février 2026 a révélé l’ampleur considérable des défis structurels et organisationnels auxquels le système éducatif tunisien est confronté. Plus de 4 300 établissements scolaires font l’objet de projets de construction, de rénovation et d’aménagement, dont seulement 2 690 ont atteint un état de réalisation complet, tandis que 1 047 autres projets demeurent en cours d’exécution. Ces chiffres ne sont pas de simples indicateurs statistiques, ils traduisent la profondeur des besoins et l’urgence de mettre en place une gouvernance efficace, capable de coordonner l’ensemble des interventions, de rationaliser l’usage des ressources, d’accélérer le rythme de l’exécution et, surtout, de garantir que chaque investissement se traduise par un impact tangible sur le terrain et par l’amélioration réelle des conditions d’enseignement et d’apprentissage.
Dans cette perspective, la vision présidentielle considère chaque établissement scolaire non seulement comme une infrastructure physique, mais comme un espace symbolique et social où se construisent les identités citoyennes, se légitiment les institutions et se produisent les expériences formatrices des jeunes générations. La vétusté des bâtiments, le manque d’équipements pédagogiques modernes, les déficits de personnel qualifié ou encore les conditions inadéquates de transport scolaire ne constituent donc pas de simples obstacles logistiques ou administratifs, ils représentent des freins structurels à la création d’un environnement éducatif viable, sécurisé et équitable. En d’autres termes, la défaillance de ces composantes matérielles et humaines n’affecte pas uniquement l’efficacité technique de l’enseignement, mais compromet profondément la capacité de l’école à remplir sa fonction sociale, politique et symbolique au sein de la nation.
Cette approche critique met en lumière la nécessaire intégration des dimensions physiques, humaines et pédagogiques dans une stratégie cohérente et systémique. L’école, envisagée comme un espace de souveraineté nationale et de production d’ordre social, ne peut être dissociée de la qualité de ses infrastructures, de la compétence et de la motivation de ses personnels, ainsi que de l’adéquation des ressources pédagogiques et logistiques. Le retard dans la réalisation des projets, la dispersion des interventions et l’absence d’une coordination optimale ne sont donc pas des problèmes isolés, ils traduisent une fragmentation structurelle qui affaiblit la capacité du système éducatif à générer des effets durables sur le développement social et culturel.
Dans cette logique, la vision présidentielle souligne que l’investissement dans l’école ne se limite pas à la mise à niveau matérielle, mais qu’il constitue un investissement stratégique pour la souveraineté et la cohésion nationale. Chaque classe rénovée, chaque espace pédagogique équipé, chaque salle de sport ou aire d’activités culturelles aménagée, devient un vecteur d’émancipation, de socialisation positive et de légitimation des institutions publiques. Ainsi, la transformation du système éducatif ne peut être envisagée sans une articulation étroite entre infrastructure, ressources humaines et qualité de l’enseignement, afin de produire un environnement globalement favorable à l’apprentissage et à la construction citoyenne.
De manière critique, cette lecture met également en évidence que les réponses ponctuelles ou fragmentaires aux problèmes matériels et humains ne suffisent pas.
Une approche systémique et sociologique
Une véritable réforme, guidée par une vision stratégique et une gouvernance intelligente, doit viser à corriger les inégalités structurelles, à prévenir la dégradation future des infrastructures et à garantir la disponibilité continue des ressources pédagogiques et humaines. Ce n’est que dans ce cadre holistique que l’école peut remplir sa fonction fondamentale : produire des citoyens autonomes, critiques et engagés, capables de soutenir et de renforcer la souveraineté et le développement de la Tunisie.
Priorité à la rapidité d’exécution et à l’innovation nationale
Le Président Kaïs Saïed a constamment souligné que la réforme du système éducatif constitue une urgence nationale qui ne saurait être retardée par les lenteurs administratives ou les inerties bureaucratiques. Il s’agit d’un changement stratégique et structurel, nécessitant une exécution rapide et efficace, capable de conjuguer innovation, créativité locale et mobilisation des talents exclusivement dédiés au service de la Tunisie. La vision présidentielle repose sur une approche profondément réfléchie, qui articule à la fois la compréhension des besoins immédiats et la projection des exigences futures, dans une perspective où l’éducation devient un moteur de transformation sociale et culturelle. Cette orientation stratégique affirme que l’école doit être envisagée non seulement comme un espace d’instruction mais aussi comme un lieu de production de la citoyenneté, de l’identité nationale et de l’esprit critique, capable de former des individus autonomes et responsables, conscients de leur rôle dans le développement du pays et dans la préservation de sa souveraineté.
La mise en œuvre de cette vision exige de repenser globalement les infrastructures scolaires, en intervenant de manière urgente pour sécuriser les bâtiments, réhabiliter les espaces pédagogiques et créer des environnements propices aux activités culturelles et sportives. Elle impose également une attention particulière aux ressources humaines, en comblant les déficits de personnel et en régularisant les situations administratives et financières des enseignants et des cadres techniques, afin de garantir leur pleine implication et leur motivation dans la mission éducative. Dans le même temps, elle requiert des réformes pédagogiques profondes, centrées sur l’adaptation des programmes aux besoins des élèves, sur la qualité de l’enseignement et sur le développement de méthodes participatives et inclusives, permettant à chaque enfant de réaliser son potentiel. La vision présidentielle met également l’accent sur la sécurité et l’équité, en assurant un accès effectif à l’éducation pour tous les élèves, en renforçant la surveillance et la protection des espaces scolaires et en combattant toute forme de violence ou de déviance qui pourrait compromettre le processus éducatif. Enfin, cette orientation stratégique repose sur une gouvernance transparente et responsable, où les ressources publiques sont utilisées de manière optimale, générant des effets tangibles et durables, tout en éliminant les inefficiences structurelles et les obstacles bureaucratiques qui freinent la modernisation du système éducatif.
Dans sa globalité, la vision du Président Kaïs Saïed pour l’éducation en Tunisie représente un projet ambitieux, exigeant et réaliste, fondé sur la mobilisation de l’intelligence nationale et sur la conviction que la transformation du secteur éducatif est une condition incontournable pour le progrès social, le développement économique et le renforcement de la souveraineté nationale. Elle implique que tous les acteurs du système, de l’administration aux enseignants, des élèves aux familles, soient pleinement engagés et responsabilisés, afin que la Tunisie puisse bénéficier d’un système éducatif performant, équitable et capable de produire des générations compétentes, créatives et loyales à leur pays, prêtes à relever les défis du présent et de l’avenir.
L’école tunisienne : pilier de souveraineté et espace de citoyenneté
Dans la vision du Président Kaïs Saïed, l’éducation ne se limite pas à un simple mécanisme de transmission des savoirs ou à une fonction administrative. Elle constitue le socle de la souveraineté nationale et un espace structurant de la citoyenneté. L’école est envisagée comme un lieu fondamental où se construisent l’identité collective, la cohésion sociale et le sens de l’appartenance à la nation. Le droit à l’éducation, tout comme celui à l’eau ou à l’air, est un droit fondamental, inaliénable et universel. Mais cette approche dépasse la simple dimension normative : elle inscrit l’école dans un rôle stratégique central pour produire des individus capables de penser de manière critique, de développer leur créativité et d’agir concrètement pour le progrès de la société tunisienne.
L’école, selon cette perspective, est également un espace de protection et de socialisation positive pour la jeunesse. Les établissements scolaires doivent garantir sécurité, qualité de l’enseignement et égalité des chances, permettant à chaque élève, indépendamment de son origine géographique ou sociale, de bénéficier d’un environnement propice à son développement intégral. L’apprentissage n’est pas seulement un transfert de connaissances techniques, il s’inscrit dans la formation de valeurs civiques, la consolidation du sens critique et la promotion d’une identité nationale forte. Chaque élève doit être préparé à devenir un citoyen autonome, capable de participer activement à la vie sociale et au développement du pays.
Une réforme éducative imminente et stratégique
La session parlementaire du 25 février 2026 a mis en lumière l’importance et l’urgence d’une transformation profonde du système éducatif tunisien, guidée par la vision stratégique présidentielle. Cette réforme dépasse les ajustements ponctuels et les mesures administratives classiques : elle implique un changement structurel complet, alliant modernisation des infrastructures, équipement pédagogique avancé, réorganisation administrative efficace et mobilisation des compétences locales. La vision présidentielle insiste sur l’urgence d’agir avec intelligence, créativité et loyauté nationale pour créer un système éducatif résilient, équitable et performant.
Les réformes pédagogiques prévues visent à moderniser les contenus, les méthodes d’enseignement et les dispositifs d’accompagnement des élèves, en privilégiant des approches inclusives et participatives. La sécurité et l’équité sont au centre de la transformation : l’accès à l’école doit être garanti pour tous, avec un encadrement sécurisé et des dispositifs de protection contre les violences et les comportements déviants. La gouvernance du système éducatif doit être transparente et responsable, assurant que chaque ressource mobilisée contribue effectivement au développement et à la consolidation de l’école tunisienne, tout en éliminant les inefficacités bureaucratiques qui ont freiné le secteur par le passé.
La réforme éducative tunisienne, telle que portée par Kaïs Saïed, annonce une transformation structurelle fondée sur la restauration de la responsabilité et la réaffirmation de la souveraineté nationale. Elle implique nécessairement une révision profonde des responsabilités et une reconfiguration des fonctions de direction, car la crise actuelle procède en grande partie des défaillances d’une gouvernance administrative incapable d’anticipation et d’efficacité. Le moment présent consacre ainsi l’exigence d’un renouvellement des élites gestionnaires, fondé sur la compétence, la loyauté envers l’intérêt national et la capacité à porter une refondation réelle et durable du système éducatif tunisien.
