Le temps ne doit pas être celui des regrets ni celui des accusations contre le corps arbitral après un potentiel penalty oublié. Si le FC Barcelone veut rejoindre les demi-finales de la Ligue des champions, il devra passer au-dessus de cela. Après une défaite deux buts à zéro à domicile contre l’Atlético Madrid en quarts de finale aller, les Catalans ont encore les moyens de renverser la vapeur, notamment grâce à un collectif bien huilé. Si on ne regarde que le score du match, on pourrait se dire que les hommes d’Hansi Flick ont été dominés par ceux de Diego Simeone mais c’est tout l’inverse. Le Barça a maîtrisé la rencontre, enchaînant les actions dangereuses, sans parvenir à concrétiser. Le tournant du match a été le carton rouge de Pau Cubarsí juste avant la pause. Julian Alvarez s’est chargé de placer les Colchoneros devant au score après avoir inscrit un superbe coup franc dans la foulée. La double peine pour les Barcelonais, qu’on aurait pu penser résignés au retour des vestiaires, que nenni. Ils ont continué à pousser face à un Atlético qui se contentait de cette victoire provisoire. Lamine Yamal a une fois de plus été époustouflant et en a fait voir de toutes les couleurs à ses adversaires… sans jamais réussir le geste final. Les Catalans se sont déjà retrouvés dans une situation similaire au mois de mars et avaient bien failli réussir leur coup. Après avoir perdu quatre buts à zéro sur la pelouse de l’Atlético le 12 février lors du match aller de la demi-finale de la Coupe du Roi, le Barça s’était imposé 3-0 au retour, début mars, au Camp Nou, en ayant frôlé la «remontada» à plusieurs reprises. Preuve des faiblesses des Colchoneros, qui réalisent une saison plus que moyenne en Liga, quatrièmes à 19 points du leader catalan après 30 journées. Cette fois, le contexte n’est pas le même. Les hommes de Diego Simeone arrivent avec deux buts d’avance «seulement» mais le match retour aura lieu dans leur antre du Wanda Metropolitano. L’enjeu est bien plus grand, c’est une rencontre de Ligue des champions, pas de Coupe du Roi. Plus que la motivation madrilène, les inquiétudes du FC Barcelone devraient plutôt se concentrer sur son arrière-garde, très friable, et qui pourrait coûter la qualification (si ce n’est pas déjà le cas). Pau Cubarsí est très prometteur et représente l’avenir du club (19 ans) mais il a commis l’irréparable mercredi soir en accrochant Giuliano Simeone, qui filait au but. Une faute, sans doute non intentionnelle, mais qui aurait pu être évitée. Il vaut mieux ne pas intervenir et laisser l’adversaire ouvrir le score mais rester à 11 contre 11, plutôt que de se retrouver en infériorité numérique avant même la mi-temps, d’autant plus que les Catalans dominaient. Le reste de la défense barcelonaise n’est pas beaucoup plus rassurant, notamment à cause de la tactique très agressive d’Hansi Flick, qui expose son équipe à des contre-attaques très dangereuses dès que la ligne du hors-jeu n’est pas correctement maîtrisée. Mais les champions d’Espagne pensent pouvoir inverser la vapeur, à l’image du défenseur central Ronald Araujo : «Nous allons aller les trouver, même si c’est dans leur propre camp. Cette équipe a les capacités de renverser la situation, j’en suis convaincu», a déclaré l’Uruguayen, galvanisé après le match.
Mohamed Salah sur le banc pour la première fois en Ligue des champions
Le Paris Saint-Germain s’est imposé face à Liverpool (2-0) et a fait un grand pas vers le dernier carré de la compétition grâce à une prestation pleine de maîtrise. Désiré Doué a ouvert le score d’un magnifique but dès la 11 e minute de jeu, bien qu’avec un peu de réussite, sur la première occasion de son équipe. Khvicha Kvaratskhelia a ensuite creusé l’écart après l’heure de jeu pour concrétiser la domination parisienne et offrir une avance plus confortable aux champions d’Europe en titre. Face à un adversaire en mal de confiance, quatre jours après s’être vu infliger une claque par Manchester City en FA Cup (4-0), le PSG a abordé cette rencontre avec les ingrédients des soirées européennes qui l’ont mené à son premier titre l’an passé. Largement dominateur, en totale maîtrise de la possession dès le coup d’envoi (70% du temps au final), Paris a ouvert le score dès sa première opportunité grâce à Désiré Doué. Auteur d’un doublé face à la Colombie (3-1) lors de la trêve internationale, le jeune international français de 20 ans a inscrit son cinquième but de la saison en Ligue des champions en décochant une frappe soudaine à l’angle de la surface. Déviée par Ryan Gravenberch, sa tentative a lobé Giorgi Mamardashvili avec un peu de réussite (11 e ). Le gardien liverpuldien, remplaçant d’Alisson Becker, blessé, a toutefois sauvé la mise de son équipe à plusieurs reprises devant les nombreuses occasions parisiennes. Il a repoussé une volée de Khvicha Kvaratskhelia d’une main ferme (32 e ) puis le ballon du doublé de Désiré Doué (37 e ) avant de capter une frappe trop écrasée d’Ousmane Dembélé (42 e ). Ce dernier, en manquant une occasion en or, seul au point de penalty sur une passe en retrait de Nuno Mendes (53 e ), a fait craindre au PSG que son manque d’efficacité pourrait lui être préjudiciable dans six jours à Anfield. Douze minutes plus tard, Khvicha Kvaratskhelia a toutefois permis au club de la capitale de prendre un peu d’air, confirmant ainsi qu’il était l’homme des grands soirs. Le meilleur buteur parisien de cette campagne de C1 a inscrit son huitième but en éliminant son compatriote géorgien Giorgi Mamardashvili à la suite d’un service précis de Joao Neves. L’addition aurait pu être encore plus salée sans la décision de l’arbitre d’annuler, après le recours à l’assistance vidéo, le penalty qu’il avait initialement sifflé pour une faute d’Ibrahima Konaté sur Warren Zaïre-Emery. Ousmane Dembélé, en touchant le poteau en angle fermé (87 e ) et Nuno Mendes (89 e ), en s’emmêlant les pinceaux seul face au but adverse, ont aussi eu les occasions d’enfoncer le clou. De son côté, Liverpool devra montrer davantage dans son antre pour espérer renverser le tenant du titre. Mercredi, sans Mohamed Salah, sur le banc au coup d’envoi pour la première fois en Ligue des champions depuis octobre et pas entré en jeu, les Reds n’ont frappé que trois fois (aucun tir cadré). Il a fallu attendre 48 minutes pour que l’international français Hugo Ekitiké décoche le premier tir des Anglais, sans danger.
