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Accueil » Souveraineté et sacralité : la Tunisie à la croisée des mémoires
NATION mercredi, 25 mars, 2026,08:309 Mins Read

Souveraineté et sacralité : la Tunisie à la croisée des mémoires

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 Mondher AFI

Le 20 mars 2026, à l’occasion de la célébration conjointe de l’Aïd al-Fitr et du 70ᵉ anniversaire de l’indépendance tunisienne (proclamée le 20 mars 1956), le Président de la République, Kaïs Saïed, s’est adressé au peuple tunisien dans une allocution dont la portée dépasse largement le cadre circonstanciel. Ce discours s’inscrit dans une construction symbolique complexe où s’entrelacent le religieux, le politique et le mémoriel, révélant une tentative de reconfiguration du sens de la souveraineté et de la communauté nationale.

 

Dès l’entame, l’ancrage spirituel est manifeste : la référence au mois de Ramadan, au Coran et à la dimension éthique du jeûne inscrit la parole présidentielle dans une temporalité sacrée. Mais loin d’un simple rituel discursif, cette invocation constitue ce que Mircea Eliade qualifierait de «réactualisation du temps mythique», où le présent se charge d’une profondeur transcendante. Le Ramadan, en tant qu’expérience de discipline, de patience et de solidarité, devient une métaphore opératoire pour penser la régénération du corps social.

La coïncidence entre l’Aïd et l’anniversaire de l’indépendance n’est pas présentée comme fortuite, mais comme une «unité de sens». Cette articulation renvoie à une logique sémiologique où les signes ne sont pas isolés mais produisent un système de significations. Dans cette perspective, Roland Barthes nous rappelle que «le mythe est une parole choisie par l’histoire». En ce sens, le discours présidentiel transforme l’événement calendaire en mythe politique, où la libération nationale devient le prolongement naturel de la purification spirituelle.

Le jeûne, envisagé non seulement comme une pratique rituelle mais comme une discipline éthique, peut être interprété comme une métaphore particulièrement féconde de la souveraineté. En effet, en suspendant volontairement la satisfaction des besoins immédiats, l’individu ne se contente pas d’obéir à une prescription religieuse, il opère un travail de distanciation à l’égard de ses propres déterminismes, qu’ils soient biologiques, psychologiques ou sociaux. Cette capacité à différer, à maîtriser et à orienter ses impulsions constitue une forme de liberté intérieure, fondée sur la lucidité et l’autocontrôle.

Transposée à l’échelle collective, cette logique permet de penser la souveraineté nationale comme un processus d’émancipation vis-à-vis des formes multiples de dépendance. De la même manière que le sujet individuel conquiert son autonomie en se libérant de l’immédiateté de ses désirs, la nation affirme son indépendance en se détachant des contraintes qui limitent sa capacité de décision, qu’elles soient d’ordre économique, politique ou culturel. La souveraineté ne se réduit donc pas à une reconnaissance juridique ou à une affirmation formelle, elle suppose une maîtrise effective des choix stratégiques et des orientations fondamentales.

Dans cette perspective, l’analyse de Frantz Fanon offre un éclairage particulièrement pertinent. Fanon insiste sur le fait que la domination coloniale ne s’exerce pas uniquement par des mécanismes externes de contrainte, mais qu’elle s’intériorise progressivement, affectant les structures mentales, les représentations et les imaginaires des peuples dominés. La véritable aliénation réside alors dans cette intériorisation de la dépendance, qui altère la capacité à se projeter, à créer et à agir de manière autonome.

Dès lors, la souveraineté authentique implique un travail de désaliénation, c’est-à-dire une reconquête de la capacité à produire du sens, à définir ses propres normes et à élaborer des projets collectifs indépendants. Elle suppose une transformation en profondeur des rapports entre le politique, le social et le symbolique. Ce processus ne peut être instantané, il s’inscrit dans une temporalité longue, faite de tensions, de résistances et de recompositions.

Ainsi, l’analogie entre le jeûne et la souveraineté révèle une dimension essentielle souvent négligée : l’indépendance véritable est indissociable d’une éthique de la maîtrise et de la responsabilité. Elle exige non seulement des institutions solides, mais également des sujets capables d’autonomie critique et de discipline collective. En ce sens, la souveraineté apparaît moins comme un état que comme une pratique continue, reposant sur une vigilance permanente face aux formes visibles et invisibles de dépendance. 

La souveraineté comme processus : une relecture dynamique de l’indépendance

Le Président Kaïs Saïed met en avant une thèse fondamentale dont la portée dépasse le cadre conjoncturel : «La préservation de l’indépendance est aussi importante que son acquisition». Une telle affirmation introduit une rupture épistémologique avec une conception événementielle et figée de l’histoire nationale, pour lui substituer une lecture dynamique et processuelle. 

Une articulation symbolique entre le sacré et le politique

L’indépendance cesse d’être appréhendée comme un moment inaugural, clos sur lui-même, pour être pensée comme un processus inachevé, constamment réactualisé par les pratiques sociales, les choix politiques et les configurations géopolitiques. Elle devient, en ce sens, un «devenir», c’est-à-dire une construction historique ouverte, exposée aux tensions internes et aux contraintes externes.

Cette perspective trouve un éclairage particulièrement fécond dans l’œuvre de Paul Ricœur, notamment à travers sa théorie de l’identité narrative. Selon Ricœur, les collectivités humaines ne se définissent pas uniquement par l’accumulation de souvenirs, mais par la manière dont elles les interprètent, les sélectionnent et les articulent dans un récit cohérent. La mémoire n’est pas une donnée brute, elle est médiatisée par des opérations herméneutiques qui lui confèrent sens et orientation. Ainsi, le discours présidentiel ne se limite pas à une commémoration rituelle de l’année 1956, il engage un travail de re-sémantisation de l’indépendance, visant à en actualiser la signification dans le contexte contemporain. Il s’agit moins de célébrer un passé que de produire une intelligibilité du présent à partir de ce passé et, ce faisant, de projeter un horizon d’action pour l’avenir.

Dans ce cadre, la souveraineté est conceptualisée selon une double dimension intrinsèquement articulée. D’une part, une souveraineté externe, qui se manifeste par le refus de toute forme d’ingérence, de dépendance ou de domination dans les relations internationales. D’autre part, une souveraineté interne, fondée sur la centralité de la volonté populaire comme source ultime de la légitimité politique. Cette distinction, loin d’être purement analytique, renvoie à une interdépendance structurelle : la capacité d’un État à affirmer son autonomie sur la scène internationale est conditionnée par la solidité de son assise interne, c’est-à-dire par la cohésion sociale, la confiance institutionnelle et l’effectivité de la participation citoyenne.

La formule selon laquelle «la souveraineté de l’État à l’extérieur demeure tributaire de la souveraineté du peuple à l’intérieur» traduit, à cet égard, une conception organique du pouvoir politique. Elle suppose que l’ordre externe n’est pas indépendant de l’ordre interne, mais qu’il en constitue le prolongement. Cette idée s’inscrit dans le prolongement de la philosophie politique de Jean-Jacques Rousseau, pour qui la souveraineté ne peut résider que dans la volonté générale, entendue comme expression collective de l’intérêt commun. Toutefois, dans le contexte contemporain, cette référence rousseauiste gagne à être enrichie par une lecture sociologique attentive aux médiations institutionnelles, aux rapports de pouvoir et aux dynamiques de légitimation.

En effet, la souveraineté interne ne saurait être réduite à une abstraction normative, elle implique des conditions concrètes de possibilité : une structuration équitable des rapports sociaux, une distribution relativement équilibrée des ressources, ainsi qu’un espace public permettant l’expression et la confrontation des opinions. De ce point de vue, la préservation de l’indépendance apparaît indissociable d’un travail continu de consolidation du lien social et de production de la légitimité. L’indépendance politique, pour être effective, doit être soutenue par une autonomie sociale et symbolique, sans laquelle elle risque de demeurer formelle.

Ainsi reformulée, la thèse présidentielle acquiert une profondeur analytique notable : elle invite à penser l’indépendance non comme un héritage à conserver passivement, mais comme une pratique collective à entretenir activement. Elle engage une responsabilité historique permanente, où chaque génération est appelée à réinterpréter, à défendre et à réinventer les conditions de sa propre souveraineté.

Mémoire et reconfiguration symbolique

Les mutations de la «grammaire commémorative» en Tunisie traduisent une relation organique entre mémoire collective et exercice du pouvoir. À travers les différentes phases historiques, marquées par des inflexions politiques et des recompositions symboliques, les fêtes nationales apparaissent comme de véritables «lieux de mémoire», au sens de Pierre Nora. Elles ne relèvent pas d’une simple ritualité, mais participent activement à la fabrication du récit national, en orientant la perception du passé et en structurant les imaginaires collectifs.

Dans ce cadre, la mise en valeur renouvelée du 20 mars s’inscrit dans une stratégie de réancrage symbolique, visant à restituer à cette date sa densité fondatrice. Cette démarche peut être lue, dans l’approche du Président Kaïs Saïed, comme une tentative de dépasser les usages antérieurs de la mémoire pour en faire un levier de cohésion et de projection. Toutefois, cette entreprise met en évidence une tension persistante entre mémoire institutionnelle et mémoire vécue. L’affaiblissement de l’adhésion populaire à certaines commémorations révèle une crise du sens, où les récits officiels peinent à rencontrer les expériences sociales concrètes. Dès lors, la réactivation des symboles nationaux s’inscrit dans une volonté de recomposer le lien collectif, en rétablissant une continuité intelligible entre passé, présent et avenir.

Éthique et mobilisation collective

L’articulation entre spiritualité et politique constitue un autre registre structurant, où les valeurs de solidarité acquièrent une portée normative. L’expérience du jeûne, au-delà de sa dimension rituelle, est mobilisée comme support d’une éthique de la responsabilité fondée sur la reconnaissance de la vulnérabilité d’autrui. Cette orientation rejoint la pensée d’Emmanuel Levinas, pour qui la relation à autrui fonde toute exigence morale.

Dans cette perspective, la référence à la cause palestinienne ne relève pas uniquement d’une posture politique, mais s’inscrit dans une cohérence éthique plus large, en écho à une conception de la justice qui transcende les frontières. Elle illustre la manière dont une conscience morale peut être investie dans le champ politique, tout en posant la question de sa traduction effective dans l’espace public, problématique analysée par Hannah Arendt.

Par ailleurs, le registre discursif mobilisé par le Président Kaïs Saïed s’inscrit dans une logique de continuité historique et de mobilisation collective. Portée par cet élan, cette approche réactive des symboles puissants, sacrifice, volonté populaire, souveraineté, afin de façonner une conscience nationale partagée, à l’image de la «communauté imaginée» conceptualisée par Benedict Anderson. La mémoire n’y est plus figée dans la nostalgie, elle devient une énergie vive, une force en mouvement qui irrigue le présent. Elle éclaire l’action, oriente les choix collectifs et ouvre des perspectives d’avenir, transformant l’héritage en responsabilité historique et le souvenir en engagement actif au service d’une souveraineté sans cesse reconquise et réaffirmée.



Fête de l'Indépendance Kais Saied

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