Les vacances scolaires ont deux dimensions principales aux yeux des Tunisiens : le repos et la découverte. Elles représentent en premier lieu une période de récupération après un trimestre chargé en travail. Pourtant, si les vacances constituent bien un élément essentiel de la vie de tout un chacun, les Tunisiens sont loin d’être égaux devant ce sujet.
Pour certains, le temps libre n’existe pas, c’est du temps mort, vide, de la morosité, de l’ennui, de l’oisiveté. Les inégalités devant l’accès aux vacances se reflètent-elles aussi dans des différences de durée, de destination, de mode d’hébergement et de transport ?
Ridha Zahrouni, président de l’Association tunisienne des parents et des élèves estime que «les vacances scolaires devraient être des périodes attendues avec impatience par les élèves pour rompre avec les longues heures d’école, les examens difficiles et stressants, les déplacements et les aléas de la route, les discussions violentes et les disputes entre camarades qui se vivent au quotidien à l’intérieur et en dehors des enceintes de nos écoles, et avec la pression soutenue des parents. Des périodes au cours desquelles nos enfants auraient dû se détendre pour exercer une multitude d’activités de détente et de loisir pour leur permettre de se découvrir de nouveaux talents, se faire de nouveaux amis, apprendre de nouvelles choses, etc. Des occupations nécessaires pour s’aérer la tête quand la rupture se fait réellement avec le quotidien. Ce qui est nécessaire pour leur permettre de grandir dans les meilleures conditions et pour renforcer leur confiance en soi et développer leurs aptitudes et compétences humaines, culturelles et sociales. Une alternative qui n’est aujourd’hui permise que pour les familles très aisées. Il nous faut reconnaître que pour les enfants de familles à très petit budget et à moyens limités, la majorité écrasante de nos familles, de vraies vacances ne figurent même pas parmi leurs rêves et c’est dans ce cadre que le ministère de l’Éducation a annoncé l’organisation de 276 voyages scolaires pour les élèves du primaire à travers le pays pendant les vacances de printemps, du 23 au 29 mars 2026».
Ces voyages s’inscrivent dans le cadre du Programme national de voyages scolaires, qui vise à promouvoir l’égalité des chances et les échanges culturels. Ils ciblent en priorité les élèves issus des zones rurales, des quartiers défavorisés et des établissements scolaires nécessitant un soutien supplémentaire. L’objectif est d’améliorer les résultats scolaires et de favoriser le développement intellectuel et culturel des jeunes. Le ministère de l’Éducation fournira les bus scolaires pour 172 voyages, tandis que le ministère des Transports assurera 104 voyages supplémentaires (soit en moyenne quatre voyages par délégation régionale), garantissant ainsi une couverture complète de tous les gouvernorats.
Environ 1.000 élèves devraient bénéficier de cette initiative, accompagnés d’environ 760 membres du personnel éducatif et de l’encadrement afin d’assurer leur sécurité et de leur apporter l’encadrement pédagogique nécessaire tout au long des différents itinéraires prévus. Dans le cadre d’une collaboration entre institutions publiques, le ministère de la Culture garantit l’entrée gratuite aux musées et sites archéologiques pour les élèves participants, leur permettant ainsi de découvrir directement le patrimoine culturel et national. Cette initiative s’inscrit dans une approche pédagogique moderne qui considère les sorties scolaires comme un environnement d’apprentissage dynamique. Ce cadre favorise la consolidation des connaissances par l’observation et la découverte, et encourage le sens civique et l’appartenance chez les élèves, en dehors du cadre scolaire traditionnel.
Kamel BOUAOUINA
